La raison et la vertu

Pourquoi ne pouvons-nous pas pleinement développer notre raison sans notre vertu ?

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La raison et la vertu

Publié le 28 juin 2012
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Dans le présent article, je vais m’appliquer à démontrer pourquoi nous ne pouvons pleinement développer notre raison sans notre vertu. Ce faisant, je montrerai également qu’il est une autre voie pour arriver à la raison que la religion et je nommerai cet autre moyen d’y accéder la voie laïque.

Par Fabrice Descamps.

Élisabeth Vigée-Lebrun (1755-1842). La Vertu irrésolue.

En préambule, rappelons que j’entends par vertu la même chose que le dictionnaire, à savoir : « Force morale avec laquelle l’être humain tend au bien, s’applique à suivre la règle, la loi morale. […] Disposition à accomplir des actes moraux par un effort de volonté » (Le Robert). Pour ma part, je la définirai comme suit : elle est le désir ardent d’accomplir le bien.

Notons aussi qu’il y a au moins trois sortes de rationalité qui couvrent tout le spectre de nos acceptions du mot de raison : la rationalité pratique, qui nous permet d’assouvir nos désirs, la rationalité scientifique, qui nous permet d’expliquer le monde, et la rationalité morale, qui nous permet de critiquer nos propres désirs pour leur substituer des buts moraux. On voit ainsi que, si la rationalité pratique est, pour parodier Hume, « la servante des passions », la rationalité morale, au contraire, est leur maîtresse en les soumettant à ses commandements. Mais l’on va comprendre ici que la rationalité morale a aussi besoin de nos passions, et plus particulièrement de la vertu, pour pouvoir se déployer. Car la vertu est bel et bien une passion en tant que « désir ardent de faire le bien ».

Admettons que nous ne soyons pas du tout rationnels. Comment alors devenir moraux ? Il y faut la vertu et nous allons voir comment elle naît.

Les Grecs disaient que l’être humain idéal possédait au plus haut point la kalokagathía. Le mot est composé des adjectifs kalós kaì agathós qui signifient littéralement « bel et bon ». Pour les Grecs, la bonté était inséparable de la beauté. La bonté morale était aussi une beauté morale. Nous retrouvons en français cette intuition quand nous disons de quelqu’un de bien qu’il est une « belle personne », qu’il a une « belle personnalité ».

Il est donc inutile d’être rationnel pour aimer la bonté morale ; il suffit de l’admirer en y décelant la kalokagathía des Grecs. Et la vertu consiste précisément en ce désir ardent, né de l’admiration de la bonté morale, de l’imiter et de devenir bon soi-même.

La vertu est même, en dehors de la religion, le seul autre moyen de se « convertir » à la rationalité morale. C’est pourquoi je l’ai nommée voie laïque.

Nous pouvons en effet nous convertir à la bonté morale pour obéir à l’ordre que nous donne une divinité d’agir ainsi. C’est la voie religieuse. Cette dernière comporte cependant une contradiction ou, du moins, une tension internes. Comment en effet se convertir à la rationalité morale au nom de religions dont les dogmes, par ailleurs, sont une insulte à l’intelligence et à la raison ? Comment être raisonnablement bons en effet au nom d’une religion qui, par exemple, nous demande de déraisonnablement croire que son prophète est le fils de la divinité, qu’il est revenu à la vie trois jours après son exécution et qu’il est ensuite « monté au ciel », si tant est que cela veuille dire quelque chose, etc. ?

Inversement la raison toute seule et par elle-même ne peut nous amener à être rationnellement bons car elle se heurte rapidement aux limites que lui impose la faiblesse de la volonté. Par exemple, je peux être rationnel et savoir que la cigarette est mauvaise pour la santé, mais cette connaissance seule ne suffira pas à me faire arrêter de fumer, tous les fumeurs invétérés le savent bien.

La vertu est donc une passion irrationnelle, un amour irraisonné de la raison, qui nous poussera à écouter notre rationalité et à arrêter de fumer. De la même façon, je peux très bien savoir qu’il est mal, moralement inacceptable de faire ceci ou cela et, pourtant, ne pas pouvoir m’empêcher de le faire. Pour m’en empêcher, c’est-à-dire pour obéir aux recommandations de ma raison qui voudrait que je fisse le bien, il me faudra l’assistance d’une autre passion, plus puissante que celle qui me pousse à faire le mal tout en sachant que c’est mal, et cette autre puissante passion est la vertu.

Bien sûr, la vertu en elle-même est dangereuse si elle n’est pas tempérée par la raison. On l’a bien vu sous la Terreur où la vertu était constamment invoquée par Robespierre et Saint-Just pour justifier les actes les plus irrationnels.

Mais, inversement, la raison sans la vertu sera impuissante. Il se pourrait par exemple que j’adhérasse à la rationalité pratique mais que je ne voulusse pas passer ensuite au stade supérieur d’accomplissement de la raison, la rationalité morale. C’est par exemple le cas de ceux qui, à l’instar de la philosophe américaine Ayn Rand, affirment la pertinence de l’égoïsme rationnel. Or il n’est pas rationnel d’être égoïste, en quoi l’égoïsme rationnel est une contradiction dans les termes, puisqu’il n’est pas moralement rationnel de sacrifier les intérêts des autres, si besoin est, à ses propres intérêts, ce que l’égoïsme soi-disant rationnel de Rand nous recommande pourtant de faire.

Cependant, admettons que je vous démontre ainsi l’inanité de cet égoïsme pseudo-rationnel et que vous me répondiez « Oui, et alors ? ». Vous pourrez très bien continuer à vous servir de votre rationalité pratique sans vous astreindre à la rationalité morale car, après tout, rien ne vous y oblige.

Je pense d’ailleurs que ce dernier cas est de même farine que celui de la faiblesse de volonté : dans les deux exemples, vous avez beau savoir que ce que vous faites est mal, rien n’y fait.

Pour vous convertir à la rationalité morale, il faut donc que vous succombiez à une passion plus forte que votre envie de fumer ou votre égoïsme et cette passion est la vertu.

Cela explique pourquoi des gens très intelligents peuvent être de parfaites crapules morales et, réciproquement, des gens peu instruits de vrais héros : les premiers sont dépourvus de ce que les seconds ont en abondance, la vertu.

On voit donc par là qu’il ne saurait y avoir d’accomplissement de la raison sans les passions : la raison est vaine sans la vertu. Mais, tout à l’inverse, la vertu est dangereuse sans la raison. Les passions ont tout autant besoin de la raison.

Si nous ne sommes pas encore rationnels, alors la vertu, avec la religion, est le moyen premier d’accéder à cette rationalité morale qui, en retour, guidera notre vertu. Or on peut être vertueux sans être religieux, sans croire le moins du monde en une divinité ; donc la vertu trace effectivement devant elle une voie laïque vers le bien.

Comment cultive-t-on la vertu ? Par l’exemple de sa propre conduite et par l’éducation que l’on donne à ses enfants.

Si je ne suis pas encore rationnel, notamment dans l’enfance, la vertu est en effet le seul moyen de justifier à mes yeux mon effort pour être moral. Car la vertu me représente le bien comme beauté morale, beauté que je perçois dans l’être moral et que je veux imiter par admiration pour lui.

Si je ne suis pas encore rationnel, je n’ai pas forcément raison d’être vertueux car quelque Ayn Rand particulièrement retorse pourrait me démontrer que le fait que nous trouvions tous unanimement belle la bonté morale ne prouve en rien que nous ayons raison de vouloir l’imiter. Il se pourrait en effet que nous eussions tous très mauvais goût de la trouver belle. Oui, mais comme je ne suis pas encore rationnel, nul argument rationnel ne pourra me convaincre ni d’être bon ni d’être plutôt égoïste. Seule la vertu le pourra et nous devrons nous en contenter.

Ce n’est que postérieurement et non antérieurement à notre conversion à la rationalité morale par le truchement de la vertu que nous comprendrons la justification rationnelle de la vertu.

Car même si la vertu n’est pas rationnelle, il est en effet nécessaire de recourir à cette déraison pour passer de la raison en puissance à la raison en acte. La vertu est l’amour passionnel et déraisonnable de la raison. Elle peut être vertu religieuse ou vertu laïque.

—-
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  • Fabrice, mes félicitations.

    Toutefois, ne peut-on pas dire que la religion, toute irationnelle qu’elle puisse paraître, ne donne pas un but à la vertu ?

    Parce qu’on est en droit de se demander si l’absence d’un cadre à la vertu ne la ferait pas péricliter. Pourquoi faire le bien si ce n’est que par ce qu’on est sûr que c’est un bien raisonnable.

    Et je vois déjà des malicieux arguer sur la relativité du concept de vertu.

    Je demeure tout de même extrêmement enthousiaste quant à votre paradigme selon lequel la raison et la vertu n’ont de sens que si elles sont unies.

    Encore une fois, je vous remercie Monsieur.

  • Pour résumer, la vertu est pour vous le hobbie de faire le bien, quelque chose qui vous tombe sur la tête comme la numismatie ou la passion pour les modèles réduits.

    Vous présupposez ensuite que ce hobbie est intrinsèquement supérieurs aux autres, et que ceci est justifiable a posteriori par la raison, sans en faire la démonstration.

    Une fois le cheminement intellectuel effectué a posteriori pour justifier la continuation de cette pratique, on devient un noble pratiquant de la rationalité morale.

    Or, de fait, vous supposez que la vertu puisse se développer chez un individu en dehors de toute rationalité. Donc, vous supposez qu’il puisse y trouver une source de plaisir suffisante pour l’amener à développer ce germe au niveau critique de la rationalisation. Vous supposez donc l’existence d’une forme d’égoïsme amenant à la vertu. Cette forme d’égoïsme étant un pas vers ce que vous appelez la rationalité morale, votre critique de l’égoïsme rationnel d’Ayn Randt tombe à l’eau.

    N.B : Je n’ai aucune affinité avec les thèses d’Ayn Randt à la base. Je me place seulement d’un point de vue strictement logique.

    • Bonjour,

      Bien sûr que la vertu est un « hobby » supérieur aux autres; or nous n’aurons pas besoin de 400 pages pour démontrer que l’altruisme est moralement supérieur à l’égoïsme. En doutez-vous? Pourtant l’Eglise catholique béatifie les saints et pas les numismates.
      La suite de votre raisonnement est fausse. Car vous y confondez motivations et raisons. Bien sûr que Rand et moi faisons de la philosophie parce que cela nous fait plaisir, c’est notre motivation et elle est bien entendu égoïste. Mais les raisons que cite Rand en défense de son égoïsme rationnel sont contradictoires. Un égoïste qui fait du bien aux autres vaut mieux qu’un égoïste qui s’en fout.
      Bien à vous,
      FD

      • « Mais les raisons que cite Rand en défense de son égoïsme rationnel sont contradictoires. » Assertion péremptoire.

        « Un égoïste qui fait du bien aux autres vaut mieux qu’un égoïste qui s’en fout. » Un égoïste fait nécessairement du bien aux autres, et par définition, il ne peut se foutre des autres. Un égoïste n’est pas un sadique ni un masochiste! C’est cette distinction qui vous échappe!

        Un égoïste vit pour atteindre ses fins propres, sans être asservi aux fins d’autrui et sans asservir les fins d’autrui: ce qui signifie positivement 1. qu’il se montrera reconnaissant envers autrui dans le cadre d’un échange où ses fins seront satisfaites grâce à autrui ou 2. servira les fins d’autrui si autrui se montre reconnaissant dans le cadre d’un échange.

      • @Auteur

        Vous prétendez que l’égoïsme est irrationnel, donc que l’égoïsme est nuisible à celui qui le « pratique ». Pourtant, si la rationalité supérieure des actes moraux était si évidente, vous n’auriez jamais eu besoin d’écrire cet article, et il n’y aurait même jamais eu de guerre ou de conflit.
        Vous vous défaussez de la démonstration d’une de vos affirmations clé en prétendant que c’est une évidence. Je persiste à vous dire que ça n’en est pas une. Après … cette lacune ne m’empêchera pas de dormir, vous êtes libre de faire de la philosophie à trous si ça vous chante.

  • Science et Religion, savoir et aimer, connaître et choisir, Rationalité et Foi, raison et vertu… les deux sont complémentaires. L’un sans l’autre donne du fanatisme, l’autre sans l’un du matérialisme effréné.

    Cependant, je trouve que le raccourci sur la « religion » est un peu facile. La doctrine catholique ne résume pas celle du christianisme, et la doctrine du christianisme ne résume pas le fait religieux, loin de là. A titre strictement personnel, ce qu’on appelle « vertu » ne peut se détacher de la notion d »humilité ». Et cette valeur d’humilité ne peut s’entretenir que face à une divinité créatrice (ou une force qui nous dépasse, peu importe). C’est pour cela que je trouve que la voie laïque de la vertu est possible, mais incomplète. Car développer son humilité face à autre chose qu’une puissance qui nous dépasse ne fera que développer l’orgueil (ou l’ego) d’autrui.

    En outre, je trouve que définir la vertu par ce qui nous semble bon, beau ou juste (comme le Socrate nous le dit si bien) est un peu bancal (cela n’engage que moi). La philosophie nietzschéenne nous dit que l’homme peut choisir quel est son « bien », et déterminer son action comme morale. Donc, selon Nietzsche, un fumeur peut décréter que fumer, c’est bien, et ainsi affirmer que son action est morale. Bon, je ne partage pas cet avis, mais je trouve que vous nous parlez de la vertu sans nous dire réellement ce que c’est, comme si c’était une évidence pour tous.

    Même si vous nous dites que la vertu est la volonté de faire le bien, d’être moral, on ne sait pas non plus ce que « bien » ou « moral » veut dire pour vous. Votre conception de la morale est-elle si différente de la conception chrétienne au final ?

    • Il est évident qu’il y a encore un flou sur la définition de vertu. Qu’est-ce qui est bien ? mal ? pour qui ? pour quoi ?

      Comment parvenir rationnellement à la découverte de ces nuances ?

  • « la vertu en elle-même est dangereuse si elle n’est pas tempérée par la raison. On l’a bien vu sous la Terreur où la vertu était constamment invoquée par Robespierre et Saint-Just pour justifier les actes les plus irrationnels. » Ce dont vous parlez là, c’est la vertu de l’autosacrifice, la vertu de la négation de soi au profit du bien commun : la vertu rousseauiste; et il me semble que vous la défendez puisque c’est son excès et non cette vertu prise pour elle-même que vous condamnez.

    « ceux qui, à l’instar de la philosophe américaine Ayn Rand, affirment la pertinence de l’égoïsme rationnel. Or il n’est pas rationnel d’être égoïste, en quoi l’égoïsme rationnel est une contradiction dans les termes, puisqu’il n’est pas moralement rationnel de sacrifier les intérêts des autres, si besoin est, à ses propres intérêts, ce que l’égoïsme soi-disant rationnel de Rand nous recommande pourtant de faire. »

    Ok, vous ne pigez pas Rand: l’égoïsme rationnel consiste

    1/ à servir son intérêt personnel sans instrumentaliser autrui (recourir à la violence auprès d’autrui, en sa personne ou en ses biens) et sans être instrumentalisé par autrui;

    2/ à réaliser son potentiel productif et à vivre par et pour la réalisation de son potentiel; c’est-à-dire à faire bénéficier autrui de ce qu’on a produit mais en échange d’un revenu qui nous permettra de continuer à produire et de vivre de notre production. Par exemple, un médecin authentique aimera son métier, aimera produire de la santé; et donc, exigera de pouvoir vivre par et pour son métier, exigera de gagner sa vie à partir de sa passion.

    3/ à servir l’intérêt d’autrui même à l’encontre de son intérêt à soi, dans des situations exceptionnelles. Un médecin authentique pourra dispenser des soins gratuits, quand vraiment, ces soins sont urgents/indispensables, et que le client ne peut payer. Du point de vue de l’égoïsme rationnel, il faut seulement que ce soit là l’exception à la règle et non point la norme.

    Grave contresens, que vous faîtes, donc. Révélateur d’une morale sacrificielle?

    • Votre complément sur la théorie de Rand m’interpelle.

      Je saisis plus comme une utopie, teintée de complaisance, la croyance en un égoïsme rationnel. Vous le décrivez finalement comme un égoïsme qui serait altruiste, ce qui est donc à la fois irationnel et antinomique.

      La théorie de Rand revient finalement à celle de Smith, selon laquelle la somme des intérêts individuels amène à un intérêt commun. Ce qui est faux, peu importe le type de régime en place, totallitaire ou démocratique.

      Il suffit d’être dans un bouchon sur une autoroute pour s’en rendre compte. Quand une voie est fermée, que c’est signalé des centaines de mètres avant l’évènement, on constate qu’un nombre important de conducteurs décident de rester sur cette même voie même s’ils ont la place de s’insérer sur l’autre, tout simplement pour gagner quelques secondes, au mieux minutes, et ce détriment des autres chauffeurs. Le phénomène rare est qu’un conducteur profite de la palce que vous lui laissez pous s’intercaler en gênant le moins possible la circulation, déjà ralentie.

      Ce n’est qu’un tout petit et médiocre exemple, qui me fait rager régulièrement, car contraire à l’esprit altruiste que je m’efforce d’avoir (tant bien que mal). Il est néanmoins totalement illustratif de l’incompatibilité de l’égoïsme rationnel de Rand avec le mode de fonctionnement de la société actuelle.

      En ce qui concerne la morale sacrificielle, elle est rousseausite, mais elle est avant tout bouddhiste et chrétienne. Dans ces deux religions, l’accomplissement finale consiste en l’oubli de sa personne au profit du prochain. La Terreur, c’était le sacrifice de l’autre au profit d’intérêts personnels, qui étaient alors donnés au régime en place, pour des raisons de commodité.

      D’ailleurs, j’en viens même à penser que cette morale et l’égoïsme rationnel peuvent s’exprimer de la même façon. Reprenons l’exemple banal du bouchon : je me sacrifie en laissant passer d’autres conducteurs devant moi, mais je le fais pour atténuer l’embouteillage et donc arriver plus vite, moi, à bon port. En revanche, je ne me mets pas sur la file qui avance plus mais fermera quelques mètres plus loin.

      Conclusion : je me sers de ma raison pour servir au mieux à la fois le bien commun et mes intérêts personnels. Je mêle donc autosacrifice et égöïsme rationnel, selon votre définition.

      Toutefois, je suis bien une des rares personnes à faire cet effort …

      Mais peut-être me trompé-je …

      Bon, la prochaine, promis, je tâcherai de caser un renard ou une cigogne métaphoriques dans mon exemple, pour ajouter un zeste de poésie 🙂

      • « Un égoïsme qui serait altruiste ».
        Non! L’altruisme consisterait à produire gratuitement pour l’autre: l’égoïsme consiste à produire pour l’autre pour autant qu’autrui le mérite! Ce n’est pas une production en réponse à un besoin, c’est une production en réponse à un besoin qui mérite d’être satisfait, dans la mesure où le bénéficiaire se montrera reconnaissant.

        Mais attention, cela n’exclut pas de porter secours gratuitement à autrui dans des cas d’urgence: mais un pacte tacite sous-tend cette « éthique des urgences », celui qu’autrui doit en faire de même à mon égard quand une situation d’urgence l’exige.

        Quand à l’harmonie des intérêts que vous prenez pour une leurre, elle s’effectue à une échelle plus générale; bien-sûr qu’il y aura toujours des conflits d’intérêt, mais au final, ils pèsent peu face à l’harmonie générale qui en constitue la toile de fond.

        Un petit article pour y voir plus clair: http://www.atlassociety.org/harmony-of-interests-conflict-objectivism-objectivist-ayn-rand

    • Bonjour,

      Certes, mais pour Rand le sacrifice de soi aux autres serait irrationnel. Pas pour moi, ni pour tous ceux qui defilent devant les monuments aux morts les 11 novembre ou 8 mai. Or un soldat qui se sacrifie pour sauver son pays est-il irrationnel? Pas pour moi, mais pour Rand si.
      Bien à vous,
      FD

      • Que vous êtes naïf de croire qu’un soldat se sacrifie pour le bien de ses concitoyens! Il se sacrifie pour les intérêts de son Etat, certainement pas de son peuple. Vous êtes affligeant de naïveté et de morale sacrificielle.

        Certes, il peut y avoir des cas d’urgence où le sacrifice de l’un est nécessaire à la survie de l’autre: mais dans les situations habituelles, la vie courante, le sacrifice de l’un n’est jamais requis pour la survie de l’autre! Et si le sacrifice de soi dans des cas d’urgence est légitime, c’est qu’un pacte tacite le sous-tend: « je me sacrifie pour te sauver, mais tu en ferais de même ». Nulle logique altruiste là dedans. Seulement un pacte tacite entre deux égoïstes responsables.

        Donc, non, le sacrifice de soi aux autres n’est pas irrationnel selon Rand: il est 1. irrationnel dans la vie courante, rationnel dans des cas d’urgence. 2. irrationnel au nom d’une logique altruiste, rationnel au nom d’une logique égoïste.

        Votre incapacité à comprendre Rand est symptomatique de votre vision du monde altruiste, inculquée par l’Education nationale à ses ouailles.

        • Bonjour,

          Vous êtes tellement méprisant que vous ne voyez même pas que nous disons la même chose : la société repose sur un contrat mutuellement avantageux – donc « égoïste » – qui prévoit notamment, en cas d’urgence, que je me sacrifie pour vous car vous le feriez aussi pour moi … ce qui, ledit cas échéant, ferait de vous un héros. Dommage que vos raisonnements, qui sont justes, soient gâchés par votre ton suffisant.
          Cordialement,
          FD

          • Je ne suis pas suffisant, je suis FIER.
            Nuance!

            Vous, vous êtes suffisants, mais vous n’avez aucune fierté. Vous n’avez pas la fierté de reconnaître que grâce à notre échange, vous avez appris quelque chose. Et vous préférez le nier.

            Peut-être arrivons-nous à CERTAINES conclusions pratiques communes; en aucun cas, nous ne partageons les mêmes prémisses, et par conséquent le reste diverge.

            ça alors, si j’ai raison, c’est que je pense comme vous! Mais quelle suffisance, monsieur le professeur! Allez, Décampez!

          • Cher Iron Man,

            « Décampez ». Je suppose que c’est un jeu de mot sur mon nom. Mon Dieu, mais vous êtes drôle!
            Bien content d’avoir pu vous octroyer ce petit plaisir égoïste et fort peu héroïque.
            Cordialement,
            FD

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