La dette n’est pas la solution, c’est le problème

Est-ce une bonne chose que, comme les ministres nous le rappellent, la Grande-Bretagne puisse emprunter à un taux aussi facile que celui de l’Allemagne en dépit d’un déficit équivalent à celui de la Grèce ? Non. Je le répète : c’est la dette qui nous a plongés dans cette situation lamentable.

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La dette n’est pas la solution, c’est le problème

Publié le 23 juin 2012
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Est-ce une bonne chose que la Grande-Bretagne puisse emprunter à un taux aussi facile que celui de l’Allemagne en dépit d’un déficit équivalent à celui de la Grèce ? Non, car c’est la dette qui nous a plongés dans cette situation lamentable.

Par Daniel Hannan, depuis Oxford, Royaume Uni.

Nous sommes sur le point « d’injecter 140 milliards de £ dans l’économie ». Impressionnant, n’est-ce-pas ? Qui aurait cru que c’était aussi facile ? Pourquoi ne pas injecter 280 milliards de £ et ainsi, être deux fois plus riche ? Et pourquoi pas un trillion ?

Je ne pensais pas que j’aurais encore à écrire cela, mais nous nous retrouvons dans cette situation en premier lieu à cause d’un excès de dettes : trop de dettes privées, trop de dettes pour les entreprises et trop de dettes publiques (ne cliquez pas sur ce lien, à moins que vous ne vouliez être déprimé). Durant plus de 15 ans, la banque d’Angleterre, en commun avec d’autres banques centrales, a artificiellement maintenu les taux d’intérêts à des niveaux bas, alimentant ainsi une bulle de crédits qui était vouée à exploser tôt ou tard.

Depuis que la bulle a explosé, il y a quatre ans de cela, Mervyn King [ndlr : le Gouverneur de la Banque d’Angleterre] a désespérément travaillé à « actionner les soufflets » pour faire gonfler à nouveau la bulle. Les taux d’intérêts ont été réduits considérablement et des spasmes répétés de quantitative easing ont augmenté la masse monétaire pour l’équivalent d’un cinquième de notre PIB. Après avoir hurlé contre les banques qui accordaient leurs prêts de manière trop laxiste, les ministres hurlent maintenant contre elles pour ne pas accorder de prêts sans justifications. Hier, le gouverneur de la Banque d’Angleterre a annoncé qu’il donnerait simplement aux banques plus d’argent à prêter.

D’où le fait que nous pénalisions l’épargne et que nous récompensions la dette – c’est, d’ailleurs, précisément cette vision des choses qui nous a conduit à cette situation lamentable. Les travailleurs, les épargnants et les retraités sont frappés par la double-peine des taux d’intérêts à 0% et d’inflation élevée afin que l’État obèse puisse se servir dans leurs patrimoines.

Mervyn King a décrit hier la politique comme un « manuel » en réponse à la tempête. Le seul problème, c’est que son manuel est périmé depuis 80 ans. Comme tous les Keynésiens à travers le monde, il persiste à croire que la demande est une cause plutôt qu’une conséquence de la croissance économique. Mais on ne peut pas continuer à faire augmenter la consommation sans de commensurables augmentations dans la production. Nombre d’entre nous comprennent cette vérité facilement – après tout, nous l’appliquons tous les jours dans nos propres vies.

Est-ce une bonne chose que, comme les ministres nous le rappellent, la Grande-Bretagne puisse emprunter à un taux aussi facile que celui de l’Allemagne en dépit d’un déficit équivalent à celui de la Grèce ? Non. Je le répète : c’est la dette qui nous a plongés dans cette situation lamentable. Le moyen de résoudre le déficit est de réduire les dépenses, et non de créer, par un tour de magie, des centaines de milliards de £ contrefaites, de les distribuer aux banques, et de leur dire d’acheter de la dette d’État avec. Lorsque Gordon Brown avait pris cette direction, les Tories l’avaient nommée politique de la terre brûlée et ils l’avaient accusé de démolir les perspectives de long-terme des Anglais comme pour retarder le crash après les élections.

Quelle est alors l’alternative ? Plutôt que de prévoir une réduction des dépenses publiques, il en faudrait des concrètes ; il faudrait également une radicale dérégulation du marché du travail ; une volonté de laisser tomber les banques en faillite ; une réduction ciblée de certaines taxes ; et, sur le moyen-terme, se détourner d’une Europe en train de s’effondrer pour se tourner vers les régions du monde qui continuent leur croissance. Ou, pour le dire d’une autre manière, le capitalisme.

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