La Grèce est prête pour la guerre civile

Alors que les Grecs viennent de revoter avec un nouveau résultat ambigu, voyons si la démocratie est vraiment en mesure de résoudre les questions essentielles auquel le pays est confronté.

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La Grèce est prête pour la guerre civile

Publié le 18 juin 2012
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Alors que les Grecs viennent de revoter avec un nouveau résultat ambigu, voyons si la démocratie est vraiment en mesure de résoudre les questions essentielles auquel le pays est confronté.

Par Pasm, depuis Bruxelles, Belgique.

La démocratie ne résout jamais rien.

Nous avons pris l’habitude de croire que le vote démocratique permettait un choix entre des options politiques alors qu’il ne s’agit que d’un choix entre des hommes. Dans un pays comme la France, les États-Unis ou la Belgique, tout se passe toujours bien parce que rien ne change d’une élection sur l’autre. Il y a bien un petit impôt de plus par-ci ou une subvention de moins par-là, mais rien de très fondamental. Le rôle de l’élection se limite à choisir qui pourra manger avec la Reine d’Angleterre lors des sommets internationaux.

Mais prenez une vraie question comme celle qui était posée aux Grecs ce dimanche et vous verrez que le vote démocratique ne sert à rien. À l’heure d’écrire ses lignes, les premiers sondages à la sortie des urnes donnent Nouvelle Démocratie et Syriza au coude-à-coude  juste au-dessous des 30%. Là où les observateurs espéraient un choix du peuple grec entre le maintien dans l’Euro à tout prix et le rejet pur et simple d’une austérité criminelle, nous nous retrouvons face à un double échec. Quel que soit le parti qui empochera les 50 sièges de bonus promis par la constitution au vainqueur de l’élection, il sera incapable de former un gouvernement majoritaire.

À partir d’ici, tous les artifices politiques et juridiques qui seront mis en œuvre pour permettre la nomination d’un gouvernement ne pourront camoufler cette vérité première que le peuple grec est profondément divisé en deux clans de taille égale. Aucun choix politique ne sera légitime. Que Syriza prenne le pouvoir et la Grèce quittera l’Euro, entraînant la ruine de nombreux grecs. Que ND arrive en tête et sa politique d’austérité provoquera autant de pauvreté. Dans les deux cas, le différentiel électoral sera insuffisant pour justifier la politique mise en œuvre face à ceux qui en souffriront. Ce sera l’application pure et brutale du pouvoir étatique par un clan.

Jusqu’à ce que l’autre clan se rebelle pour de bon et prenne les armes.


Sur le web

—-

La CIA craint un coup d’état en Grèce.

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