Barack Obama gémit sur l’euro

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Les États-Unis « soutiendront l’Europe pendant qu’elle mettra en place les dures solutions requises pour résoudre la crise de la dette en cours », ce qui signifie que lui aussi hypothèque l’avenir, s’il pense ce qu’il dit, ce qui est improbable.

Barack Obama ferait mieux de régler ses problèmes à la maison, avant de prétendre donner des leçons aux Européens. À la réflexion, pourtant, ils se méritent mutuellement.

Par Richard North, depuis Bradford, Royaume-Uni.

La crise économique européenne pourrait envoyer ses ondes de choc à travers l’Atlantique, qui tireraient vers le bas la fragile économie américaine, et menaceraient les espoirs du président Obama d’un second mandat.

C’est le paragraphe de tête de l’Associated Press, qui nous rapporte que « le président démontre à quel point il est profondément inquiet à ce sujet – et à quel point il n’y pas grand chose qu’il puisse faire pour l’empêcher ».

baby obamaImpuissant à s’attaquer par lui-même au désordre économique de l’autre côté des océans, Obama, nous dit-on, « a tenté de montrer aux Américains qu’il était engagé à essayer d’aider, en offrant des idées et des conseils. En même temps, il a envoyé un message à ses pairs européens d’être résolus et d’avancer avec fermeté. »

« Maintenant, la bonne nouvelle est qu’il y a un chemin pour sortir de ce défi », Obama a-t-il dit. « Ces décisions sont fondamentalement dans les mains des dirigeants de l’Europe et, heureusement, ils comprennent à quel point sont sérieuses la situation et l’urgence du besoin d’agir. »

Dans un registre de type « la solution est simple, il faut faire quelque chose », l’intervention du président est même allée jusqu’à l’intimidation, en affirmant que la Grèce doit rester dans la zone euro, avançant l’argument que « les difficultés seront probablement pires » si elle en sort.

Bien sûr, on serait bien tenté de faire remarquer à Obama qu’il ferait mieux de régler ses problèmes à la maison, avant de prétendre donner des leçons aux Européens. À la réflexion, pourtant, ils se méritent mutuellement.

Cet homme nous dit que les États-Unis « soutiendront l’Europe pendant qu’elle mettra en place les dures solutions requises pour résoudre la crise de la dette en cours », ce qui signifie que lui aussi hypothèque l’avenir, s’il pense ce qu’il dit, ce qui est improbable.

Cependant, ces commentaires ne seront pas vus comme un soutien à Mme Merkel, qui se débat comme un beau diable. Dans un reproche à peine voilé à son programme d’austérité, il a déclaré, « si vous vous engagez dans l’austérité trop rapidement, ça rend les choses plus difficiles pour solder vos dettes. Les marchés répondent… si vous contractez, ils parient que vous n’allez pas solder vos dettes. »

Le message, donc, était qu’il y a besoin d’un plan digne de ce nom pour la croissance, une chose qui, sans doute, fera plaisir à M. Hollande, un joli petit cadeau pour son dimanche électoral. Reste à voir si l’Espagne appréciera tant que ça, vu que le week-end n’offre pas de répit face à la crise.

Et, alors que cette crise s’intensifie de plus en plus, les paroles d’Obama pourraient finir par être vues comme un gémissement du bord du gouffre, plutôt que comme le rugissement du chef de la nation la plus puissante sur Terre.

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