Quel mode de scrutin pour les élections législatives ?

Que pourraient donner les prochaines élections législatives si le mode de scrutin était proportionnel et non majoritaire ?

Partager sur:
Sauvegarder cet article
Aimer cet article 0

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

Quel mode de scrutin pour les élections législatives ?

Publié le 31 mai 2012
- A +

Que pourraient donner les prochaines élections législatives si le mode de scrutin était proportionnel et non majoritaire ?

Par Jean-Baptiste Noé.

Scrutin proportionnel ou majoritaire ?

Les élections législatives des 10 et 17 juin prochain seront au suffrage majoritaire : sera élu député le candidat qui obtiendra plus de 50% des voix dans sa circonscription, au premier ou au deuxième tour.

Un autre mode de scrutin existe : le scrutin proportionnel. Les candidats se présentent dans une liste, et les sièges sont attribués dans le département en fonction du nombre de voix obtenues. Ce scrutin est utilisé pour les sénatoriales, les municipales et les européennes.

Dominique Reynié, professeur de sciences politiques, a étudié l’impact de la proportionnelle sur les élections législatives de 1997.

Suite au scrutin, l’Assemblée réelle était composée comme suit : 319 sièges pour la gauche, 257 pour la droite et 1 pour le FN. C’est grâce aux triangulaires et au refus d’alliance entre le FN et le RPR que la gauche a pu l’emporter en 1997. Si la proportionnelle avait été appliquée, les résultats auraient été les suivants : Gauche : 265 sièges, divers : 4 sièges, droite : 215 sièges, FN : 93 sièges. Une alliance droite / FN aurait été composée de 308 sièges. Celle-ci, majoritaire à l’Assemblée, aurait pu gouverner, à la place de la gauche. Avec la proportionnelle, la droite aurait donc remporté les législatives de 1997.

On comprend donc mieux l’impact d’un mode de scrutin sur le résultat des élections, notamment législatives. Mais cette prospective a des limites : les candidats auraient fait campagne autrement, et les électeurs auraient peut-être votés différemment. Cela est difficile à savoir. D’autre part, si le RPR et le FN avait accepté de s’allier en 1997, ils auraient pu remporter ces élections. Mais le RPR de l’époque était tenu par la doctrine Chirac d’un refus d’alliance, et le FN ne voulait surtout par prendre part à un quelconque gouvernement, sa position d’opposant perpétuel étant bien plus confortable.

Autres remarques : en 1986, le FN avait obtenu 9,6% des voix, en 1993 : 12,4%, en 1997 : 14,9%, en 2002 : 11,3% et en 2007 : 4,29%. Nul ne sait combien il fera en 2012, mais on constate que son score est assez stable, hormis l’épisode de 2007 où il fut largement défait. Il n’y a donc pas de montée du Front National, mais plutôt une stabilisation, dans une fourchette de 11% à 15%. Il fait toujours moins aux législatives qu’aux présidentielles. Nous verrons si cela se renouvelle cette fois-ci.

—-
Sur le web.

Voir les commentaires (8)

Laisser un commentaire

Créer un compte Tous les commentaires (8)

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don
légslatives 2022
2
Sauvegarder cet article

À l'occasion de chaque élection législative qui voit se conforter la dynamique présidentielle ressurgit le débat sur la réforme du mode de scrutin.

Un mode de scrutin établit la méthode utilisée pour désigner les candidats ou les listes de candidats qui emportent une élection. On distingue principalement trois types de scrutin :

majoritaire, proportionnel, mixte.

 

Le scrutin majoritaire permet l'élection de celui ou de ceux qui ont obtenu le plus de voix. Quand il s'agit d’attribuer un siège, on dit que le scrutin... Poursuivre la lecture

Par Phillippe Villemus. Un article de The Conversation.

Depuis soixante ans, les sondages d’opinion jouent un rôle primordial et controversé dans le déroulement des campagnes électorales. Leur multiplication pour l’élection présidentielle 2022 s’explique par l’utilisation d’Internet et par la nécessité des chaînes d’information de nourrir leurs émissions en continu. Mais ces sondages auront-ils une influence sur les résultats de la « mère de toutes les élections » ?

La supposée influence des sondages en politique serait conforme... Poursuivre la lecture

crises État subsidiarité élections utilitarisme covid
0
Sauvegarder cet article

Par François Lainée.

Les élections récentes ont vu monter un phénomène qui semble là pour durer : l’abstention est en hausse vertigineuse, les candidats décrochent, quelle que soit leur couleur, le peuple ne croit plus que voter soit utile.

Malgré cela la mécanique du pouvoir remplit sa fonction ; elle désigne des gens pour faire tourner les rouages dont il a besoin. Et cette attribution se fait en imprimant une étiquette de qualité contrôlée sur ces serviteurs du système : légitimité.

Mais c’est oublier que ces élus devr... Poursuivre la lecture

Voir plus d'articles