Pour sauver le socialisme, soyons libéral

Au soir de son élection, François Hollande avait affirmé qu’il voulait être jugé sur deux points : la justice et la jeunesse. En raison des contraintes budgétaires, pourra-t-il tenir ses promesses ? Oui, il le peut.

Partager sur:
Sauvegarder cet article
Aimer cet article 0
lepoint2070-fini-de-rire1

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

Pour sauver le socialisme, soyons libéral

Publié le 27 mai 2012
- A +

Au soir de son élection, François Hollande avait affirmé qu’il voulait être jugé sur deux points : la justice et la jeunesse. En raison des contraintes budgétaires, pourra-t-il tenir ses promesses ? Oui, il le peut.

Par Jean-Baptiste Noé.

« Fini de rire », titre le magazine Le Point, au sujet des semaines qui s’annoncent pour François Hollande. En effet, le gouvernement doit trouver 20 milliards d’euros dans les 18 prochains mois, afin d’honorer les promesses de rigueur budgétaire. Voilà donc notre nouveau président socialiste confronté à la réalité des faits, à l’impérieuse nécessité d’éviter la faillite et la ruine. Comment faire alors pour honorer ses promesses de campagne ? On se souvient qu’au soir de son élection il avait affirmé, depuis sa bonne ville de Tulle, qu’il voulait être jugé sur deux points : la justice et la jeunesse. On se souvient aussi que, lors d’un entretien au magazine Paris Match, il avait dit qu’il voulait être le président de la fin des privilèges. Avec une telle réalité budgétaire, le gouvernement socialiste pourra-t-il tenir ses promesses ou devra-t-il, selon la formule exprimée en son temps par le grand sage corrézien Jacques Chirac, qui a soutenu François Hollande, les mettre aux oubliettes car « les promesses n’engagent que ceux qui les croient » ?

Oui, il le peut. Il peut mettre un terme aux privilèges, développer davantage de justice en France, faire beaucoup pour la jeunesse, et en même temps se conformer à la rigueur budgétaire. Il le peut, à condition d’introduire un concept inconnu en pays socialiste : la liberté.

Qui dit rigueur budgétaire dit économie. On peut faire des économies à la marge, par exemple en baissant de 30% le salaire des ministres. Cela fait sûrement plaisir aux comptoirs des bistrots, mais le gain est ridicule. Surtout face au 20 milliards qu’il faut trouver. Et comme dans le même temps le président a augmenté le nombre de ministres de 50% par rapport à François Fillon, cette baisse cache mal la réelle dépense des coûts.

Pour faire des économies il faut s’attaquer aux postes qui dépensent le plus. En France les deux plus gros postes budgétaires sont le service de la dette, 13,6% du budget de l’État en 2012, et l’Éducation Nationale, 17% du budget de l’État. Il n’est pas possible de réduire le service de la dette, car la France doit bien payer la facture de sa consommation d’aides sociales. Il ne reste donc, comme ligne budgétaire où trouver des économies, que l’Éducation Nationale.

1 millions de salariés, 62 milliards de budget. Entre 1980 et 2008, le coût d’un élève a été multiplié par 1,7, passant de 4 404 à 7 780 euros constants. En 1980, un élève du primaire coûtait 2 919 euros par an, en 2008, 5 620 (multiplié par 1,9). En 1980, un lycéen coûtait 5 833 euros par an à l’État, en 2008, 9 110 euros (multiplié par 1,5 ; tous les chiffres sont donnés en euros constants). Dans le même temps la situation scolaire n’a cessé de se dégrader. La France chute dans les comparaisons internationales, les contenus scolaires se vident de leur substance, l’analphabétisme progresse, les meilleurs élèves ne sont pas assez encouragés à donner le meilleur d’eux-mêmes. Plus on a augmenté le budget de l’Éducation Nationale, et plus l’éducation fournie s’est délitée. L’école n’est donc pas une question de moyen mais une question de méthode. Entre 1980 et 2008, le coût moyen d’un élève a augmenté de 76,6%, le nombre de professeurs n’a cessé de croître, alors que le nombre d’élèves a baissé, tout comme le niveau scolaire. L’argent ne fait pas le bonheur de l’école. Il serait tout à fait possible de revenir aux dépenses de 1980, avec de meilleurs résultats.

Si tel était le cas, le budget de l’Éducation Nationale passerait donc de 62 milliards d’euros à 36,4 milliards d’euros, soit une économie annuelle de 25,6 milliards. En un an, le nouveau gouvernement pourrait donc trouver les 20 milliards qui lui manquent. Comment réaliser une telle économie ? En empruntant les chemins de la liberté qui, dans le domaine de l’éducation, porte le nom de chèque scolaire.

En attribuant un chèque scolaire de 2 919 euros aux écoliers et de 5 833 euros aux lycéens, le gouvernement pourrait honorer sa dette vis-à-vis des marchés. Ce faisant il rendrait le plus beau service qu’il soit à la jeunesse, parce que celle-ci pourrait ainsi disposer d’une bien meilleure éducation que celle qui lui est promise. En réduisant la dette, l’État offrirait des perspectives futures bien plus intéressantes que celle d’un pays qui risque de faire faillite. Enfin, comme l’on démontré les études théoriques ainsi que les enquêtes menées dans les pays qui ont mis en place ce système, le chèque scolaire est le meilleur outil contre l’échec scolaire, et il est largement sollicité par les catégories les plus défavorisées. Le gouvernement pourrait ainsi honorer sa promesse de rétablir la justice sociale.

En établissant le chèque scolaire, c’est-à-dire, disons le mot, en privatisant l’éducation, tous les établissements seraient sur le même pied d’égalité, ils auraient les mêmes armes pour combattre. Ce serait donc un très bon moyen de mettre un terme aux privilèges, notamment ceux de la gauche caviar qui cherchent absolument à rétablir la carte scolaire et à baisser le niveau, tout en mettant leurs enfants dans des établissements de luxe, à l’abri de leur politique néfaste. La fin des privilèges, n’est-ce pas ce que Hollande a promis ?

Liberté. Libre initiative. Confiance dans les parents, premiers éducateurs de leurs enfants. Confiance dans les professeurs et les chefs d’établissement pour bâtir une véritable école, éloignée de l’idéologie du ministère et de ses faillites. Liberté et responsabilité, pour redonner espoir à la jeunesse, rétablir une véritable justice, et mettre un terme aux privilèges. La victoire du socialisme passe donc par le libéralisme. Par la liberté, Hollande pourrait honorer ses promesses de campagne.

Sauf une. Il avait promis d’embaucher 60 000 professeurs supplémentaires, et cela ne pourra pas se faire. Rien n’est moins sûr. Avec cette liberté gagnée, les entreprises d’établissements scolaires seront sûrement les premières à embaucher de nouveaux salariés, professeurs ou administratifs. Avec 25 milliards d’économie réalisée chaque année, l’État pourra considérablement baisser les charges sociales, rendant ainsi moins cher le coût du travail. Or la diminution des charges est un des moyens de relancer l’emploi et de lutter contre le chômage. Ce seront donc sûrement plus de 60 000 personnes qui seront embauchées. Et au lieu d’être des fonctionnaires, elles auraient la perspective d’être des salariés, voire des chefs d’entreprise. Oui, décidément, le libéralisme est la meilleure voie pour sauver ce gouvernement socialiste.

—-
Sur le web.

Voir les commentaires (20)

Laisser un commentaire

Créer un compte Tous les commentaires (20)
  • L’éducation est loin d’être le seul point de dépense à pouvoir être baissé voir supprimé: la culture, le « redressement productif », les précieuses aides sociales en tout genre…

    Tout ça fait bien plus que 20 Mrd d’euros.

  • Il va très sürement vous écouter et suivre vos conseils, comme ses prédécesseurs ont suivi les recommandations des libéraux qui parlent à des murs en france depuis plus de 40 ans.

  • Noé, vous n’êtes pas parti avec votre arche après avoir prédit la ré-élection de Sarkozy?

    « En établissant le chèque scolaire, c’est-à-dire, disons le mot, en privatisant l’éducation, tous les établissements seraient sur le même pied d’égalité, ils auraient les mêmes armes pour combattre. » Cette phrase, votre thèse centrale, est dénuée de lien logique.

    1. Etablir le chèque scolaire n’équivaut pas à privatiser.

    2. Pour que les établissements, privés et publics, soient sur un pied d’égalité, il faudrait qu’il y ait non point seulement privatisation des établissement publics mais assujettissement de ceux-ci aux règles du marché libre et de la concurrence : en clair, que leur survie dépende de leur capacité à répondre aux attentes du consommateur au moindre coût et non point de la bonne volonté de l’Etat.

    3. Que les établissements soient sur un pied d’égalité impliquerait de surcroît le renoncement à toute codification de l’enseignement par l’Etat, l’abandon des examens officiels, en somme la liberté de l’enseignement que vous prétendez louer.

    Un point commun, souvent aux socialos de droite (les Guy Sorman, Pierre Manent, Jean-Baptiste Noé…) qui se disent libéraux, c’est le manque de rigueur affiché par le présent article notamment.

    • C’est pas très malin de pourrir Noé comme ça ; il a des défaut mais votre thèse n’est pas plus rigoureuse que la sienne
      1 le chèque éducation ne privatise pas les établissements d’enseignement publics mais ça privatise bel et bien la demande d’éducation, et c’est quand même l’essentiel
      2 le chèque éducation n’a évidemment de sens que dans la mesure où il permet aux établissements de vivre, ce qui implique que l’état (au sens large) ne verse pas un sou de plus aux établissement public, sous aucun prétexte. Dans ces conditions la survie des établissement ne dépend bien que « de leur capacité à répondre aux attentes du consommateur »
      3. l’égalité de traitement n’implique absolument pas un « renoncement à toute codification de l’enseignement par l’Etat, l’abandon des examens officiels ». Bien sûr ce serait encore mieux et une vraie liberté d’enseignement n’est effectivement pas possible sans liberté des programmes et des diplômes, mais c’est une question parallèle et indépendante : à la limite l’état pourrait parfaitement abandonner les programmes et examens officiels tout en organisant quand même un monopole d’établissements publics ou tenues par des organisations amies subventionnées ; les programmes ne seraient plus officiels mais ça ne ferait aucune différence positive, ça pourrait même être pire (vous imaginer le programme des écoles sous la coupe de la FOL, par exemple ?)

      • 1. Privatiser la demande d’éducation? Elle est déjà privée, la demande, que je sache?

        2. « Le chèque éducation n’a évidemment de sens que dans la mesure où il permet aux établissements de vivre » Eh bien, c’est ça le problème. La survie des établissements non seulement publics mais privés va dépendre du bon vouloir de l’Etat, qui en fournissant ses chèques éducation va gonfler arbitrairement le budget ou le revenu des établissements.

        La nouvelle monnaie parvenant sur le marché des écoles privées conduirait de surcroît à faire monter le prix des cours, laissant ainsi de nombreuses familles toujours incapables d’envoyer leurs enfants à l’école de leur choix.

        En quoi la survie des établissements, dans ces conditions, dépendrait-elle « de leur capacité à répondre aux attentes du consommateur au moindre coût »?

        3. « une vraie liberté d’enseignement n’est effectivement pas possible sans liberté des programmes et des diplômes, mais c’est une question parallèle et indépendante » Vous vous contredisez dans la même phrase. Un P de travers?

        • 1. La demande, la vraie, celle qui est prise en compte par celui qui offre le service, c’est celle de celui qui choisit à qui il va donner les sous. Que je sache ce n’est pas le cas ; et ça le deviendrait avec le chèque-éducation.

          2. Vous êtes gravement atteint de socialite aigu … Le chèque-éducation n’a pas vocation à être EN PLUS dans le budget des établissement, mais A LA PLACE de ce que donne l’Etat. Euro pour euro (au niveau des élèves bien sûr ; certains établissements y gagneraient, d’autres y perdraient) . Tout votre raisonnement à base de « nouvelle monnaie » et de « faire monter le prix des cours » est débile.

          3. si vous ne savez pas lire (comprendre ce que vous lisez), et si au lieu de demander des explication vous ricanez avec des bagues à la con, je ne peux rien pour vous.

          • Le chèque éducation étant par définition une propriété COLLECTIVE et non point privée, un don de l’Etat à un sujet donné A PARTIR DE l’argent des contribuables, c’est bien de l’Etat qu’est redevable le budget d’une université lorsqu’elle perçoit un chèque éducation.

            C’est donc bien de la nouvelle monnaie injectée dans l’économie, et c’est donc bien une façon de gonfler arbitrairement la demande.

            Mon cher P, c’est de l’économie de base; vous vous ridiculisez en qualifiant mon raisonnement de débile.

            Et hum, lisez-vous vous-mêmes avant d’insinuer que je ne sais pas lire… Vous me dites en substance :  » X est indispensable à une vraie liberté d’enseignement, mais en fait X n’a rien à voir avec cette thématique de la liberté d’enseignement ».

            « Je ne peux rien pour vous ». A la bonne heure.

  • « comme l’on démontré les études théoriques ainsi que les enquêtes menées dans les pays qui ont mis en place ce système, le chèque scolaire est le meilleur outil contre l’échec scolaire »

    Sources ? Je ne trouve rien sur ce sujet, intéressant.

    • Pas de réponse à ma question ? ll’article dit : « Enfin, comme l’on démontré les études théoriques ainsi que les enquêtes menées dans les pays qui ont mis en place ce système, le chèque scolaire est le meilleur outil contre l’échec scolaire »
      Je ne trouve aucune étude sur google qui prouve ceci. Je parle des enquêtes, pas des études théoriques auxquelles on peut faire dire n’importe quoi.
      Y a t il eu des expériences intéressantes et concluantes sur le chèque éducation ? Sources?

      • @ Armand :

        les « vouchers », cad les chèques éducations, ont été popularisés par Friedman dans capitalisme et liberté.
        Plusieurs pays ont mis en place ce système : suède, chili, pays bas, la ville de milwaukee aux USA.
        La Suède a été la première a mettre en place ce système au début des années 90, dans le cadre de son vaste redressement après sa faillite (faillite que va subir la France pour les mêmes raisons que la suède des années 80). Les résultats sont semble-t-il satisfaisants, car ce système est maintenant adopté par l’ensemble du personnel politique suédois (sauf les communistes, bien sûr), et les classements pisa montrent un niveau très correct.

        De toute façon, il est évident que le chèque éducation mène à une meilleure formation, car ce système mets en concurrence les différents système éducatifs, et donc promeut les meilleures pratiques au final, comme tjrs avec la concurrence.

        Par nature, la concurrence est plus efficace que le monopole, quelque soit le service à produire …

  • Tout cela me paraît bien Naïf à tel point que vous n’arrivez pas à vous comprendre, pour un sujet de société aussi vital c’est regrétable.

    La recherche du meilleur pour ses enfants, en terme d’éducation, est telle, qu’un déséquilibre de classe est inévitable surtout dans un cadre non codifié.

  • Les commentaires sont fermés.

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don
0
Sauvegarder cet article

Par Romain Delisle. Un article de l'Iref-Europe

 

Comme nous l’avons déjà exposé, les politiques publiques actives de l’emploi (assurance-chômage non comprise donc) ne brillent pas par leur efficacité. Une situation que la crise sanitaire n’a pas substantiellement modifiée, même si les dispositifs spéciaux mis en œuvre se doivent d’être étudiés à part.

Il s’agit surtout de savoir si des conséquences pérennes pourraient s’observer sur le marché du travail et d’examiner l’impact des politiques publiques anciennes et no... Poursuivre la lecture

Dans mes articles je cite fréquemment le site Fipéco. Dans un récent billet son président François Ecalle fait un état des lieux de la France. Il conclut que face à une inflation qui s’envole il est urgent de réduire drastiquement sa dette colossale.

Avec un taux de prélèvements obligatoires des plus élevés au monde il n'est pas possible d’augmenter les taxes et impôts. Au contraire, pour que le pays retrouve sa compétitivité, il faut les réduire fortement. François Ecalle, conseiller maître honoraire à la Cour des comptes détaille com... Poursuivre la lecture

Quand les temps sont moroses, quand les perspectives semblent sombres, rien de tel qu’un peu de distraction sans prétention pour se changer les idées et rire un peu. En France, alors que les prix de l’énergie s’envolent et que la guerre en Ukraine nous désole, nous réalisons une fois de plus avec effroi que nous n’avons pas de pétrole et beaucoup trop d’impôts. Mais par chance, nous avons François Hollande pour nous dérider !

Ancien Président et héros improbable de virées amoureuses en scooter, il rêvait de rendosser l’habit de Capitai... Poursuivre la lecture

Voir plus d'articles