Élections en Rhénanie du Nord-Westphalie, tout sauf une victoire du socialisme

Merkel (Crédits : René Le Honzec/Contrepoints.org, licence Creative Commons)

Il y a un refus de l’extrême gauche, un maintien des libéraux, une percée du parti pirate, une progression des socio-démocrates, et une baisse des chrétiens démocrates. Dur d’y voir une quelconque victoire des idées socialistes à la française.

Il y a un refus de l’extrême gauche, un maintien des libéraux, une percée du parti pirate, une progression des socio-démocrates, et une baisse des chrétiens démocrates. Dur d’y voir une quelconque victoire des idées socialistes à la française.

Par Vladimir Vodarevski. 

Les dernières élections régionales en Allemagne, en Rhénanie Westphalie, sont vues comme une défaite de la CDU, le parti d’Angela Merkel. Sont-elles pour autant une victoire de partis soutenant une politique de relance ? Rien n’est moins sûr.

Le Centre d’Information et de Documentation sur l’Allemagne (CIDAL) donne les chiffres de cette élection. Le SPD, les socio-démocrates, ont obtenu 39,1% des voix, en progression de 4,6 points par rapport aux précédentes élections. Mais les écologistes, a priori alliés de gauche du SPD, obtiennent 11,3%, en baisse de 0,8 points.

La CDU, les chrétiens démocrates, le parti d’Angela Merkel, a obtenu 26,3% des voix. Il perd 8,3 points. Par contre, le FDP, le parti libéral, allié de la CDU au gouvernement, obtient 8,6%, en hausse de 1,9 point.

Le plus grand gagnant de cette élection est le parti Pirate, qui obtient 7,8%, en hausse de 6,2 point.

Tandis que la gauche radicale, euphémisme pour extrême gauche, le parti Die Linke, ne franchit pas la barre de 5% des voix pour obtenir des sièges.

Il y a donc un refus de l’extrême gauche, un maintien des libéraux, une percée du parti pirate, une progression des socio-démocrates, et une baisse des chrétiens démocrates.

Il est difficile pour un Français, issu d’un pays centralisateur, de comprendre des élections régionales. Il y a une part de l’interprétation propre à la situation politique du land, et qui n’est pas extrapolable au pays.

Cependant, il est significatif que les électeurs du land ne se soient pas tournés vers l’extrême gauche, les mélenchonistes locaux. Ils refusent le populisme. Le vote Pirate indique une protestation, difficile à classer. Certains vont prétendre qu’il s’agit d’une poussée de la gauche, d’autres de l’anarcho-libéralisme. Cela ressemble en tout cas à un fort vote de protestation. La progression du FDP est attribuée au charisme du candidat. Cela montre en tout cas que, dans cet État industriel, réputé très touché par la crise, il n’y a pas de rejet du libéralisme.

La CDU a donc perdu, mais le SPD n’a pas forcément gagné. Et la relance encore moins. Car les socio-démocrates allemands n’ont pas forcément les mêmes idées de relance que les socialistes français. Surtout si les Français demandent aux Allemands de financer la relance de l’Europe. C’est le SPD qui a lancé l’agenda 2010, le plan d’économie et de relance par la compétitivité, il ne faut pas l’oublier. Et la configuration électorale ne risque pas de les faire changer d’avis. Sans compter qu’Angela Merkel reste populaire au niveau national.


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Contrepoints a publié une autre analyse de l’élection : à lire ici