Élections en Rhénanie du Nord-Westphalie, tout sauf une victoire du socialisme

Il y a un refus de l’extrême gauche, un maintien des libéraux, une percée du parti pirate, une progression des socio-démocrates, et une baisse des chrétiens démocrates. Dur d’y voir une quelconque victoire des idées socialistes à la française.

Partager sur:
Sauvegarder cet article
Aimer cet article 0
Merkel (Crédits : René Le Honzec/Contrepoints.org, licence Creative Commons)

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

Élections en Rhénanie du Nord-Westphalie, tout sauf une victoire du socialisme

Publié le 18 mai 2012
- A +

Il y a un refus de l’extrême gauche, un maintien des libéraux, une percée du parti pirate, une progression des socio-démocrates, et une baisse des chrétiens démocrates. Dur d’y voir une quelconque victoire des idées socialistes à la française.

Par Vladimir Vodarevski. 

Les dernières élections régionales en Allemagne, en Rhénanie Westphalie, sont vues comme une défaite de la CDU, le parti d’Angela Merkel. Sont-elles pour autant une victoire de partis soutenant une politique de relance ? Rien n’est moins sûr.

Le Centre d’Information et de Documentation sur l’Allemagne (CIDAL) donne les chiffres de cette élection. Le SPD, les socio-démocrates, ont obtenu 39,1% des voix, en progression de 4,6 points par rapport aux précédentes élections. Mais les écologistes, a priori alliés de gauche du SPD, obtiennent 11,3%, en baisse de 0,8 points.

La CDU, les chrétiens démocrates, le parti d’Angela Merkel, a obtenu 26,3% des voix. Il perd 8,3 points. Par contre, le FDP, le parti libéral, allié de la CDU au gouvernement, obtient 8,6%, en hausse de 1,9 point.

Le plus grand gagnant de cette élection est le parti Pirate, qui obtient 7,8%, en hausse de 6,2 point.

Tandis que la gauche radicale, euphémisme pour extrême gauche, le parti Die Linke, ne franchit pas la barre de 5% des voix pour obtenir des sièges.

Il y a donc un refus de l’extrême gauche, un maintien des libéraux, une percée du parti pirate, une progression des socio-démocrates, et une baisse des chrétiens démocrates.

Il est difficile pour un Français, issu d’un pays centralisateur, de comprendre des élections régionales. Il y a une part de l’interprétation propre à la situation politique du land, et qui n’est pas extrapolable au pays.

Cependant, il est significatif que les électeurs du land ne se soient pas tournés vers l’extrême gauche, les mélenchonistes locaux. Ils refusent le populisme. Le vote Pirate indique une protestation, difficile à classer. Certains vont prétendre qu’il s’agit d’une poussée de la gauche, d’autres de l’anarcho-libéralisme. Cela ressemble en tout cas à un fort vote de protestation. La progression du FDP est attribuée au charisme du candidat. Cela montre en tout cas que, dans cet État industriel, réputé très touché par la crise, il n’y a pas de rejet du libéralisme.

La CDU a donc perdu, mais le SPD n’a pas forcément gagné. Et la relance encore moins. Car les socio-démocrates allemands n’ont pas forcément les mêmes idées de relance que les socialistes français. Surtout si les Français demandent aux Allemands de financer la relance de l’Europe. C’est le SPD qui a lancé l’agenda 2010, le plan d’économie et de relance par la compétitivité, il ne faut pas l’oublier. Et la configuration électorale ne risque pas de les faire changer d’avis. Sans compter qu’Angela Merkel reste populaire au niveau national.


Sur le web

Contrepoints a publié une autre analyse de l’élection : à lire ici

Voir les commentaires (3)

Laisser un commentaire

Créer un compte Tous les commentaires (3)
  • Le parti pirate est clairement de gauche, il suffit de lire leur proposition lorgnant du coté du communisme pour s’en rendre compte.

    En fait l’idéologie du parti est totalement absurde, ils pronent le libéralisme sur internet, et le communisme dans le monde « réel »

  • Les commentaires sont fermés.

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

Alors que la France et l’Allemagne avaient trouvé mi-janvier un consensus pour inscrire à la fois le gaz et le nucléaire comme énergies dites « de transition » dans la taxonomie verte européenne, Berlin vient de faire marche arrière. L’information est tombée ce mardi sur le média Contexte confirmée ensuite par Marianne : « l'énergie nucléaire n'est pas durable et ne doit donc pas faire partie de la taxonomie » a déclaré le porte-parole du ministère allemand de l'Économie et du Climat dirigé par le Vert Robert Habeck au sein de la coalition SP... Poursuivre la lecture

Par Marc Deffrennes et Samuele Furfari[1. Hauts fonctionnaires retraités de la Commission européenne (Direction générale de l’énergie) Ingénieurs, Responsables respectivement de weCARE et de la SEII].

Une politique énergétique équilibrée doit reposer sur trois piliers :

La sécurité de l’approvisionnement. Une saine économie. La protection de l’environnement.

 

Cet équilibre est au cœur des actions de weCARE et la Société Européenne des Ingénieurs et Industriels, à savoir : promouvoir un mix énergétique fiable, abor... Poursuivre la lecture

En brandissant à nouveau la menace d’un troisième conflit mondial, la Russie rappelle aux plus aguerris la sinistre crise de Cuba et ramène l’Occident à la logique de blocs qui n’a jamais cessé de hanter le locataire du Kremlin. Une sémantique forte inversement proportionnelle à l’état d’une armée qui connaît aujourd’hui une déroute peut-être passagère, mais réelle, alors que des frappes ukrainiennes ont visé des dépôts de carburant sur le territoire russe, à quelque 150 km de la frontière.

Dans ce conflit, la position allemande contin... Poursuivre la lecture

Voir plus d'articles