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Et voilà, fin du pseudo suspense pour la course à l’Élysee

Publié le 7 mai 2012
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Les Français se sont lassés de porter au pouvoir la droite la plus bête du monde, divisée, illibérale, multiculturelle, dirigiste et honteuse de ses valeurs. Quant à la gauche, détenant tous les leviers du pouvoir, elle n’a pas d’échappatoire possible en cas d’échec.

Par Stéphane Montabert, depuis Renens, Suisse.

Fin du pseudo-suspense, François Hollande succède à Nicolas Sarkozy à la présidence de la république française.

L’étonnement en dit plus long sur ceux qui pensaient à une surprise que sur le déroulement de la campagne. Même si le président sortant a toujours cru qu’un miracle était possible, celui-ci est devenu de plus en plus improbable alors que les jours s’égrainaient. François Hollande a été en tête dans tous les sondages, depuis des mois.

Avant le « grand débat » télévisé de mercredi soir, les bookmakers londoniens donnaient à la réélection de Nicolas Sarkozy une cote de sept contre un ; après celui-ci, elle était de quatorze contre un. On imagine qu’elle ne s’est pas arrangée quelques heures plus tard, après le choix de François Bayrou d’opter pour le candidat socialiste.

Si l’UMP et ses hérauts proclamaient que des retournements de situation étaient possibles, il faudrait savoir où ceux-ci auraient eu lieu. Marine Le Pen a dit qu’elle voterait blanc. Au dernier moment, le Modem a choisi la gauche. On en arrive à se demander s’il y a eu la moindre nouvelle entre les deux tours vaguement en faveur de Nicolas Sarkozy.

Le fait est qu’il n’y en a eu aucune.

Le tour de force du président sortant est sans doute d’avoir réussi, la foi chevillée au corps, à faire miroiter à une partie de son camp que la victoire était encore envisageable. Penser qu’un débat télévisé qu’il aurait cru, sûr de sa force, à sens unique, aurait suffit à renverser cinq ans d’un quinquennat lamentable ? C’était la dernière esbroufe d’un politicien en bout de course.

Refuser de croire aux sondages alors qu’il en a commandé lui-même par centaines lors de son passage à la présidence serait la marque d’un discernement bien tardif. Pauvre Nicolas Sarkozy ! Il a été victime de la cinquième république, un régime de monarchie présidentielle où les puissants ne découvrent les préoccupations réelles du peuple que le jour de l’élection. Deux semaines pour comprendre enfin que la France réclamait de vraies réformes et des frontières, c’était trop tard.

Nicolas Sarkozy eut-il gagné qu’il n’aurait été que l’arbre cachant la forêt. Les communes sont à gauche, les régions sont à gauche, le Sénat est à gauche, selon toute vraisemblance l’Assemblée Nationale sera à gauche en juin. Qu’est-ce qu’un président de droite aurait encore pu accomplir ? Les Français se sont lassés de porter au pouvoir la droite la plus bête du monde, divisée, illibérale, multiculturelle, dirigiste et honteuse de ses valeurs. Il aurait été trop dommage de ne pas la sanctionner de la base au sommet.

Nicolas Sarkozy laissera derrière lui un champ de ruines. L’UMP n’était qu’un outil à son service ; il est promis à une probable désintégration. Il ne faut pas chercher plus loin la posture de Marine Le Pen ou de François Bayrou: les deux joueurs se positionnent pour récupérer des meilleurs lambeaux de l’explosion. En faisant acte d’allégeance à François Hollande, le Modem de François Bayrou se prépare à être un interlocuteur centriste présentable, qui attirera à lui tous les politiciens de droite cherchant encore à avoir de l’influence dans les cinq ans à venir. À droite de l’UMP, Marine Le Pen continuera à drainer l’électorat des déçus. L’arme de la diabolisation s’est effondrée entre les deux tours, lorsque tout un chacun s’est mis à courtiser l’électorat du Front National.

La recomposition des forces politiques à droite sera le prochain feuilleton de l’après-présidence et des législatives. Gageons qu’il sera sanglant. De son côté, d’ici fin juin, la gauche française détiendra tous les leviers du pouvoir. L’excuse de « l’héritage sarkozyste » sera évidemment utilisée mais ne durera qu’un temps : elle fera face aux responsabilités historiques auxquelles le pays fait face.

Il n’y aura pas d’échappatoire.


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