Hollande à l’Élysée : quelle sera la réaction des marchés ?

Si François Hollande est élu Président de la République française dimanche prochain, quelles en seront les effets sur les marchés financiers dans les jours qui suivront ?
Partager sur:
Sauvegarder cet article
Aimer cet article 0

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

Hollande à l’Élysée : quelle sera la réaction des marchés ?

Publié le 3 mai 2012
- A +

Si François Hollande est élu Président de la République française dimanche prochain, quelles seront les effets de cette élection sur les marchés financiers dans les jours qui suivront ?

Par Charles Gave.

Je vais me livrer, sous l’œil du lecteur ébahi, à un exercice auquel je ne me livre jamais :  je vais essayer de tirer d’une analyse politique à très court terme, des conséquences financières.

Dimanche soir, nous saurons qui a été élu au poste de Président de la République, mais curieusement, rien ne sera fini. On pourrait presque dire que la bagarre ne fera que commencer, puisque la campagne des législatives  sera lancée dès le lundi matin.

Scénario : Imaginons (politique fiction) que monsieur Hollande soit élu.

Il est tout à fait probable que les marchés obligataires français (et italien et espagnol) seront attaqués immédiatement, tant l’idée de voir le nouveau Président mettre en œuvre sa politique d’accroissement des dépenses publiques leur paraîtra comme un vrai chiffon rouge.

Comme ces braves gens détiennent d’ores et déjà environ 70% de la dette française et que l’État Français commence à emprunter pour payer ses fonctionnaires pendant l’été, le produit des impôts couvrant à peu près 60% de la dépense de l’État, on voit bien que la France n’a plus aucune souveraineté financière.

Si les étrangers refusent d’acheter notre dette ou pis encore s’ils décident de s’en débarrasser, alors nous allons assister à un véritable effondrement  de notre marché obligataire.

La campagne pour les législatives risque donc de se passer dans une atmosphère que je qualifierais, sans crainte de me tromper, de… lourde. Toutes les questions que les candidats et les media ont refusé d’évoquer  vont se présenter, toutes à la fois, et pendant une période où personne ne sera réellement aux commandes. Qui plus est, aux législatives, nous allons avoir des élections triangulaires partout entre le FN, le parti socialiste et l’UMP.

Or l’UMP sera sans chef, puisque le Président sortant a déjà fait savoir qu’en cas de défaite, il quitterait la vie politique. La débandade dans les rangs de la « Droite de gouvernement » risque d’être épique et dans ce cas, historiquement, la population Française a toujours donné la majorité dont il avait besoin au Président nouvellement élu. Il y a fort à parier que de nombreux députés UMP sortants chercheront à ce moment-là à passer des accords au cas par cas avec le FN, ce qui ne manquera pas d’indisposer gravement les lecteurs de la tendance Bayrou.

Fin Juin, nous risquons donc d’avoir le parti socialiste qui contrôlera la Présidence, le Sénat, la Chambre des Députés, tous les conseils généraux, toutes les régions sauf une, tous les média, tous les syndicats etc., et tout cela sur fond de crise financière s’aggravant de jour en jour.

La France sera donc contrôlée par un seul parti, violemment anticapitaliste et encore plus violemment anti-financier.

La seule chance pour ces détenteurs d’obligations françaises est de forcer Monsieur Hollande à tourner casaque et à se renier avant même que les législatives n’aient eu lieu, ce qui donnerait – peut-être – une chance à la Droite.

N’importe quel gérant de fonds obligataires « institutionnels », et j’en connais plusieurs centaines, n’aura en fait qu’une idée, sortir le plus vite possible de ce qui apparaîtra comme un  piège mortel. Monsieur Mitterrand avait eu 18 mois pour tenter et rater son expérience socialiste. Monsieur Hollande aura 18 jours ou 18 heures.

Dans mon dernier livre, L’État est mort, vive l’état, je notais que les événements financiers se déroulent presque toujours en deux temps.

  • Pendant une première période, qui peut être assez longue, la situation se détériore et pourtant, rien ne semble bouger. Tout le monde se moque des Cassandres.
  • Et puis, d’un seul coup, les événements s’accélèrent et en quelques semaines se passent plus de choses qu’en une décennie.

En 1939/40, pendant la drôle de guerre, rien ne bougeait et tout semblait normal. Et puis, en Juin 1940, tout s’écroulait en quelques jours. Je crains que Juin 2012 ne soit dans le domaine financier pour notre pays l’équivalent de ce qu’a été Juin 1940 dans le domaine militaire.

Jamais je n’ai autant souhaité me tromper, mais hélas comme le disait Einstein, la définition de la folie, c’est de faire à chaque fois la même chose en espérant un résultat différent à chaque fois.

Nous y sommes.

Et je suis triste.

—-
Sur le web.

Voir les commentaires (38)

Laisser un commentaire

Créer un compte Tous les commentaires (38)
  • Moi je pense que si réaction des marchés il y a ce ne sera pas avant les législatives. D’abord Hollande sans majorité au parlement devra se contenter de gérer les affaires courantes. Ensuite, peut-être que la prime de risque augmentera par la suite. Mais bientôt tout le monde verra que Hollande c’est du Sarko, donc oui les réformes tarderont et le pays perdra encore en compétitivité, et oui la France paiera plus cher en intérêts de la dette. Mais le reset attendra encore plus tard.

  • Petite précision à propos de « Dimanche soir, nous saurons qui a été élu au poste de Président de la République ». Avez-vous qu’il y avait une différence de 2 points entre les scores annoncés dimanche dernier et le résultat officiel ? De 29 – 26 on est passé à 28,6 – 27,2. Oui, l’estimation de 20 h n’est qu’un… Sondage. Si le résultat est aussi serré que l’annoncent certains modèles (moins de 1 point d’écart), les médias ne devraient-ils pas être un peu plus prudents sur leur annonce du dimanche 20 h ?

  • Je suis d’accord mais je reste comme un lapin devant les phares : que faut-il faire ?

  • Que ce soit N.Sarkozy ou F.Hollande à l’Élysée dimanche soir , je doute que les marchés bronchent en fonction du résultat ; d’ailleurs fondamentalement y a t il réellement des différences profondes entre les propositions des candidats,aucun des deux ne donnent des signes positifs en terme de réforme structurelles par exemple et qui permettraient de dégager des économies.
    Y a t il moins de dépenses dans un camp que dans l’autre? Dans les deux projets il manque déjà 10 milliards d’euros de financement…
    Et si tant est que les acteurs décidaient de se débarrasser de notre dette, vers quoi iront ils , sachant que les valeurs dites refuges sont déjà à des niveaux très élevés, idem pour les matières premières et l’immobilier.Je pense que les marchés ont déjà anticipés et continueront d’acheter de la dette, il vont miser sur la capacité « d’innovation fiscale » de l’état Français, ils savent que dans ce domaine on est très fort…

  • Avec Hollande, ça sera la Grèce …

    • La France c’est déjà la Grèce, même si elle se planque derrière ses dorures élyséennes et les jupons de Merkel. Après droite ou gauche le résultat sera le même; la seule chose qu’il faut espérer, c’est que cette crise permette aux individus de comprendre qu’ils n’ont rien à attendre de ces politiciens pétris de plus d’idéologies et de dogme, que de bon sens.

      • Le bon sens est-ce la politique libéral où l’homme est rationnel et tout s’équilibre parfaitement, l’information est transparente et le soleil brille? HAHA… pardon.
        Les marchés sont globalement irrationnel, ce ne sont plus les décisions qui font varier un actif mais une personne, une rumeur non fondé…. en fait, rien.

        • « Le bon sens est-ce la politique libéral où l’homme est rationnel et tout s’équilibre parfaitement […] »

          Renseigne-toi un minimum avant de sortir de telles sottises, sous peine de passer pour un inculte. Les libéraux ont été les premiers (au bas mot au début du 20ème siècle) à dénoncer ces fumisteries néo-classiques de « concurrence pure et parfaite », « d’information complète et pertinente » et autres équilibres imaginaires.

        • Le marché ce n’est rien , il est le fruit de l’action de millions d’individus qui interagissent toujours de façon rationnelle, si tant est qu’ils aient une information qui ne soit pas faussée, car cette rumeur que vous évoquez découle bien souvent des mauvaises indications données au marché par les États et leur gouvernement, car nos politiciens sont évidemment les seuls capable de gommer les soi-disant imperfections. C’est bien vrai, sauf qu’ ils gomment ces « imperfections » en soutenant ceux qui se sont trompés avec l’argent de ceux qui auront fait les bons choix.

          • @Aurelien Biteau
            Ah, des libéraux classiques et pas des libéraux néo-classiques, intéressant.

            @J.Charles.
            Le marché est le fruit de l’action de millions d’individus qui interagissent de manière rationnelle, ok (et encore par moment j’ai un doute, notamment quand le marché essaye d’anticiper ce qui cause ce que le marché a anticipé). Mais jamais tous en même temps et jamais avec la même capacité d’action pour chaque individus sur le marché. Ce qui cause de fait des déséquilibre.

            Quand au « gommage des imperfections » par l’Etat, effectivement ils soutiennent ceux qui se sont trompés (non pas, que moi même j’aurai voulu qu’ils tirent conséquence de leurs actes) mais c’est due au fait qu’en laissant faire il y a le risque que ça influe sur le reste, notamment ceux qui n’aurai pas fait de choix, tout est lié et tout a une influence sur le reste.

          • Aurelien Biteau
            4 mai 2012 at 10 h 44 min

            Oui, ça fait une importante différence que votre sarcasme ne saurait diluer hein.

            Quant au marché, vous avez un gros souci de compréhension de ce qu’il est parce que vous êtes coincé dans des cadres théoriques idiots (les néo-classiques tiens) qui ne tiennent pas compte de ce que les autrichiens ont appelé l’action humaine. https://www.contrepoints.org/2011/04/28/23155-l%E2%80%99action-humaine

            Bref, pas plus de détails, vous ressemblez trop à un cuistre pour consacrer plus de temps.

  • @ P.Henri
    « notamment quand le marché essaye d’anticiper
    Pourriez vous nous expliquer comment fonctionne le marché, notamment quand il n’essaye PAS d’anticiper, ça doit être passionnant…

    • @El Gringo
      Comme ça: « Pendant une première période, qui peut être assez longue, la situation se détériore et pourtant, rien ne semble bouger. Tout le monde se moque des Cassandres. »

      Ensuite, il réagit « Et puis, d’un seul coup, les événements s’accélèrent et en quelques semaines se passent plus de choses qu’en une décennie. »
      Il cause ce qu’il tente d’anticiper de manière totalement irrationnel, en spéculant sur le futur, se basant sur des informations qu’il avait depuis bien longtemps comme si il essayait de rattraper ses erreurs, en bloquant toute marche de manoeuvre.

      • Le marché n’est qu’une étiquette pour désigner un mode de relation entre individus, c’est-à-dire celui de la propriété privée des moyens des productions, il n’est pas une entité consciente qui se régulerait ou qui serait irrationnelle ou que sais-je. Cela releve de la pensée magico religieuse, de l’antropomorphisme en somme.

        Il n’y a que les individus qui agissent, qui spéculent, qui anticipent, qui commettent des erreurs, qui se corrigent, qui ne veulent pas se corriger etc…

        Quand on dit que la loi du marché a fait fermer cette entreprise, il faut entendre que Marc et Jean n’ont plus voulu acheter les services produits par cette entreprise, detenue par Henri qui emploie Gerard et Nicolas.

        Le marché prend en compte le fait que les gens ne sont pas omniscients et omnipotents, font des choix et des erreurs, le terme d’équilibre d’ailleurs dans ce domaine ne veut rien, dire, il n’y a nulle part un équilibre à trouver, c’est une sémantique empruntée à la science expérimentale que l’on applique à un domaine, celui des actions humaines,pour se donner une impression de scientificité.

  • J’ai toujours la même position, les libéraux au lieu de vous enfermer dans votre coquille, allez voter Sarkozy dimanche. C’est seule solution pour essayer de sauver quelque chose.

    • Quelque chose ? Ah bon ? Quoi ?

    • Voter pour celui qui se présente comme le nouveau pompier de service pour éteindre un incendie gigantesque, alors que chacun sait qu’il n’aura fait que l’alimenter pendant 5 ans. Il n’ y a rien à sauver, il faut faire table rase, se débarrasser des vieilles lunes sociales démocrates ( de droite comme de gauche).

  • facebook_mgbane2
    4 mai 2012 at 20 h 30 min

    Très très bonne analyse ! L’occasion de rattacher la Wallonie à la France non ?

  • Les commentaires sont fermés.

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

Suspense intenable ! François Hollande va-t-il bientôt nous annoncer sa candidature présidentielle ? Des propos habilement équivoques tenus récemment par l'ancien chef de l'État devant des lycéens relancent la machine à spéculation politico-médiatique : "pour l'instant", il n'est pas candidat. Mais comme "ça ne va pas bien" - sous-entendu, à gauche, vous l'aurez immédiatement compris - forcément, il s'interroge :

"Est-ce qu'une candidature de plus serait utile ? Je ne sais pas. Je ne le pense pas, d'ailleurs. J'ai les mêmes idées qu'av... Poursuivre la lecture

À quelques mois de l’élection présidentielle de 2022 il est de bonne guerre pour tous ceux qui s’opposent au capitalisme et à la cupidité des actionnaires de dénoncer les pratiques condamnables des grandes entreprises cotées comme les rachats d’actions. Cette dénonciation est d’autant plus performante qu’elle s’appuie sur un raisonnement qui se veut sérieux et compétent. Or, il n’en est rien. C’est ainsi que le journal Le Monde consacrait son éditorial du 24 décembre 2021 à cette pratique condamnable, selon lui, qu’est le rachat d’actions par... Poursuivre la lecture

Par Claude Robert.

Hollande et Macron ont tous deux polarisé la vie politique à leur manière. Comme leur maître Mitterrand, ils ont su casser le jeu politique, le retourner à leur avantage en imposant des règles défavorables à leurs adversaires.

Surtout, ils l’ont fait en s’appuyant sur des ressorts affectifs, au détriment bien sûr de la transparence démocratique. Ils l’ont fait dans un seul but, celui d’accéder au pouvoir suprême.

Une fois installés à l’Élysée, ils ont continué d’abuser de cette technique pour à la fois ... Poursuivre la lecture

Voir plus d'articles