Les raisons de la nationalisation risquée de YPF

Les découvertes de YPF (filiale de Repsol) de pétrole et de gaz de schiste ont excité la convoitise du gouvernement argentin, qui espère ainsi acquérir l’indépendance énergétique.

Les découvertes de YPF (filiale de Repsol) de pétrole et de gaz de schiste ont excité la convoitise du gouvernement argentin, qui espère ainsi acquérir l’indépendance énergétique. Mais de lourds investissements et un fort niveau de compétence sont encore nécessaires pour exploiter ces ressources.

Le 16 avril dernier, Cristina Kirchner a envoyé un projet de loi au congrès pour prendre le contrôle de YPF en expropriant Repsol. L’Argentine avait pourtant été, en 1993, un des premiers à privatiser sa compagnie nationale. Ce projet de loi a été adopté le 26 avril au Sénat en première lecture, à une très large majorité : 63 pour, 3 contre. Un résultat similaire est attendu à la Chambre des députés.

Début novembre 2011, Repsol (actionnaire majoritaire de YPF) avait annoncé la découverte à Vaca Muerta (vache morte) de l’une des réserves d’hydrocarbures non conventionnelles parmi les plus grandes et de la meilleure qualité au monde. Grâce à cette zone, l’Argentine bénéficie de la troisième réserve de gaz de schistes de la planète avec 22 000 milliards de mètres cubes, derrière la Chine et les États-Unis (respectivement 36 000 et 25 000 milliards de mètres cubes). Les réserves de la France sont estimées à 5 100 milliards de mètres cubes.

Repsol souligne que cette découverte avait nécessité cinq années de travail et de coûteux investissements. Selon certains experts, il subsiste encore beaucoup d’inconnues sur l’exploitation technique de ces gisements et de nombreux investissements sont encore nécessaires : « 1,5 milliard de dollars par an sur une très longue période ». Conscient du besoin en savoir-faire et des lourds investissements nécessaires, l’État argentin a multiplié les rencontres avec les majors pétrolières ces derniers jours pour les rassurer sur leurs investissements en Argentine.