Célébrer la Terre, célébrer le capitalisme

jour de la terre

Il est important d’agir pour préserver l’environnement afin de sauver l’espèce humaine et la nature. Pour remédier aux problèmes de pollution, il existe une solution simple : laisser agir le capitalisme, ou plus précisément les droits en propriété et la rentabilité.

Il est important d’agir pour préserver l’environnement afin de sauver l’espèce humaine et la nature. Pour remédier aux problèmes de pollution, il existe une solution simple : laisser agir le capitalisme, ou plus précisément les droits de propriété et la rentabilité.

Par Pierre-Guy Veer, depuis le Québec.
Publié en collaboration avec le Québecois Libre.

On célébrait dimanche dernier, le 22 avril, le Jour de la Terre. Évidemment, qui dit célébration écologiste dit propagande anticapitaliste. Selon plusieurs manifestants, le capitalisme est le pire de tous les systèmes économiques et il est responsable de la destruction de la planète. Vraiment ?

Voyons voir ce qui se passait derrière dans les pays communistes, où l’État contrôlait toute l’économie et où la recherche du profit, l’une des supposées causes de la pollution, était interdite. Cela laisse présager un nirvana…

En fait, c’était l’enfer, et le mot est faible. Moscou avait comme seul but d’industrialiser l’URSS à tout prix. Le gouvernement a donc pris plusieurs raccourcis, malgré les avertissements de quelques scientifiques dans les années 1930. Résultat: l’irrigation massive a causé de l’érosion et la salinisation de plusieurs plan d’eau, dont la mer d’Aral; l’utilisation excessive de pesticides et d’engrais a complètement chamboulé les écosystèmes; plusieurs forêts sont mortes, particulièrement en Arctique; et j’en passe.

La Chine n’était pas mieux sous Mao. On estime que 90% des conifères du Sichuan ont été détruits par la pollution atmosphérique. Les forêts ont aussi subi un tort irréparable durant le «Grand Bond en avant». En effet, on utilisait des fours à bois communaux (à petite capacité, et ce même dans les plus petits villages) pour tenter de produire de l’acier, ce qui a accéléré l’érosion. On a également tenté d’éliminer un merle, ce qui a favorisé une invasion de sauterelles et décimé les récoltes en 1958.

Enfin, si vous n’étiez pas convaincus des méfaits du socialisme dans ces deux pays, attendez de voir ce qui se passait en Europe de l’Est :

En Pologne, les rails étaient tellement rongés par les pluies acides que les trains ne pouvaient rouler plus vite que 40 km/h. La région de Katowice, fortement industrialisée, voyait ses habitants souffrir de 47% plus de problèmes respiratoires que le reste du pays. Enfin, on estime que 95% de toute l’eau était impropre à la consommation humaine et 65% à la consommation industrielle – la pollution était telle que les métaux lourds utilisés étaient menacés.

En Tchécoslovaquie, 50% des forêts étaient mortes ou mourantes à cause de taux de dioxyde de soufre huit fois plus élevés qu’aux États-Unis. Les sols étaient tellement acides que l’aluminium contenu dans le sol s’échappait, empoisonnant l’eau potable.

En Allemagne de l’Est, 1/3 de tous les lacs ont été déclarés biologiquement morts à cause de tous les déchets qui y ont été déversés. Aussi la pollution était telle que dans certaines villes, il fallait allumer ses phares en plein jour; les touristes qui y respiraient vomissaient fréquemment.

Pas de propriété, pas de responsabilité

Comment expliquer une telle négligence ? C’est très simple: personne n’était propriétaire légitime des ressources (air, terre, eau, etc.). Quand une terre est publique – comme elles l’étaient toutes sous le communisme –, le gouvernement a généralement peu d’incitations pour l’exploiter intelligemment. Dans le cas de l’Europe communiste, on voulait absolument industrialiser les pays afin, espérait-on, de rattraper les économies capitalistes. On se fixait des cibles de production à atteindre à tout prix. Cela incluait l’utilisation de charbon brun, à très haute teneur en soufre et qui dégage beaucoup de fumée et des méthodes agricoles discutables, qui épuisaient les sols.

Ce manque de vision se reflète également dans les secteurs publics des pays capitalistes. Aux États-Unis, le ministère de la Défense émet plus de déchets dangereux que les cinq plus grandes compagnies de produits chimiques mises ensembles. En fait, la pollution est telle qu’on estime les coûts de nettoyage à 20 milliards $. Il en va de même pour l’agriculture, où Washington encourage la sur-utilisation des terres de même que des cultures pas du tout propices à son milieu.

Le capitalisme, la solution verte

Pour remédier (en grande partie, du moins) à toute cette pollution, il existe une solution simple : laisser agir le capitalisme, ou plus précisément les droits en propriété et la rentabilité. Le second point est ce qui a le plus aidé l’Europe de l’Est. En effet, l’arrivée du capitalisme a poussé les pays à trouver des façons rentables – et non seulement bon marché – de produire, ce qui a grandement réduit la pollution.

Quant au premier point, il a déjà montré son efficacité, notamment avec le Love Canal. C’est également la solution envisagée pour protéger certaines ressources, notamment les poissons et certaines espèces en voie de disparition.

Pourquoi une telle efficacité ? Parce qu’il est dans l’intérêt d’un propriétaire de tirer un maximum de profit de son produit ou de son terrain. En endiguant la pollution – comme Hooker l’a fait avec son canal –, le propriétaire s’évite de coûteuses poursuites pour atteinte à la propriété d’autrui. Parallèlement, une pollution mal gérée sur un terrain risque de diminuer sa valeur et donc les revenus que le propriétaire en tire. Tout entrepreneur ayant une vision à long terme – et dont la propriété est à l’abri d’actions arbitraires des gouvernements – pense à tout cela pour préserver le plus possible son investissement. On ne saccage quand même pas ce qui nous appartient !

En conclusion, je tiens à dire que je suis d’accord en principe avec les écologistes : il est important d’agir pour préserver l’environnement afin de sauver l’espèce humaine et la nature. Par contre, je m’inscris en faux contre leur moyen principal, qui est de faire intervenir l’État. Considérant que ce dernier voit rarement à long terme, il est le pire intervenant pour tenter de nous sauver. En fait, on pourrait même dire que la majorité des problèmes environnementaux sont, directement ou non, causés par l’État, et principalement par le manque d’une définition claire des droits de propriétés. Mieux définis, ils permettraient à chacun d’entre nous, dans son propre intérêt personnel, de mieux gérer l’environnement. Ainsi, tout le monde en sortirait gagnant.

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Article publié originellement le 24.04.2012 sur le Blogue du Québécois Libre, repris avec l’aimable autorisation du Québécois Libre.

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