Meetings : comparaison Mélenchon – Hollande – Sarkozy

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Plus radical que Hollande et Sarkozy, Mélenchon avait au moins du souffle.

Une campagne présidentielle décisive, deux tours de scrutin, et trois meetings majeurs. Petit tour d’horizon par le président du Parti Libéral Démocrate.

Par Aurélien Véron.

Le discours de Nicolas Sarkozy place de la Concorde était tonique. Sarkozy a encore une fois beaucoup donné, mais le contenu de son propos est de plus en plus ouvertement anti-européen, nationaliste et keynésien. Celui de François Hollande, criard par manque de puissance vocale, ressemblait à celui d’un socialiste en 1980 à l’autre bout de la capitale.

Dans l’ensemble, rien de bouleversant. L’impression dans les deux cas, c’était d’assister à un ersatz de « happening Mélenchon ».

Ses interventions sont de véritables happenings.

Plus radical qu’eux deux (mais dans la même direction jacobine, interventionniste avec promesse de racket fiscal généralisé), lui avait au moins du souffle. Certaines intonations ressemblaient à celles du général de Gaulle. Il y avait de belles images, de l’histoire, une ligne conductrice. Et même si son projet fascisant mène aux régimes « goulaguiers », ses interventions à la Bastille et, hier, à Marseille avaient vraiment cette puissance qui distingue la soupe réchauffée des deux « grands » candidats des grands moments qui marquent les auditoires.

En effet, Mélenchon est en train « d’écrire une page de l’histoire de la gauche en France » comme il le dit lui-même. Grâce à l’appui marqué de Nicolas Sarkozy à son égard pour gêner Hollande (ce qui se retournera contre lui car Mélenchon mobilise un électorat de gauche qui votera aussi à gauche au second tour alors qu’il se serait abstenu sans lui), Jean-Luc Mélenchon fait renaître un courant menacé de disparition en France.

À 15 %, on pourra remercier l’UMP d’avoir préservé cette espèce en voie de disparition partout ailleurs dans le monde, mais pas en France : les communistes. Merci à leurs calculs électoralistes, nous sommes maintenant repartis pour quelques années de chahuts rouges.

Pour le reste, cette campagne est désespérément terne.

Le seul candidat un peu lucide, François Bayrou, reste cantonné à ses généralités sans jamais tenter une offensive. Au lieu d’étoffer son équipe de campagne, de faire rentrer des figures parmi ses partenaires (esprit de « rassemblement » comme il le vante) afin d’être en adéquation avec son discours de « renouvellement », il reste entouré de son « commando » et de sa « tribu » fermés.

Dommage pour lui, pour son parti le Modem, et pour la France qui aurait eu bien besoin de quelqu’un avec sa vision. Rendez-vous en juin pour les législatives. D’ici-là, le marché de la dette se sera peut-être réveillé, inquiet par la tournure que prennent les évènements dans le dernier pays à ne pas s’être engagé sur la voie des réformes en Europe. Le plus ridicule, c’est que nos candidats ne cessent de rappeler la vocation prétendument universaliste de la France malgré l’accélération de notre déclin.

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