Inflation ou pas inflation ?

Nous nous acheminons vers la crise la plus terrible de notre histoire moderne. Une crise qui, chez nous, prendra la forme d’une inflation paupérisante.

Nous nous acheminons vers la crise la plus terrible de notre histoire moderne. Une crise mondiale qui peut avoir des conséquences en termes de famine, de guerres, de graves mouvements de populations dans un certain nombre de pays. Une crise qui, chez nous, prendra la forme d’une inflation paupérisante.

Par Thibault Doidy de Kerguelen

Cette question majeure que vous n’entendez certainement pas posée actuellement est cruciale. Bien sûr, aucun « journaliste » de la presse officielle ne demande aujourd’hui aux candidats ce qu’ils pensent de l’évolution économique des années qui viennent et de l’inflation qui menace, préférant, au mieux, pour certains, se cantonner dans la politico-économie fiction ou, dans la majorité des cas, interroger les futurs dirigeants de notre pays sur ces points cruciaux que sont le « mariage » des homosexuels ou le ménage à la maison. Remarquez qu’il n’est pas sûr, même pas sûr du tout, qu’interrogés, nos candidats sachent répondre autrement qu’avec leur langue de bois respective.

Le Président sortant, après vous avoir affirmé de manière péremptoire que « la crise est derrière nous » vous expliquerait que « tous les économistes sont d’accord », l’inflation est le résultat du produit de la masse monétaire par la vitesse et que la BCE, dans sa grande intelligence faisant en sorte qu’il n’y ait pas de vitesse de circulation, contrôle tout danger inflationniste.

Son challenger, coulé dans le même moule de l’idéologie européiste et entouré des mêmes énarques que le Président, ajouterait (s’il était franc) que les accords passés avec l’UE et la perte de souveraineté de notre pays que représente le MES l’empêcheraient d’appliquer sa politique dite « keynésienne » de relance par la consommation de masse contrôlée par le pouvoir central. Cette politique ne pouvant, dans un pays aux caisses plus que vides comme le notre, que générer un déficit structurel, contraire à… « la règle d’or ». À moins que… Ce déficit ne soit absorbé par la dévalorisation de la monnaie ! Ce serait reconnaître que le candidat Hollande est un inflationniste, ce qu’il ne fera pas ouvertement.

Autre inflationniste, Marine Le Pen qui, elle, au moins a la franchise de le dire tout de go, le retour au franc avec obligation pour la BdF de « prêter » autant d’argent que l’État le souhaite sans intérêt aucun est la quintessence même de l’hyperinflation, inaugurée par ceux qui semblent, hélas, devenus les nouveaux modèles de la « Dame de Valmy », les « révolutionnaires » avec les assignats.

Nicolas Dupont-Aignan est, peu ou prou sur la même ligne que Marine Le Pen, son projet d’Euro coupé en deux l’amenant à mettre la France dans la moitié faible, avec les économies les plus malades de l’Europe, et non dans la moitié forte.

Au-delà de leurs programmes, de leurs espoirs et de leurs rêves, il y a la réalité, la dure réalité.

L’inflation qui nous guette, celle qui sournoisement pointe son museau n’est pas l’inflation vertueuse de Monsieur Dupont-Aignan, celle des années 70 où les salaires devançaient l’augmentation des prix, où la dépréciation monétaire enrichissait ceux qui avaient acheté leur maison à crédit, où les taux des assurance-vie étaient supérieurs à l’inflation, où la pression fiscale était encore à un niveau comparable à celui de nos voisins. Non, l’inflation qui nous guette, qui arrive, est celle du monde de la finance, du monde des fous.

Après la FED, son pyromane Ben Bernanke et ses « QE », voici que Mario Draghi, dont nous avons déjà eu l’occasion de vous dire tout le bien que nous pensions, a commis quelques folies récemment. 1 000 Milliards d’€ mis à la disposition des banques européennes à un taux record de… 1 % ! Oui,vous avez bien lu, 1 %, soit moins que l’inflation, ce qui revient à dire que les banques rembourseront moins qu’elles n’ont emprunté. Incroyable, non ? Cette aberration peut au moins, pensez-vous, relancer l’activité économique, permettant aux banques de réinjecter des fonds dans les entreprises, les prêts à l’investissement, les prêts à l’immobilier… Pauvres naïfs que vous êtes…

Pourquoi voudriez-vous que les banques investissent ces sommes dans des activités qui comportent un risque et qui n’ont d’autre espérance de gains que quelques malheureux 3 à 7% par an quand la spéculation sur les marchés leurs permettent d’engranger du 10, 15 ou 20% par mois ? Mettez vous à leur place un instant. On vous prête de l’argent moins cher que sa valeur, vous avez toute liberté d’en faire ce que vous voulez (au pire si vous ne le remboursez pas, vous serez nationalisé et l’État le remboursera pour vous) et vous avez devant vous la possibilité de procéder à la multiplication de cet argent quasi sans risque…

Voilà pourquoi je suis aujourd’hui persuadé que nous nous acheminons vers la crise la plus terrible de notre histoire moderne. Une crise mondiale qui peut avoir des conséquences en termes de famine, de guerres, de graves mouvements de populations dans un certain nombre de pays. Une crise qui, chez nous, prendra la forme d’une inflation paupérisante.

La cause ? Les banques (toutes, qu’elles soient européennes ou américaines) jouent sur les marchés de matières premières. Nous connaissons aujourd’hui une envolée des prix de matières premières. Mais s’est une envolée qui ne sert à personne, une envolée purement spéculative. Elle ne servira pas, ou peu, aux producteurs (qui donc ne réinvestiront pas), pas aux transformateurs ni aux transporteurs (qui, au contraire, pour maintenir le plus possible des prix de vente concurrentiels seront tentés par le désinvestissement), pas aux distributeurs (confrontés à une concurrence de plus en plus forte) et enfin, pas aux consommateurs qui, victimes des politiques de concurrence sur le marché du travail et de désinvestissement verront leurs revenus baisser ou stagner et le nombre de sans emplois augmenter. Ainsi donc, pour la première de notre histoire moderne, nous verrons les prix à la consommation s’envoler sans aucune contrepartie en terme d’activité. La pseudo « loi » de l’inflation résultante de la masse par la vitesse sera contredite. C’est ce que j’appelle l’inflation paupérisante.

Comment réagiront nos élus ? Clairement, ils n’auront pas beaucoup de marges de manœuvre. Ils ne pourront que regretter que leurs prédécesseurs n’aient pas mené de politiques plus vertueuses.

Les voies de sortie possibles ? Foncer sur l’hyper inflation en canalisant les flux sur les producteurs de biens et services (ce qu’il aurait fallu faire AVANT le déclenchement de la crise) ; un bonne guerre, si possible loin de chez nous et menée par d’autres que nous alimenterons en armes (technique Roosevelt) ; mise sous tutelle économique par une puissance étrangère (Chine, pays du golfe) avec les conséquences politiques et culturelles qui iraient avec ; sursaut européen qui balaierait les institutions actuelles pour mettre en place une politique protectionniste européenne… Toute solution qui imaginerait la récession, la dépression et le maintien dans le carcan politico-économique actuel serait vouée à l’échec car source de révoltes ou de révolutions.

À quand l’« apocalypse » ? Probablement entre deux et cinq ans, en tous cas avant la fin du mandat présidentiel qui va commencer. Mais, justement, personne ne vous en parle… Dormez bien, braves gens, demain, les homosexuels pourront se marier et les « riches » seront taxés…

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