Écologie : débat et blocage à l’UE

Il est presque certain que nous allons voir une évolution vers une vision plus pragmatique et moins zélote de la lutte contre le changement climatique et sur les politiques énergétiques

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Écologie : débat et blocage à l’UE

Publié le 8 avril 2012
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Il est presque certain que nous allons voir une évolution vers une vision plus pragmatique et moins zélote de la lutte contre le changement climatique et sur les politiques énergétiques, d’après le think tank Global Warming Policy Foundation.

Par Benny Peiser (*).

Savez-vous que la Pologne a bloqué les nouveaux objectifs de réduction d’émissions de GES de l’Union européenne lors d’une réunion récente des ministres européens de l’environnement ? Êtes-vous conscient qu’il y a un soutien croissant des gouvernements de l’est de l’Europe pour bloquer tous les objectifs climatiques unilatéraux de façon permanente ? La raison pour laquelle vous n’avez pas entendu parler de cette rébellion croissante à Bruxelles est simple : la politique climatique n’est plus un élément important de ​​l’agenda de l’UE et la manie du climat s’éteint peu à peu après avoir duré presque 20 ans.

Dans le passé, l’hostilité irréductible de la Pologne à l’unilatéralisme vert avait été accueillie par une protestation générale dans les capitales de l’Europe. Aujourd’hui, elle est à peine remarquée par les médias alors que les militants verts sont devenus vieux et mous. D’autres préoccupations plus pressantes prennent le pas et débordent complètement les agendas verts. Il semble qu’un nouvel âge glaciaire politique s’empare de Bruxelles.

La Pologne et ses alliés de l’Europe du Sud et de l’Est cherchent à bloquer les efforts déployés par les ministres de l’environnement et les organisations non gouvernementales pour introduire de nouveaux objectifs unilatéraux en matière de réduction des émissions de CO2. Les opposants, toutefois, demandent que la politique climatique de l’UE soit liée à la politique climatique internationale. Étant donné qu’aucun accord climatique mondial n’est envisagé avant 2015, si jamais il se concrétise, la Pologne fait valoir qu’il serait « prématuré » de se prononcer aujourd’hui sur la politique du climat à venir de l’Europe. Les États membres ont convenu en 2008 de réduire les émissions de carbone de 20 pour cent par rapport aux niveaux de 1990 d’ici 2020. La Commission européenne a rédigé une proposition visant à réduire les émissions de 80 pour cent d’ici 2050, avec pour effet des niveaux qui interdiraient l’utilisation de combustibles fossiles pour produire de l’électricité.

Les gouvernements opposés font valoir que ces nouveaux objectifs devraient être subordonnés à l’accord des autres grands pays industrialisés pour des réductions similaires. En raison de l’impasse à Bruxelles, les politiques du climat et énergétiques vertes sont face à une crise grave. Il y a un risque croissant que la stratégie unilatérale de l’UE entrave la reprise économique et par conséquent l’avenir de la compétitivité européenne. La totalité de l’ordre du jour vert est de plus en plus impopulaire. Les électeurs et les industries à forte intensité énergétique sont de plus en plus hostiles aux politiques climatiques qui gonflent les factures d’énergie et les coûts de chauffage. Les dirigeants européens eux-mêmes considèrent maintenant sérieusement s’il faut continuer avec la décarbonisation unilatérale en l’absence d’un accord international.

Dans son projet de rapport sur la feuille de route Énergie 2050, la commission a averti que « si une action coordonnée sur le climat entre les principaux acteurs n’est pas renforcée dans les prochaines années, la question se posera de savoir jusqu’où l’UE devra continuer à faire basculer son système énergétique vers la décarbonisation ». À la lumière du désaccord général sur l’avenir de la politique climatique, il est difficile à un gouvernement européen de réclamer à grands cris le leadership vert. Même l’Allemagne et la France ne veulent plus faire cavalier seul. De nombreux gouvernements européens refusent tout simplement d’aller au-delà de l’objectif de 20 pour cent des émissions. La stratégie climatique et énergétique conventionnelle de l’Europe fait face à des défis énormes et à de nouvelles possibilités. Il est presque inévitable que nous voyions une évolution vers une façon de faire plus pragmatique et moins zélée des politiques climatiques et énergétiques. Cela, en soi serait accueilli avec beaucoup de soulagement par un public qui est de plus en plus préoccupé par le fardeau disproportionné que la manie climatique a infligé aux économies européennes.

—-
Article titré « Green Debate In Europe Has Reached ‘Deadlock' », publié sur le site de la Global Warming Policy Foundation.
Traduction : Marot pour Skyfall.

(*) Le Dr Benny Peiser est directeur de la Global Warming Policy Foundation.

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  • Cette évolution est normale. Le passage à ce que d’aucuns ont appelé l’économie verte qui devait nous sortir des chaînes des énergies fossiles ne peut se réaliser qu’à grands coups de subventions en tout genre. Intenable à court terme alors que la bible des puissances publiques devient « zéro déficit » et que le poids de la dette englue nos Etats interventionnistes. Les meilleurs exemples en sont la faillite de Q-cel, fleuron de l’industrie solaire en Europe et la fin prévue des tarifs préférentiels d’achat de de l’électricité photovoltaïque, le développement du photovoltaïque coûtant, selon le ministère allemand de l’industrie, trop cher.
    Distribuer les richesses que l’on ne produit pas est une voie sans issue. Même pour sauver la planète !

  • « La Commission européenne a rédigé une proposition visant à réduire les émissions de 80 pour cent d’ici 2050, avec pour effet des niveaux qui interdiraient l’utilisation de combustibles fossiles pour produire de l’électricité. »

    Pourtant, ça c’est une promesse qui n’engage à rien … en 2050 tous ces ploucs seront morts et enterrés, et il ne restera que du pétrole quasiment inexploitable …

  • Les commentaires sont fermés.

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