Étude économique de la Pologne 2012

La Pologne est le pays de l’OCDE qui a enregistré la plus forte croissance tout au long de la crise économique mondiale

La Pologne a affiché d’excellents résultats tout au long de la crise économique mondiale, avec une croissance beaucoup plus rapide que dans la plupart des autres pays de l’OCDE et des avancées impressionnantes vers la réduction de l’écart de revenu avec ses partenaires de l’Union européenne.

La Pologne est le pays de l’OCDE qui a enregistré la plus forte croissance tout au long de la crise économique mondiale. Cependant, compte tenu du freinage de l’activité économique en Europe, la croissance du PIB réel devrait fléchir fortement pour tomber à 2,75% et 3% en 2012 et 2013. Ce recul devrait atténuer les tensions inflationnistes, même si les risques d’inflation tendent actuellement à s’accentuer. Pourtant, la Pologne n’est pas à l’abri des risques de contagion associés à la crise sévissant chez ses partenaires commerciaux européens. Les projections de l’OCDE prévoient que la Pologne peut stimuler la croissance à long terme en réduisant les distorsions sur le marché de l’emploi et en améliorant l’enseignement supérieur. Le pays devrait également alléger la pression administrative pesant sur les entreprises et aller de l’avant avec la privatisation des entreprises d’État.

L’assainissement budgétaire est le meilleur moyen de réduire la vulnérabilité de l’économie. Les autorités paraissent à même d’atteindre leur objectif de déficit de 2,9% du PIB en 2012. Il faudrait que soient annoncées rapidement et de façon détaillée les actions qui seront engagées pour ramener le déficit à 2% environ du PIB en 2013, en privilégiant la réduction des dépenses fiscales, la réforme du système de sécurité sociale des agriculteurs, la suppression des privilèges dont bénéficient certaines professions en matière de retraite et le resserrement continu des critères d’admissibilité au régime d’invalidité. Parmi les réformes qui seraient utiles dans une optique à long terme figurent l’amélioration de l’efficacité du secteur public, le recours à des impôts moins générateurs de distorsions ainsi que le relèvement et l’alignement de l’âge de départ à la retraite des hommes et des femmes.

La réforme des soins de santé pourrait atténuer les importantes contraintes en matière d’accès aux soins et réduire les inégalités persistantes des résultats sanitaires. L’état de santé de la population reste relativement médiocre, même s’il correspond à celui auquel on peut s’attendre compte tenu du niveau de développement économique du pays. Élargir l’assiette des cotisations au système d’assurance maladie contribuerait à assurer un niveau de financement suffisant pour limiter les lourdes dépenses directes, raccourcir les délais d’attente et faire face à l’augmentation de la demande de soins de santé. L’assurance maladie privée permettrait aussi d’accroître les ressources et de rendre le système plus réactif, mais elle devrait être conçue avec soin de façon à ne pas exclure les ménages à faible revenu. Les ressources actuellement disponibles devraient être redéployées du secteur hospitalier vers le secteur des soins de santé primaire et vers les soins de longue durée. L’efficacité des soins de santé et leur équité pourraient aussi être améliorées par des mesures propres à inciter les hôpitaux à rationaliser l’utilisation des ressources financières ; une définition plus claire des responsabilités du Fonds national de santé et des administrations centrale et locales ; et une meilleure réglementation des médecins travaillant à la fois dans le public et dans le privé.

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