Présidentielle 2012 : un peu de fun avec Google et les candidats

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Quelques statistiques internet sur les principaux candidats à la présidentielle 2012.

Il y a encore quelques années, le citoyen lambda devait se cantonner à éplucher les émissions radios, télévisuelles et les sondages compliqués pour former son choix présidentiel. Mais heureusement, depuis l’arrivée d’Internet dans quasiment tous les foyers, les électeurs peuvent maintenant trouver des méthodes à la fois ludiques et informatives pour déterminer avec précision qui devra être leur champion pour la prochaine course à l’échalote élyséenne.

Et dans ces outils informatiques que le réseau des réseaux offre en standard grâce à une connexion basique, on trouve, bien sûr, Google, et même Bing. L’avantage de ce système est sa relative neutralité : n’étant pas spécialement partisan de l’un ou l’autre candidat, les résultats proposés sont, en plus, la représentation fidèle des tendances de millions de choix individuels d’internautes. Les millions de clics fébriles sur les petites icônes ici ou là, sur les articles de presse, les millions de tweets enfiévrés, les millions de commentaires lâchés rageusement sur des forums politiques permettent aux gros indexeurs de dégager des tendances, des mouvements de foules, des envies, des orientations.

Et en plus, c’est rigolo.

J’ai donc parcouru les outils à ma disposition et je vous en livre ici un petit échantillon. Je vous encourage à tester par vous-même. Ça ne donne pas le gagnant des prochaines élections, mais cela éclaire d’un jour intéressant les candidats, autant par ce qui est trouvé que par ce qui ne l’est pas.

Prenons, par exemple, l’autocomplete de Google. Il nous apprend des tas de choses. Commençons par les principaux candidats, avec un « sarkozy est un ». On découvre tout un tas de propositions amusantes.

sarkozy : google autocomplete

Eh oui : menteur, pourriture, voyou et illuminati sont les premières propositions que le moteur de recherche mondialement connu récupère instantanément, et qui en disent finalement assez long sur le personnage et la façon dont il est vu par les internautes. Rappelons que cette fonctionnalité est basée sur les recherches les plus souvent menées par les millions d’internautes qui le contactent… Notez qu’en anglais (« sarkozy is a »), on produit une liste aussi fleurie (jew, idiot, racist).

Respectons l’égalité de traitement et intéressons-nous maintenant aux autres candidats.

Pour Hollande, on tombe sur « menteur », « fraise des bois », « nul » et « juif ». Décidément, les Français aiment bien savoir si leurs candidats sont juifs. La place importante de la fraise des bois est très indicative, puisqu’elle colle très bien au personnage, à la fois par la couleur, la taille réduite et l’aspect rond. Pour Mélenchon, on découvre qu’il est un populiste, une ordure et un brillant intellectuel (ce qui n’est d’ailleurs pas mutuellement exclusif). Pour Bayrou, on découvre qu’il est un leader sans parti, un « le pen » light, un homme de droite.

Pour Marine Le Pen et Eva Joly, nous avons un problème. En effet, Joly seul est court et entre en collision avec d’autres termes. Rien n’est ramené par le moteur. Le Pen est confondu avec son père, ce qui ne permet pas de comparer équitablement les candidats entre eux. Il en va d’ailleurs de même avec les autres petits candidats (Poutou, Arthaud, Cheminade, Dupont-Aignan) : ils sont, googlement parlant, si insignifiant que leur autocomplete n’existe pas.

On peut aussi aller jeter un coup d’œil sur Google Trends qui analyse, dans le temps, le volume de publications concernant l’un ou l’autre candidat. J’ai fait le test pour Sarkozy et Hollande, dans un premier temps, puis pour Hollande et Mélenchon dans un second. Je vous laisse essayer pour les autres candidats, mais les deux essais menés sont fort intéressants.

trend sarkozy hollande

Si, comme on peut s’y attendre, le volume de publication concernant Sarkozy et Hollande est relativement important sur le dernier mois, les deux candidats sont bel et bien au coude à coude en termes de notoriété, en revanche, le combat tendanciel entre le François et le Jean-Luc est lui particulièrement aigu : non seulement le petit Jean-Luc se débrouille bien, mais il dame le pion à François plus souvent qu’à son tour. Je serais à la place des équipes de la spécialité fromagère à pâte molle, je m’inquièterais un peu.

trend hollande meluche

Et ces tendances sont d’ailleurs confirmées au niveau de Twitter :

topsy sur Hollande, Méluche et Sarko

Nicolas Sarkozy caracole en tête facilement, mais la bataille entre Mélenchon et Hollande est tout sauf gagnée pour l’actuel prétendant socialiste au palais présidentiel : là encore, les équipes de campagne n’ont très manifestement pas encore gagné la bataille du net à ce sujet.

Enfin, dans la catégorie des trucs totalement inutiles, on pourra tester Googlefight sur nos différents candidats. Ainsi, un Googlefight entre Sarkozy et Hollande donne le résultat suivant :

Google Fight

Oui, je sais, ce billet n’a aucune importance politique. Mais si les candidats, de leur côté, avaient des programmes intéressants et des propositions précises à discuter, on n’en serait pas là, à compter les scores des uns et des autres sur Google.

Moi, je vous le dis : de toute façon, ce pays est foutu.

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