Présidentielle : les projets pour l’école

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Que faut-il penser des projets pour l’Éducation nationale des deux principaux candidats à la présidentielle ?

Que faut-il penser des projets pour l’Éducation nationale des deux principaux candidats à la présidentielle ? Sont-ils à la hauteur des enjeux ?

Par Jean-Baptiste Noé.

Plusieurs lecteurs m’ont demandé ce que je pensais des projets pour l’éducation des principaux candidats à l’élection présidentielle. Je répondrai à cette question en ma qualité de professeur et de créateur d’un lycée.

Sur le constat tout d’abord, il me semble que l’ensemble des Français est d’accord pour reconnaître que l’Éducation Nationale ne fonctionne pas comme elle devrait. Nous pourrions de nouveau évoquer la litanie, que tout le monde connaît, des maux et des échecs qu’accumule l’Éducation Nationale.

Force est de constater que les deux principaux candidats répondent à ce défi majeur de façon diamétralement opposée. Le candidat socialiste propose d’augmenter le nombre de professeurs. C’est une idée saugrenue, car ce n’est pas cela qui est en cause. Les dépenses de l’Éducation Nationale n’ont cessé d’augmenter depuis 1981, alors même que ses résultats scolaires ont baissé. J’ai moi-même démontré, avec bien d’autres d’ailleurs, que l’Éducation Nationale ne souffre pas d’un manque d’argent mais d’un manque de liberté.

C’est pourquoi, les propositions de Nicolas Sarkozy me semblent plus en phase avec la réalité, et apporter des solutions plus véritables aux défis de l’éducation. Dans son discours de Montpellier le Président a rappelé que l’éducation est le fait des familles, et que rien ne peut se faire sans elles. C’est bien une des premières fois que j’entends dire que la famille doit avoir sa place au sein de l’école de la République. De même, on ne peut qu’approuver sa volonté de faire en sorte que les élèves soient suivis par un professeur référent, afin de les aider à structurer leur scolarité. Je ne peux qu’approuver ces deux mesures : intégration pleine et entière des familles, suivi des élèves, car c’est ce que nous faisons dans mon établissement depuis plus de 25 ans. Le bon sens semble avoir repris ses droits.

Quant à la proposition phare, celle d’augmenter de 25% le salaire des professeurs qui acceptent de faire 26 heures de présence dans l’établissement, elle s’inscrit dans la même logique. Il s’agit là de 26 heures de présence, et non pas de 26 heures de cours. Si les professeurs sont plus disponibles pour recevoir les familles et discuter avec elles, et pour faire du préceptorat avec les élèves, il est normal que ce temps de travail soit rémunéré.

L’autonomie des établissements scolaires, avec un directeur qui puisse recruter son équipe pédagogique, est la condition sine qua non d’une amélioration de l’école.

Ces mesures, si elles étaient appliquées, sont à même de redresser l’école française, qui se trouve dans une situation vraiment dramatique. Il resterait alors deux points à régler : celle de l’autonomie financière des établissements, et notamment des établissements privés, et celle du contenu des programmes scolaires. Mais on ne peut laisser plus longtemps l’école sous la coupe des syndicats et de l’idéologie.

La réforme de l’université et de l’enseignement supérieur était inespérée et elle comporte beaucoup de bonnes choses ; elle est particulièrement prometteuse pour l’avenir. Les réformes annoncées par Nicolas Sarkozy dans le domaine de l’école sont du même ordre, et devraient avoir les mêmes effets bénéfiques.

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