Réchauffement, FakeGate : tous les coups sont permis contre les sceptiques

Clôturons par un article de synthèse notre couverture du « Fakegate », une pitoyable tentative de désinformation des alarmistes du réchauffement climatique reprise sans précaution par toute la presse française.

Clôturons par un article de synthèse notre couverture du « Fakegate », une pitoyable tentative de désinformation des alarmistes du réchauffement climatique reprise sans précaution par toute la presse française.

Par Vincent Bénard.

Un petit fait divers sans prétention est venu alimenter l’actualité des controverses autour du réchauffement climatique, et montre que pour certains réchauffistes, tous les coups sont permis.

La gauche sort les couteaux

Tout à commencé par des posts sur un blog de la gauche américaine « dure », desmogblog, très vite relayés par un article du New York Times en date du 15 février, « montrant » (les guillemets ont leur importance) qu’un des think tanks les plus impliqués dans la réinformation climatique, le Heartland Insitute, serait au centre d’une véritable stratégie de désinformation visant à diffuser « l’idéologie sceptique » jusqu’au sein des écoles. D’autres médias tels que le Guardian reprennent « l’information ».

Inutile de dire qu’à partir de pas grand chose, tout ce que la presse réchauffiste compte de zélotes s’est jetée sur l’information, pour s’en donner à cœur joie contre le vilain think tank de droite qui ose récolter des fonds de grands méchants capitalistes pour « influencer le débat climatique jusque dans les écoles ». À titre d’exemple, voici ce qu’a dit la RTBF belge: « USA, nier le réchauffement climatique à grand coup de billets verts« .

À partir de là, les événements s’enchainent… La mécanique de dénigrement des vilains sceptiques s’enraye sévèrement.

Un minable coup monté…

Je ne vais pas rentrer dans les détails de tous les événements, le canadien Yves Pelletier (« réchauffement médiatique ») assure bien mieux que je ne saurais le faire la veille sur cette affaire et les anglophones se reporteront avec profit aux articles d’Anthony Watts, entre autres.

Résumons simplement l’histoire d’une pitoyable escroquerie :

À l’origine de ces papiers, des « documents piratés » au Heartland Institute, contenant: des mémos du CA du Heartland Institute montrant leurs sources de financement, et surtout UN mémo « explosif » présentant une stratégie coordonnée visant à « infiltrer » l’enseignement du climat dans les écoles et à recueillir des fonds auprès de grandes entreprises pour financer ce projet.

Tout d’abord, il est apparu que les documents financiers ont été obtenus par un scientifique activiste du réchauffement climatique, Peter Gleick, qui a usurpé l’identité d’un membre du conseil du Heartland Institute pour se faire adresser par d’autres les documents « détruits par erreur ». Or, Geick était jusqu’à ce que ce scandale éclate membre éminent d’un « pacific institute ». Il dirigeait, entre autres, un programme en faveur de la promotion de « l’intégrité scientifique », bien sûr uniquement pour montrer que les « négationnistes climatiques » sont des gens malhonnêtes.

Usurpation d’identité, « phishing »… En Californie, cela peut être puni de jusqu’à 10 ans de prison. Pour le président d’une initiative pour la promotion de l’intégrité scientifique, cela fait désordre.

Mais l’affaire a rebondi un peu plus encore lorsque l’on a appris que divers bloggers avaient analysé le mémorandum et contestaient son authenticité, car il comporte des incohérences suspectes. Puis l’institut Heartland a lui même émis un communiqué affirmant que le mémo est un faux.

Gleick, devant le scandale, et face à l’amoncellement de preuves, a publié des excuses (en anglais) le 20 février dans le Huffington Post :

At the beginning of 2012, I received an anonymous document in the mail describing what appeared to be details of the Heartland Institute’s climate program strategy. It contained information about their funders and the Institute’s apparent efforts to muddy public understanding about climate science and policy. I do not know the source of that original document but assumed it was sent to me because of my past exchanges with Heartland and because I was named in it.

Given the potential impact however, I attempted to confirm the accuracy of the information in this document. In an effort to do so, and in a serious lapse of my own and professional judgment and ethics, I solicited and received additional materials directly from the Heartland Institute under someone else’s name. The materials the Heartland Institute sent to me confirmed many of the facts in the original document, including especially their 2012 fundraising strategy and budget. I forwarded, anonymously, the documents I had received to a set of journalists and experts working on climate issues.

I can explicitly confirm, as can the Heartland Institute, that the documents they emailed to me are identical to the documents that have been made public. I made no changes or alterations of any kind to any of the Heartland Institute documents or to the original anonymous communication.

I will not comment on the substance or implications of the materials; others have and are doing so. I only note that the scientific understanding of the reality and risks of climate change is strong, compelling, and increasingly disturbing, and a rational public debate is desperately needed. My judgment was blinded by my frustration with the ongoing efforts — often anonymous, well-funded, and coordinated — to attack climate science and scientists and prevent this debate, and by the lack of transparency of the organizations involved. Nevertheless I deeply regret my own actions in this case. I offer my personal apologies to all those affected.

Peter Gleick

En bref, voici sa version: il a obtenu le fameux mémo « d’une source anonyme », et il a cru bon, dans un moment d’égarement, d’aller à la pêche aux documents du Heartland Institute par un moyen inapproprié pour vérifier si le mémo disait vrai. Puis, une fois les documents reçus, il a diffusé l’ensemble. Et il s’excuse, le pôv’ garçon. Ceci dit, la première version des Guardian, NY Times, et Desmogblog, en prend un coup, puisque initialement, tous les documents étaient censés provenir du Heartland… Mais seuls les climato-sceptiques font usage du mensonge, c’est bien connu. Le mémo « explosif »: un faux !

Seulement, le Heartland Institute ne veut pas en rester là. Il saisit le FBI et publie quelques documents intéressants sur un site monté pour l’occasion, fakegate.org – Et notamment, les mails dont Gleick s’est servis pour appâter les autres membres du board.

Et là, surprise ! Les mails ne font pas mention de certains documents cités par le mémo… Or, si la version de Gleick était exacte, pourquoi aurait-il omis, dans ses mels falsifiés, de demander au Heartland Institute ces documents en question ? De là à imaginer que le mémo ait été fabriqué APRÈS la réception des documents frauduleux, et que donc Gleick est lui-même le faussaire, il n’y a qu’un pas que certains franchissent déjà. D’autres restent plus prudents.

N’anticipons pas, et accordons à Gleick le bénéfice du doute pour l’instant. Peut-être s’est-il fait refiler un tuyau crevé par un autre « fada » réchauffiste, et s’est jeté dessus, trop content de pouvoir en découdre avec ces salauds de sceptiques.

Notons aussi que le blog gauchiste qui a publié le premier le mémo s’en tient à son authenticité. Cependant, l’analyse de steve Mc Intyre, pour ne citer que celle là, est totalement dévastatrice pour le mémo. Trop d’erreurs y figurent, qui ne peuvent en aucun cas avoir été commises par un membre du directoire de l’institut, qui connait tout de même sa boite ! Megan McArdle, du Site « The Atlantic », en remet une couche, et estime que le document ne peut être qu’un faux, assez grossier de surcroit. Notamment, il apparait évident que le document, d’après ses méta données, n’a pas la même origine géographique que les autres.

Le protocole des sages climatiques ?

Bien sûr, il ne faut pas accorder à ce petit fait divers pitoyable plus d’importance qu’il n’en a. Un petit faussaire minable, qui soit-il, a voulu créer sa propre version « climatique » de l’infâme « protocole des sages de sion », un faux document commandé par la police secrète de Russie au faussaire Max Golovinski pour discréditer la communauté juive au début du XXème siècle auprès du Tsar Nicolas II. Celui ci découvrit très vite la supercherie, d’ailleurs, et ne tint pas compte du document.

N’est pas un grand faussaire qui veut. Notons tout de même que même si le faussaire avait été plus malin, le tort fait au Heartland Institute serait resté assez marginal: après tout, que des think tanks réunissent des fonds pour défendre une cause et rémunèrent des scientifiques qui apportent de l’eau à leur moulin, est chose banale, y compris pour les gros think tanks de gauche. En outre, les sommes révélées par les documents authentiques chipés par mel sont d’une confondante modestie: Le budget annuel du Heartland est d’environ 6,5 millions de dollars annuels, très loin des centaines de millions de Greepeace, du WWF, du Sierra Club, du Hedge Fund d’Al Gore, et autres groupes d’ intérêts du lobby vert. Et encore la totalité de leur budget n’est pas affecté à la cause climatique, le Heartland s’occupant également d’autres sujets tels que la santé.

On comprend que les réchauffistes soient vexés, après tout : avec des moyens comparativement ridicules, les sceptiques ont réussi à retourner les opinions mondiales concernant le changement climatique et les réponses à y apporter, alors que les réchauffistes bénéficient depuis 20 ans de mannes publiques et privées d’une toute autre ampleur.

Cela dit, cette nouvelle affaire de fraude, après le climategate et la révélation de nombreux recours à de la littérature non scientifique dans les rapports du GIEC, ne va certainement pas faire du bien aux thèses réchauffistes, et à la réputation de ceux qui sont associés à ces manœuvres.

Les pignouferies de Foucart

Cela changera-t-il la façon dont nos médias traitent d’un sujet dont les répercussions économiques et fiscales se chiffrent en milliards annuels ? Hélas, il est décourageant de noter comment la presse française, elle, a traité le sujet.

Pignouferies
Image: H16

Notons d’abord que deux organes de presse anglo-saxons de bonne réputation, le NY Times et le Guardian, se sont initialement goulûment vautrés sur ce faux scoop sans trop de vérification. Pas glorieux… Et notre Immonde national ? Il n’est pas resté à l’écart. Dès le 15 février, Le monde, dans sa rubrique Big Browser, publie une reprise sans la moindre analyse critique des articles anglo saxons. L’article n’est pas signé. Bon, admettons que l’auteur ait estimé que le NY Times et le Guardian étaient des sources crédibles, on peut comprendre qu’il en reprenne les termes sans plus de valeur ajoutée. Après tout, journaliste, en France, c’est un métier de fainéant. Mais que dire de la suite ? L’inévitable propagandiste du réchauffement carbo-anthropique, Stéphane Foucart, se fend le 21 février, LE LENDEMAIN de la confession de Gleick, alors même que celle-ci aurait dû l’inciter à un peu de retenue, que les suspicions de « fabrication » étaient déjà largement relayées par la presse en ligne anglo-saxonne, un article hallucinant de mauvaise foi :

Les aveux du scientifique, qui présente ses « excuses personnelles » à « ceux qui ont été affectés » par son geste, pourraient en réalité plonger le Heartland Institute dans un embarras plus grand encore. En effet, dès la mise en ligne des documents frauduleusement obtenus, le think tank de Chicago avait déclaré que l’un d’entre eux, un mémo intitulé « 2012 Heartland Climate Strategy », était un « faux, apparemment destiné à diffamer et discréditer le Heartland Institute ». Cependant, la plupart des informations confidentielles contenues dans le mémo litigieux sont présentes dans les autres documents rendus publics. De plus, le Heartland Institute ne précise pas quels sont les éléments dudit mémo qui auraient été fabriqués. Or, dans sa confession, M. Gleick assure n’avoir fait que transmettre les documents qu’il a obtenus et qu’il n’en a pas altéré, ni fabriqué, le contenu. Dans un communiqué du 20 février, le Heartland Institute maintient sa version, mais celle-ci a encore perdu en crédibilité depuis les aveux de M. Gleick.

Incroyable ! Un type avoue avoir triché, a déjà changé sa version des faits au bout de quelques jours, mais sa confession réduit la crédibilité… de la victime de sa tricherie ! Et Foucart accepte la (seconde) version du tricheur sans le moindre examen, alors que trouver des éléments sérieux appuyant la thèse du faux mémo sur Internet lui aurait demandé 15 minutes de recherche ! Bon, allez, 30, parce que je doute de ses facultés intellectuelles… Je crois que Stéphane Foucart est bien parti pour le bonnet d’âne du mois de février décerné régulièrement par le remarquable démonteur des mythes du réchauffement climatique, Jacques Duran, du site pensee-unique. Je ne voudrais donner aucun conseil au rédacteur en chef du Monde, mais un « journaliste » comme ça vous fait perdre combien de lecteurs ? Pourquoi croyez-vous que le nombre de lecteurs prêts à payer pour vos torchons désinformatifs se casse la figure, au point que vous en soyez réduits à demander à l’État de racketter les fournisseurs d’accès à Internet pour vous renflouer* ?

Les médias anglo-saxons, eux, après être tombés trop facilement dans le panneau, se sont engagés dans un vaste mouvement de « damage control »: Par exemple, la publication en ligne Politico, qui avait bruyamment relayé les premières « révélations » de DesMogBlog, donne un droit de réponse extensif à Joe Bast, président du Heartland Institute. Andrew Revkin, du New York Times, affirme que la crédibilité de Gleick est détruite, et dirige ses lecteurs vers l’analyse de l’authenticité douteuse du mémo par Megan McArdle. Le Guardian, après sa bourde initiale, a consacré plusieurs articles au « gleick gate », et, sans virer climat-sceptique, se pose tout de même de bonnes questions sur l’éthique d’une certaine frange des réchauffistes. Forbes, qui offrait à Gleick un blog sous sa marque, dénonce avec virulence la tricherie ainsi perpétrée, soulignant que si les « réchauffistes » en sont réduit à cela, c’est qu’ils savent qu’ils ne peuvent plus emporter le débat scientifique. D’une façon générale, la couverture du scandale a été relativement large.

Quel contraste avec notre Foucart et nos journaux…

Même rapidement débusquées, de telles opérations de désinformation peuvent faire beaucoup de mal. Plus d’un siècle après sa parution, des groupes extrémistes se servent encore du protocole des sages de Sion pour se livrer aux plus basses attaques antisémites et anti israéliennes. J’ose espérer que les protocole des singes du climat n’aura pas la même durée de vie, mais même les démentis les plus appuyés ne peuvent pas toujours empêché que le mal ne soit fait. Il faudrait, pour réparer les dégâts, que les foutricards de nos rédactions fassent preuve d’un minimum d’honnêteté… Mais je crains que ce soit trop demander !

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Sur le web

Notes :
[note]*Tiens, justement, H16 évoque avec son inimitable verve satirique la chute de la presse française, sans lecteurs, sans talent, qui veut vivre du racket d’autrui…

** Et Merci H16 pour le logo « pignouferie de presse »

*** Et comme par hasard, H16, encore lui, a également publié sur le sujet: « Réchauffement bidon et documents pipeaux » Comme quoi le sujet nous inspire.[/note]

Lire également: Couvertures du Fake Gate en Français :

En Anglais:

Sur Oblib :