Hollande 2012 : la stratégie de l’échec ?

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Et si Hollande n’était là que pour perdre ?

Dans deux mois se tiendra le premier tour de l’élection présidentielle. Imaginons que deux candidats se détachent nettement. Imaginons que ces deux candidats soient les favoris décidés par des médias tous acquis au bipartisme et des sondages étalés depuis des mois. Tentons d’imaginer ce qui se passe ensuite…

Ce 22 février, tous les sondages indiquent Hollande gagnant, écrabouillant Sarkozy de plusieurs points de pourcentage. Partons donc de cette hypothèse, à savoir que Hollande se retrouve donc élu à la tête d’une France en crise, en mai 2012…

Hollande élu, c’est un nouvel énarque à la tête du pays, comme le fut Jacques Chirac. C’est donc la même puissance intellectuelle au service d’une paperasserie de combat, tatillonne et emprunte de cette odeur de cuir qu’on trouve en patch sous les coudes de nos meilleurs athlètes du Cerfa.

Mais c’est surtout une capacité hors du commun à éviter tout effort personnel, tout avis tranché, toute opinion qui pourrait représenter un risque quelconque de polémique. Au contraire de Chirac, qui avait une certaine répartie et une indéniable capacité à rassembler les foules, ou de Mitterrand, manipulateur aiguisé et fin connaisseur de l’âme humaine, Hollande sera une sorte de continuité de Sarkozy dans l’approximation catastrophique du discours et de la prestance. Là où Sarkozy est à peu près incapable de faire une phrase en français correct sans lire un prompteur (et encore), Hollande saura trouver la force de ponctuer chaque triplet de mot d’un petit « heu » mollasson donnant tout son sens au mot vacuité.

Il ne faut pas perdre de vue que ses « amis » socialistes sont, comme bien souvent à ce niveau politique, de parfaits hypocrites qui n’hésiteront pas une seconde à lui planter de multiples poignards dans le dos s’il venait à les oublier lorsqu’il s’agira de distribuer les hochets, maroquins et autres privilèges avec voitures ronflantes et chauffeurs en livrée.

Les amis d'Hollande n'en disent pas que du bien...

Hollande élu, ce sera donc un gouvernement déjà calibré, de vieux briscards vus et revus dans les couloirs de la République. Ce seront donc des politiciens parfaitement aguerris, voire usés pour certains, parfaitement à l’aise dans les petits arrangements en coulisse, préparant tranquillement la mise en coupe réglé d’un pays pourtant déjà rendu exsangue par plusieurs années d’une droite qui n’a rien à apprendre de la gauche non plus. C’est garanti sur facture : les seuls changements qu’on observera seront ceux des noms sur les portes et les cartes de visites.

Enfin, Hollande élu, ce sont des bricolages microscopiques et sans importance pour éviter de réaliser un programme dont tout le monde sait qu’il va propulser le pays dans un mur compact de dettes et de gabegies. Le pire — pas non plus à écarter — serait bien sûr que Hollande, parfaitement sincère selon ma propre hypothèse, essaie vraiment ses idées loufoques.

Mais surtout, que pourront dire les fringants observateurs de la vie politique sur le nouveau président, sachant qu’il aura tout de même l’entièreté du pays du même bord politique que lui ?

Il aura en effet le sénat, l’assemblée. La majorité des département, des régions, des villes majeures seront à gauche. Les médias, majoritairement acquis au socialisme douillet ne serait-ce que continuer à toucher des subventions, ne seront certainement pas trop à droite non plus. Dès lors, si Sarkozy, en 2007, était l’Omni-Président, à ce régime, que sera Hollande ? Le Grand Timonier ? Le Conducător ? Le Líder Máximo ? Ou, comme le disait Mélenchon, le capitaine passablement limité d’un pédalo perdu au milieu d’une tempête mémorable ?

Mais surtout, il aura un pays qui ne sera plus au bord du gouffre, mais … carrément dedans. Notre petit pédaleur va donc se retrouver avec un gouvernement de parvenus hypocrites et sans absolument le moindre respect pour lui, dans un pays en faillite où la probabilité sera forte que des émeutes, des grèves et des crises à la grecque s’enfilent les unes sur les autres.

Et là, on comprend qu’une autre hypothèse se fait jour.

Peut-être que justement, un certain nombre de ces « amis » de Hollande, ceux-là même qui lui ont copieusement savonné la planche avant sa palpitante investiture, peut-être ont-ils compris qu’ils risquaient fort de se retrouver dans une situation extrêmement pénible avec un pays intégralement socialiste, au moment où celui-ci s’effondrera.

Peut-être ont-ils déjà compris que forte est la probabilité que le gouvernement français se fasse un jour débarquer par une équipe de frétillants consultants de Goldman Sachs venus réclamer une mise sous tutelle d’un état depuis trop longtemps incontinent ? Et dans ce cas, on comprend que l’idée de se retrouver à cette place là à ce moment là ne les intéresse que moyennement.

Et dans ce cas, plusieurs choses deviennent plus claires.

La désignation d’un candidat à la fois mou, consensuel jusqu’à l’assoupissement, et atone même sur ses affiches, serait alors un calcul non pour perdre, mais pour fournir un prétexte valable à une campagne électorale plus axée sur les législatives que la présidentielle.

En effet, si Sarkozy se fait élire (et statistiquement, ce n’est pas impossible), tout indique, au vu de la médiocrité des élus UMP qui se trouvent derrière l’actuel président, que les législatives accoucheront d’un parlement à gauche. Autrement dit, Sarkozy n’a qu’une chance infime de présider autrement qu’en cohabitation.

Et cette cohabitation est, tout compte fait, excellente pour Sarkozy qui pourra blâmer l’impossibilité de diriger correctement le pays en période de crise avec un tel système. Quant aux Socialistes, ils n’auront aucun mal à récupérer le beau rôle en braillant à qui voudra l’entendre que sans eux, le président pousserait le pays dans l’abîme et que leurs efforts modèrent les effets dévastateurs de ses lubies politiques.

Si l’on comprend que la cohabitation est une parfaite excuse à tous nos larrons pour s’entendre sur un modus vivendi minimaliste en terme politique mais particulièrement lucratif pour le reste, on ne peut qu’aboutir à la conclusion logique suivante : Hollande n’a été désigné candidat que pour perdre, probablement avec un score moins calamiteux que Royal en 2007, mais pour perdre tout de même.

Au passage, si une telle configuration se réalise, on pourra pouffer sur le fait que Sarkozy aura claqué la femme et le mari, à quelques années d’intervalles.

Mais quoi qu’il arrive, que ce soit Hollande ou Sarkozy qui décroche la timbale, ce pays est foutu.
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