Étude économique de l’Allemagne 2012

Après une reprise rapide au sortir de la récession de 2008-2009, la croissance s’est essoufflée au second semestre de 2011.

Après une reprise rapide au sortir de la récession de 2008-2009, la croissance allemande s’est essoufflée au second semestre de 2011 et l’économie traverse un passage à vide, qui se traduit par de lourdes menaces d’évolution à la baisse de l’activité. Sur le plan intérieur, un retour à des taux de croissance plus bas après une phase de reprise vigoureuse était prévisible d’un point de vue conjoncturel du fait que la croissance potentielle reste faible. Ce repli de l’activité est accentué par le net ralentissement de l’expansion des échanges mondiaux et une perte de confiance due à la crise de la dette dans la zone euro.

Dans la situation actuelle, les décideurs publics sont confrontés à une multitude de problèmes. Au cours de cette phase d’atonie de l’activité économique, il est essentiel de laisser jouer à plein les stabilisateurs automatiques, comme la règle budgétaire le permet. Sur le plan structurel, l’Allemagne a réalisé de grands progrès, notamment sur le marché du travail, qui ont généreusement porté leurs fruits au cours de la récente récession. Il reste a encore beaucoup à faire cependant pour renforcer le potentiel de croissance, compte tenu surtout du vieillissement rapide de la population. Les mesures structurelles doivent être centrées sur les domaines suivants :

Renforcer la demande intérieure
Les réformes destinées à stimuler la demande intérieure devraient viser principalement à améliorer les conditions générales de l’investissement et de l’innovation au niveau national en intensifiant la concurrence, notamment en assouplissant la réglementation stricte en vigueur dans certains secteurs de services, en particulier les services professionnels, et à encourager plus efficacement l’innovation, par exemple en créant un crédit d’impôt au titre de la R&D, qui compléterait les aides directes dans ce domaine.

Accroître l’apport de main-d’œuvre
Les réformes du marché du travail conduites dans le passé font partie des facteurs expliquant la remarquable résistance de l’emploi au cours de la récente récession ; elles ont en effet permis d’accroître la flexibilité du temps de travail et de réduire le chômage structurel. Il faut maintenant s’efforcer en priorité d’accroître l’apport de main-d’œuvre et d’éviter les pénuries de travailleurs qualifiés. Il faudrait notamment relever sensiblement le taux d’activité à temps plein des femmes en réduisant les désincitations fiscales pour les seconds apporteurs de revenu et améliorer encore les possibilités de garde d’enfants. De plus, l’emploi des travailleurs âgés devrait être encouragé par la suppression des désincitations au travail et l’amélioration de l’employabilité, notamment grâce à la poursuite des réformes du système d’enseignement et de formation, le but devant être d’accroître la participation à la formation tout au long de la vie. Il est important de mieux cibler les migrations de main-d’œuvre en fonction des besoins économiques, ce qui suppose d’abaisser les obstacles pour les migrants hautement qualifiés.

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