Les ados et l’économie

Si on enseignait la logique économique de base à nos jeunes au secondaire, on en ferait de meilleurs citoyens. Et des électeurs plus responsables

Si on enseignait la logique économique de base à nos jeunes au secondaire, on en ferait de meilleurs citoyens. Et des électeurs plus responsables.

Par David Descôteaux, depuis Montréal, Québec.

Un ado de 16 ans peut-il voir à travers la propagande des syndicats ou du lobby des entreprises? C’est ce qui m’inquiète quand je pense à l’idée de donner le droit de vote à 16 ans, comme le propose le PQ.

Au Québec, un jeune de 16 ans n’a suivi aucun cours d’économie à l’école. Le dernier cours au secondaire a disparu à la rentrée 2009. On parle un peu d’économie dans le nouveau cours Monde contemporain, dit-on. Mais dans des discussions à saveur internationale sur l’environnement ou la répartition de richesse. Certains profs peuvent aborder des notions comme le taux d’intérêt, le PIB, ou la productivité, mais à leur guise. Ou hors classe.

Comprendre l’économie aide pourtant à établir des budgets, consommer intelligemment et épargner. Mais plus important encore : cela nous évite, comme électeurs, de nous faire passer des savons par les politiciens et les groupes de pression.

Enseignons l’évidence

Le juge américain Oliver Wendell Holmes Jr. a déjà dit : « nous avons besoin d’éducation dans ce qui est évident, beaucoup plus que d’études approfondies dans ce qui est obscur. »

En fait, ce n’est pas les notions de PIB ou de taux de chômage qu’il faut enseigner dans nos écoles, mais la logique économique de base. Par exemple, la première leçon en économie, écrivait le journaliste Henry Hazlitt en 1946, consiste à regarder au-delà de l’impact immédiat d’une politique. Pour en voir les conséquences non seulement sur le groupe concerné, mais sur l’ensemble des citoyens.

Comme quand un politicien donne des millions $ à une multinationale, parce que « ça va créer de l’emploi ». Il oublie de nous dire que lorsqu’il devra augmenter les impôts et les taxes pour financer cette subvention, il va détruire des emplois.

Ou lorsqu’un lobby quelconque nous arrive avec une étude de « retombées économiques », du genre signée par la firme Faitedir-Ôchiff-Skilveul. On tente de justifier l’utilisation de nos taxes avec du vaudou économique. C’est tout juste si on ne prétend pas changer l’eau en vin! Qu’importe. Les journalistes reprennent tous l’« étude » sans se poser de questions.

Ou quand un chef syndical nous dit que les pensions blindées des fonctionnaires sont la plus belle invention depuis le grille-pain radio FM. Il oublie de dire que l’argent ne pousse pas dans les arbres. Que ce sont tous les contribuables, la plupart non syndiqués et sans fonds de pension, qui devront payer sa retraite de leurs poches.

Le bonheur coûte cher

Hazlitt, comme Frédéric Bastiat avant lui, disait qu’un bon économiste ne s’attarde pas à ce que l’on voit, mais examine plutôt ce qu’on ne voit pas.

Prenez le ministre des Finances Raymond Bachand. Il nous dit que l’important, c’est d’être heureux comme peuple… même si on défonce le budget! Il oublie de dire que la génération suivante, qui sera obligée de rembourser nos dettes, ne sera pas heureuse…

Nos jeunes ne sont pas idiots. Et à bien y penser, ils savent probablement mieux compter que nos politiciens. Mais ça ferait probablement l’affaire du PQ — et de sa clientèle syndicale — de voir arriver une nouvelle cohorte d’électeurs insouciants. Prêts à dire oui à toutes sortes de dépenses qu’on ne peut pas se payer.

Si on enseignait la logique économique de base à nos jeunes au secondaire, on en ferait de meilleurs citoyens. Et des électeurs plus responsables.

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