Dévoiler l’argent des syndicats

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Financement des syndicats : les scandales se suivent et se ressemblent

Le site Owni publie régulièrement des articles d’investigation de grande qualité. Un nouvel article sur l’argent des syndicats vient le confirmer. C’est avec plaisir que nous vous présentons quelques extraits sur Contrepoints. Rendez-vous sur Owni pour l’article intégral.

En résumé, Owni s’est procuré le compte-rendu d’une des auditions de la commission parlementaire sur le financement des syndicats dont les conclusions ont été étouffées récemment, la fameuse commission Perruchot. Un témoignage accablant pour la CGT, qui permet de comprendre pourquoi à la veille des élections syndicats et partis politiques se sont accordé pour étouffer le rapport.

Cependant, l’audition que nous avons recueillie et que nous publions en intégralité (au bas de cet article) montre, a minima, que les témoignages reçus par les parlementaires étaient de nature à provoquer quelques remous. Il s’agit en l’occurrence d’Hédy Sellami, un ancien journaliste de La Vie ouvrière, le plus que centenaire magazine de la CGT à destination des syndiqués1.

Entendu le 3 novembre 2011 au matin, l’ancien salarié porte de graves accusations contre son ancien employeur et la CGT en général. Embauché en 1992 et licencié en 2001 pour raisons économiques, il dénonce une véritable “mafia” en rapportant de multiples anecdotes financières susceptibles à elles seules, et si elles étaient confirmées, de donner lieu à des poursuites pénales.

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Hédy Sellami y parle d’abord et surtout des emplois fictifs doublés de versements d’argent en liquide. Selon ses explications, il se serait agi de personnes employées à ne pas faire grand chose :

Les emplois fictifs étaient pléthores. Le seul service juridique où j’étais affecté, comptait deux bénéficiaires de tels emplois : deux personnes détachées de la sécurité sociale, dont une femme qui continuait à percevoir son salaire d’origine, assorti d’une enveloppe que lui donnait La Vie ouvrière, pour un travail théorique, en réalité inaccompli. Mieux : un jour, elle a décidé de s’installer, avec son compagnon – qui était rémunéré dans les mêmes conditions – dans le [il cite une région française, NDLR]. Femme au foyer, elle n’en a pas moins continué de percevoir le même salaire de la sécurité sociale et la même enveloppe de La Vie ouvrière, qu’elle venait chercher tous les mois.

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En plus des 80 salariés déclarés, au moins 50 employés – soit plus de 50% des salariés déclarés – touchaient une enveloppe et bénéficiaient d’avantage divers, tels qu’une voiture de fonction.

Délégation syndicale, utilisation de l’argent de la formation, opacité financière, on retrouve dans son témoignage quelques-uns des grands serpents de mer du financement des syndicats. Selon Jean-Luc Touly, ancien militant CGT2, co-auteur de L’argent noir des syndicats, et également auditionné, le témoignage de Hédy Sellami ne l’étonne pas :

Sur le fond, c’est assez véridique. Derrière de possibles exagérations dues à la colère et à l’esprit de revanche, ces propos illustraient la façon dont la paix sociale s’achète en France. Il se montre toutefois plus prudent dans les termes, préférant parler de détournements de fonds plutôt que d’abus de bien sociaux. Le système aurait connu un développement exponentiel à partir de la fin des années 90, pour devenir très net dans les années 2000.

L’article continue ainsi avec de nombreux autres exemples que nous vous invitons à lire directement sur le site d’Owni. Quand on sait qu’il s’agit d’extraits d’une unique audition, il y a de quoi s’inquiéter sur l’ampleur des graves dysfonctionnements du financement des syndicats et sur l’urgence des réformes à faire…

Contrepoints a consacré d’autres articles au financement des syndicats.