La Fed a produit une montagne de cash

Depuis début septembre 2008, la Fed a créé deux fois plus de dollars qu'elle n’en avait créés depuis sa fondation en 1913.
Partager sur:
Sauvegarder cet article
Aimer cet article 0
imgscan contrepoints 576

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

La Fed a produit une montagne de cash

Publié le 13 janvier 2012
- A +

Depuis début septembre 2008, la Fed a créé deux fois plus de dollars qu’elle n’en avait créés depuis sa fondation en 1913. Pourtant, cela ne se traduit pas par une inflation galopante. Pourquoi ?

Par Georges Kaplan

Plus je discute avec des gens dont tout laisse à supposer qu’ils connaissent ces petites choses parfaitement, plus je réalise qu’il n’en est rien. J’en conclus donc qu’un petit point sur les ordres de grandeur de la politique de la Federal Reserve des États-Unis ces 3 dernières années n’est pas inutile.

Depuis début septembre 2008, la Fed a créé deux fois plus de dollars qu’elle n’en avait créés depuis sa fondation en 1913. D’environ 851 milliards de dollars juste avant la faillite de Lehman Brothers, la base monétaire (M0) étasunienne frôle désormais les 2 600 milliards de dollars. Ce petit graphique illustre assez bien l’ampleur du mouvement (en milliards de dollars US) :

Masse monétaire M0 en $

Mais pourquoi donc n’observons nous pas un effondrement du dollar sur le marché des changes et une inflation galopante aux États-Unis ? Eh bien c’est très simple : environ 84% de cette gigantesque injection monétaire est aujourd’hui détenue par les banques sous formes de réserves excédentaires. En d’autres termes, contrairement à ce qu’espéraient les banquiers centraux, les banques n’ont pas utilisé ces dollars pour les prêter mais les ont immédiatement replacés à la Fed.

On peut avancer au moins trois raisons à cela. La première, c’est que les banques cherchent à tout prix à se déleverager et à assurer leur liquidité en cas de nouveau coup dur (et l’instabilité règlementaire US n’arrange rien à l’affaire). La seconde, c’est qu’il n’y a pas de demande : entre les particuliers qui subissent encore les conséquences de l’explosion de la bulle immobilière et les entreprises qui ont accumulé des montagnes de dollars pour parer à l’éventualité d’un nouveau credit crunch, il n’y a tout simplement personne qui souhaite s’endetter. Enfin, le fait que la Fed rémunère désormais les réserves des banques à hauteur de 0,25% – c’est-à-dire mieux que le taux d’un bon du Trésor US à 2 ans à l’heure où j’écris ces lignes – n’est probablement pas étranger au phénomène. Bref, le multiplicateur monétaire est cassé. Depuis 1995, le rapport M2/M0 oscillait autour de 8,3 ; aujourd’hui, il s’est effondré à 3,7.

Et maintenant, voici le problème : tôt ou tard – à moins, bien sûr, que l’administration Obama ne trouve une nouvelle méthode pour prolonger la récession dans la plus pure tradition du New Deal – les banques vont se remettre à prêter et donc, le multiplicateur devrait se remettre à fonctionner. Or, avec la base monétaire actuelle et un multiplicateur au niveau de ce qu’il était durant la période 1995-2005, M2 devrait plus que doubler.

—-
Sur le web

Voir les commentaires (12)

Laisser un commentaire

Créer un compte Tous les commentaires (12)
  • C’est quoi un M2 ? (M0 c’est bon, mais M2 ???) En passant : quid du M1 ?

  • Alors qu’un revenu de base inconditionnel est évidemment non seulement le pendant fondamental de la création monétaire arbitraire mais aussi légitime le crédit avec intérêt. Tandis que l’absence du RBI permet l’appropriation illégitime de tout et n’importe quoi par assèchement ou explosion arbitrairement décidée de la quantité de monnaie dans l’économie.

    • la création monétaire, ça n’existe pas. Ce n’est pas de la « création ». Ou alors c’est du pur faux monnayage, mais c’est pas de ça dont parle.

  • C’est ce qu’on appelle une « liquidity trap » non ?

  • Qu’en est-il de la BCE ? Auriez-vous un graphique récapitulant ces 10 dernières années ?

  • Un petit rappel sur les masses monétaires ne serait pas inutile,j’ai du mal à suivre et je crois que je ne suis pas le seul.

  • Effectivement, c’est logiquement vrai.
    Mais dans les faits, c’est pas la première fois que l’administration étasunienne manipule l’économie mondiale à ses fins. Les États-Unis et leurs alliés trouveront assurément un nouveau moyen de faire perdurer ce non-sens. Il en faut pas attendre « le grand effondrement », il faut dès aujourd’hui informer, mais surtout réclamer de fortes modifications de l’économie mondiale.

    Merci à vous pour ce suivi…

  • Les commentaires sont fermés.

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

En 2008 le monde a subrepticement changé de régime monétaire. Les médias (c'est sûr) et même les banques centrales (apparemment) n'en ont pas encore pris conscience. Ils continuent de discourir comme s'il n'en était rien. Conséquence : un déluge d'hystérie et de prévisions inflationnistes non crédibles.

Aujourd'hui, une toute petite part seulement de la création monétaire a pour origine la Banque centrale. Dans son étude de 2014 sur la création de la monnaie la Banque d'Angleterre donne le chiffre de 3 % pour le Royaume Uni (monnaie + ... Poursuivre la lecture

Par Lawrence W. Reed.

La plupart des amoureux de la liberté et des marchés libres défendent la séparation de l'État (politique et politiciens) de beaucoup de choses - l'église, la famille, les affaires, l'éducation, etc. Peut-être que si la Constitution des États-Unis avait expressément interdit la création par le gouvernement fédéral d'une banque nationale, les Américains auraient été épargnés des méfaits sans fin de ses diverses itérations dans notre histoire.

Peut-être que si la création monétaire de la Réserve fédérale conti... Poursuivre la lecture

Le monstre de l’inflation est sorti de son placard dans les pays occidentaux. Et pas sûr qu’il y retourne gentiment.

La dérive des prix a atteint 7 % l’an dernier aux États-Unis, du jamais vu depuis… 39 ans. En zone euro, elle est passé en douze mois de presque zéro à 5 %, un niveau atteint pour la dernière fois il y a trente ans sur le continent. La France est en retrait, à 2,8 %, mais sans doute plus pour longtemps.

Cette flambée est essentiellement la conséquence des restrictions imposées suites au covid. Les confinements, fe... Poursuivre la lecture

Voir plus d'articles