Une économie française en ordre de bataille

L’économie française va mal, et les choix des élites permettent d’affirmer que ça va continuer encore longtemps.

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Une économie française en ordre de bataille

Publié le 4 janvier 2012
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Comme je le mentionnais il y a quelques jours, l’année 2012 sera donc plus que probablement rock’n’roll. Et je ne parle pas ici que des pathétiques élections françaises de mai, qui occuperont surtout ceux qui ont la naïveté ou le cynisme de croire aux politiciens du pays. Heureusement, face à l’adversité, nos élites ont déjà agi !

Et pour l’adversité, on va être servi : la France, à n’en pas douter, va traverser des zones de tempête au moins financière et économique. Comme le pays est sous un insupportable joug ultra-turbo libéral, il va falloir sérieusement contrebalancer les impulsions nerveuses d’un président surexcité à l’idée de faire du mal aux pauvres par de fermes mesures pour faire du mal aux riches.

Pour cela, on pourra par exemple mettre à des postes clefs des gens parfaitement incompétents et qui ont déjà fait la preuve de leur nocivité lorsqu’ils se trouvaient aux commandes ou pire, devant un gros micro mou. Et qui, mieux qu’un socialiste même pas refoulé, délicieusement keynésien, pour remplir cette fonction ?

Eh bien nommons Bernard Maris au Conseil Général de la Banque de France, pardi ! Voilà qui va amener un sérieux changement avec ses fines analyses keynésiennes et parfois même marxistes ! C’est vrai, après tout, il y en a assez de tous ces libéraux débridés qui réclament, à cors et à cris, un budget équilibré, un retour à une monnaie stable, saine et solide ! Il y en a marre de ces gens qui ne veulent pas comprendre que la seule façon de réduire la dette est de pondre encore plus de bons d’États, de combattre la dette par la dette ! Il y en a plus qu’assez de ces pisse-froids qui refusent de faire tourner la planche à billets et de refaire partir une inflation à la fois tonique et rafraîchissante !

Bernard Maris à la Banque de France, c’est, finalement, l’assurance qu’enfin, la voix d’un avocat serein d’une relance par la consommation sera entendue. Comme cette relance par la consommation, on n’a pas encore essayée, c’est le moment où jamais. Et vous pouvez compter sur Bernard pour s’assurer que le capital ne s’accumulera pas trop : avec sa compréhension de la création monétaire (dont on pourra s’abreuver dans son petit manuel d’anti-économie… pardon son « anti-manuel d’économie »), il n’y a aucun doute que la Banque de France va régler un certain nombre de problème de façon fort élégante.

Avec cette nouvelle, l’année commence vraiment sous les meilleurs auspices, et on voit que les nouveaux arrivés socialistes du Sénat ont réellement à cœur de ne pas sombrer dans les petites manœuvres politiciennes et de placer haut l’intérêt commun.

D’un autre côté, à la décharge de nos ventripotents sénateurs, il est assez difficile de se faire une idée précise de cet intérêt commun, ô combien fuyant : si l’on s’en tient au seul goût d’une majorité de Français, un peu molle, changeante et parfois pusillanime, on n’arrivera qu’assez mal à faire marcher le pays (et dans ce cas, un économiste comme Maris, tout nourri à la mamelle marxiste qu’il soit, en vaut bien un autre, tout aussi nourri de belles idéologies mortifères).

Après tout, l’intérêt commun évident est que tout continue à fonctionner comme cela « fonctionne » actuellement, non ? Certes, il y a bien des soucis, bien des tracas et quelques pauvres un peu ici et là ; certes, le chômage monte ; certes, les dettes se sont accumulées à tel point qu’on est obligé d’inventer de nouvelles échelles pour mesurer les rapports de taille ; certes, le triple A de la France est plus que menacé ; certes, les services publics ne sont plus que l’ombre de ce qu’ils furent jadis, et si le travail, c’est la santé, le pays n’est plus en mesure ni de fournir le premier, ni de garantir le second dans des conditions décentes.

Bernard Maris a les épaules assez larges

MAIS !

Mais allez donc voir en Corée du Nord ou à Cuba ! Ou même, sans aller dans ce genre d’extrêmes, rendez-vous en Espagne, pays ultra-néolibéral qui croule sous un chômage des jeunes jamais atteint ! Allez voir en Grèce, contrée où le capitalisme le plus sauvage et l’absence totale et nanométriquement contrôlée de toute sphère étatique ont fait des ravages incommensurables !

Oui, ça pourrait être bien pire !

Alors, il faut s’y résoudre : puisqu’il est absolument impossible de diminuer les dépenses microscopiques de notre État lilliputien, au risque de le faire disparaître devant les assauts du capitalisme triomphant… nos sénateurs (socialistes de gauche), nos députés (socialistes de droite) ont décidé de combattre courageusement pied à pied un budget serré comme un francilien un jour de grève RATP.

Ce sera donc une hausse générale des impôts. En plus, ça tombe bien, la haute administration française a une préférence marquée pour les hausses de prélèvements, c’est Le Monde qui le dit (et qui doit donc avoir raison).

Et puis, une hausse d’impôt, c’est, au bout du compte, une administration plus performante, de meilleurs services publics, une meilleure couverture santé, chômage ou retraite ! Regardez : depuis quarante ans, les impôts, taxes, prélèvements et ponctions ont régulièrement augmenté et cela s’est mécaniquement traduit par un système que, maintenant, le monde entier nous envie tellement il fonctionne bien !

Vous voyez, rien qu’avec ces deux éléments, on sait que l’avenir est déjà planifié. Mieux : il est prévu, calibré, empaqueté, prêt à être déballé à la date indiquée, et posé directement sur la table du salon devant le nez de tout un peuple couvé des yeux attendris par Étapapa et Gouvernemaman.

Moyennant quoi, l’année 2012, aussi rebondissante soit-elle, ne sera qu’un obstacle de plus passé avec brio par ceux qui nous gouvernent. Certes, il y a bien, comme certains méchants capitalistes le disent, un véritable mur de dettes qui attend la zone euro dans les prochains mois. Mais nos élites ont déjà vu les problèmes, ils ont déjà placé les bonnes têtes dans les bonnes institutions, ils ont déjà les bonnes solutions et surtout, ils ont tous la détermination pour surmonter ces petites billevesées.

Gageons qu’avec une Banque de France aux mains d’un brillant marxiste et Bercy sous le contrôle avisé de nos énarques enamourés de la taxe, la France va voguer vers des eaux calmes et reposantes.

Ce pays est foutu.
—-
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Voir les commentaires (6)

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  • ce pays de merde est foutu

  • quelle merde ce pays ! quelle saloperie ces politiques !

  • Un économiste antilibéral au conseil de la Banque de France ?
    Tout arrive !Bernard Maris a été nommé dans ce fauteuil inattendu par le président – socialiste il est vrai – du Sénat, Jean-Pierre Bel. Agrégé de sciences économiques, professeur des universités à l’Institut d’études européennes de Paris-VIII, ce spécialiste de Keynes, auquel il a consacré un livre (l’Economiste citoyen), a été l’un des premiers économistes réellement médiatisés. Chroniqueur « éconoclaste » chez Charlie Hebdo depuis des années, il s’est surtout fait connaître du grand public en apportant la contradiction au très libéral Jean-Marc Sylvestre, puis à son homologue Dominique Seux, des Echos, sur France Inter. Ancien membre du conseil d’Attac, il écrivait en 2009 dans Capitalisme et pulsion de mort (avec le grand keynésien Gilles Dostaler) : «Ce que nous croyions être la mondialisation heureuse n’était que la démesure de l’argent fou et de sa pulsion destructrice. » En fait encore l’un élevé au biberon du service public qui confirme que les imbéciles sont en pleine expansion car ils prennent le pouvoir. Parmi les idées courtes du moment, il y a bien sûr le « libéralisme », malheur absolu pour certains et cause de tout pour la plupart ; parmi les slogans, il y a la « liberté » dont on ne sait trop quand elle commence et où elle s’arrête avec son cortège d’idées reçues sur les primautés des droits de l’homme, de l’individu, de la femme, des animaux, des phoques ou des ours arctiques.

    Maris a écrit dans son livres sur Keynes – « Capitalisme et pulsion de mort », par Bernard Maris et Gilles Dostaler : « Ils n’ont pas (les hommes d’affaires) les capacités morales et intellectuelles suffisantes pour s’élever au-dessus des pulsions primaires et cherchent l’argent plutôt que l’amour, la beauté et la vérité. Quelques horreurs économiques se profilent à l’horizon. Les écarts se creusent, tant à l’intérieur des pays riches qu’entre les nations. En même temps, l’extension et la pseudo-égalité du marché mondial ont occulté une incroyable explosion des inégalités, à l’intérieur et entre les pays. » S’il est exact de dire que les inégalités ont augmenté à l’intérieur des pays, il est absolument contraire à la vérité de soutenir que c’est aussi le cas entre les pays, d’autant que les auteurs, autre contradiction, constatent la croissance rapide de l’Asie, et le redémarrage de l’Afrique. Il y a dans tout le livre une hostilité systématique au marché qui ne cesse de transparaître, une espèce de nostalgie d’une époque passée. Tout cela est évidemment absurde, toutes ces considérations sur l’immoralité et l’inhumanité qui seraient dues au marché sont fausses. Et les États-Unis, royaume de l’arbitraire, page 117 :« Les États-Unis interdisent ainsi les relations commerciales avec certains États qui leur déplaisent, comme Cuba ou l’Iran. »Sans doute ces États, qui lapident les femmes ou emprisonnent les opposants et les homosexuels, doivent plaire à nos auteurs. Qu’ils se cantonnent dans les critiques sans solution, bon, c’est le cas d’une bonne partie de la gauche et de la frange altermondialiste, c’est stupide, mais c’est certainement moins dangereux que des idées arrêtées sur ce qu’il faut faire. Seule l’extrême gauche, la LCR, LO, le NPA, a des idées précises, mais malheureusement ce sont à peu près les mêmes qu’en 1917.

    Et que dire de la Banque de France ; dans cette institution dont l’existence même ne se justifie plus vraiment, surtout depuis l’introduction de l’euro, le personnel, en commençant avec le gouverneur, est particulièrement chouchouté.
    Le gouverneur est entouré d’un conseil d’administration dont on ignore les jetons de présence et d’un conseil de la politique monétaire d’une douzaine de membres qui est l’une des plus belles retraites de la République : Chaque membre dispose d’un traitement de plus de 10.700 euros/an, avec bureau et voiture de fonction pour un travail à quart temps. Le Conseil n’a pratiquement plus rien à faire depuis que la politique monétaire a été transférée à la Banque Centrale Européenne qui gère l’euro. Le rapport de la Cour des Comptes publié en mars 2005 dénonce des avantages sociaux qui cumulent des avantages du privé, comme l’intéressement, à ceux du public : Emploi à vie, logements, centres de vacances, coopératives d’achat, avantages en nature, etc.
    Il estime qu’il n’est pas nécessaire que la Banque de France ait une succursale par département, que les sureffectifs y sont manifestes, notamment au siège.
    900 agents bénéficient de logements de fonction, que des avantages comme l’électricité gratuite, ou le remboursement de la taxe d’habitation, ou la fourniture de personnel de maison, ne soient pas déclarés aux impôts.
    Sur la période 2002-2008, les effectifs de la Banque de France ont diminué de 16 %. Dans le même temps, ceux de la Banque d’Angleterre baissaient de 20 %, et ceux de la Bundesbank de 27 %.
    Malgré cette coupe dans les effectifs, les charges de personnel ont augmenté de 2 % en France sur 6 ans, alors qu’elles ont baissé de 20 % en Allemagne sur la même période.
    La rémunération moyenne, charges comprises, s’élève à plus de 107.000 euros par an et par agent, soit environ 40 % de plus qu’en Angleterre et 30 % de plus qu’en Allemagne.
    Français réveillez-vous : Votre nullité en économie nous conduit à la faillite !

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