Oasis de tranquillité pour criminels?

La crise de la dette publique doit être l’occasion de réduire les dépenses publiques inutiles, non les dépenses régaliennes

La  crise de la dette publique doit être l’occasion de réduire les dépenses publiques inutiles, et non de réduire les dépenses des fonctions régaliennes que l’État doit continuer à assurer correctement.

Par Nathalie Elgrably-Levy, de Montréal, Québec

Décidément, les États-Unis ne sont plus ce qu’ils étaient. Les finances publiques vont tellement mal que plusieurs États sont dans l’obligation de réduire drastiquement leurs dépenses.

Et dans quel poste de dépenses coupent-ils?  Dans les programmes bidons? Dans les subventions inutiles?  Pas du tout!  Ils coupent dans… les services de police!

On apprend en effet que plusieurs villes américaines ont licencié leurs corps de police:  ici.

Par exemple:

1. Pewaukee, Wisc.
> Date: 12/31/09
> Population: 12,963
> Size of former police department: 27

2. Maywood, Calif.
> Date: 6/30/10
> Population: 27,431
> Size of former police department: 4

3. San Carlos, Calif.
> Date: 6/30/10
> Population: 28,155
> Size of former police department: 32

4. Pontiac, Mich.
> Date: 10/31/10
> Population: 60,177
> Size of former police department: 74

5. Millbrae, Calif.
> Date: 11/17/11
> Population: 21,532
> Size of former police department: 21

6. Youngtown Ariz.
> Date: 12/1/2011
> Population: 6,000
> Size of former police department: 7

Quiconque a déjà lu une de mes chroniques a vite fait de comprendre que je suis partisane d’un État minimal. J’estime que l’État n’a pas sa place dans la vente d’alcool, dans les loteries, dans la fournitures de soins de santé, le réseau des garderies, dans nos choix alimentaires, etc.

Si je crois que l’État ne devrait pas s’immiscer dans la vie économique et personnelle des gens, je pense qu’il a néanmoins quelques fonctions à remplir. Ces fonctions sont minimes relativement à celles qu’il occupe maintenant, mais elles sont importantes, voire indispensables au bon fonctionnement de la société. L’une de ses fonctions est justement d’assurer le respect de la loi et de l’ordre, c’est-à-dire de veiller à notre sécurité physique et au respect de la propriété privée.

Or, après des années de dépenses irréfléchies et d’endettement suicidaire, la réalité s’impose : il faut couper. Mais de tous les postes dans lesquels les États auraient pu sabrer, ils n’ont rien trouver de mieux que de laisser aller les services de police. C’est aussi absurde que de cesser de boire de l’eau dans le but de réduire le gaspillage de ce précieux liquide.

Comme quoi on ne peut vraiment pas faire confiance à la classe politique pour faire les bons choix!

Cela dit, si les policiers américains sont comme les policiers québécois et doivent consacrer la majorité de leur temps à jouer à la cachette avec les honnêtes citoyens pour remplir leurs quotas de contraventions… alors l’abolition des corps policiers n’est peut-être pas une grande perte!

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