François Bayrou libéral?

Publié Par Contrepoints, le dans Politique

L’auteur du site « Le libéralisme expliqué » synthétise les exploits passés du député et ministre Bayrou en termes de libéralisme. Ou comment séparer la réalité de l’action du candidat béarnais de son discours de facade.

« Le modèle libéral est un modèle matérialiste. C’est un modèle qui accepte et même qui recherche et qui justifie la marchandisation de la vie humaine, de la conception jusqu’à la mort. […] Pour nous, pour la France et pour l’Europe, nous n’acceptons pas ce modèle matérialiste. » François Bayrou, 2 Septembre 2001

  • François Bayrou est favorable à la Taxe Tobin, reprenant ainsi la principale proposition de l’organisation néo-marxiste ATTAC. Il s’en vante même : « J’ai proposé une taxe Tobin sociale, et j’étais tout seul à le faire ».
  •  Il est un farouche partisan du Pacte écologique de Mr Hulot et de son cortège de taxes en tout genres dont  « une taxe carbone établie de façon progressive sur dix à quinze ans », mesure propre à entrainer « un doublement des prix des carburants d’ici à 2050 » selon Le Monde. Même le très démagogique et très inutile poste de Vice-Premier ministre de l’Environnement trouve grâce à ses yeux : « J’approuve son idée de création d’un poste de vice-premier ministre ».
  • Cleptocrate revendiqué, Bayrou propose en outre une « hausse de la contribution sociale généralisée (CSG) » et une « TVA sociale », mesure qualifiée d’ « alchimie» par Alain Madelin qui voit là l’utilisation de la TVA comme un droit de douane qui sera payé au final par le consommateur.
  • François Bayrou est opposé à l’ouverture des magasins le Dimanche pour des raisons idéologiques de lutte contre « la consommation et l’argent »
  • Bayrou a une vision sécuritaire de l’immigration : opposé à la libre-circulation des personnes, il est partisan des reconduites à la frontière : « Si un immigré n’est pas admis, il doit être reconduit, reconduit le plus vite possible »
  • Il est favorable à un service civique obligatoire (ou plutôt contraint) visant à forcer les jeunes à perdre six mois de leur vie dans des actions diverses…
  • François Bayrou n’échappe pas à l’obsession altermondialiste de contrôler l’échange et le commerce. Il souhaite s’intéresser « aux régulations, aux précautions à prendre, devant les évolutions débridées, inquiétantes pour beaucoup, du capitalisme financier » sans toutefois préciser de quelles évolutions débridées il s’agit : la baisse du pourcentage d’êtres humains sous le seuil de pauvreté de 38% en 1970 à 19% en 2000 ou la baisse du chômage dans les pays de l’OCDE de 8,2% en 1984 à 5,8% en 2007 ? Mystère.
  • Le protectionnisme fait aussi partie de son vocabulaire : il souhaite permettre à la France de « sauver son agriculture, son tissu agricole [...] par les protections nécessaires ».
  • Bayrou est opposé à la concurrence fiscale entre pays européens. Son objectif est au contraire  de « pousser à l’harmonisation des politiques fiscales, empêcher la course au moins-disant fiscal » dans le but d’aboutir à un très inquiétant « impôt européen ».
  • Les quelques propositions libérales qu’il fait sont bien peu crédibles. Laproposition de François Bayrou d’ « inscrire dans la Constitution l’interdiction pour un gouvernement de présenter un budget en déficit de fonctionnement » peut paraître séduisante pour les libéraux. Sauf qu’une telle proposition de loi a déjà été déposée par Michel Hunaut, Député de Loire-Atlantique le 1er août 2005. Cette proposition proposait d’inscrire dans la loi l’obligation d’atteindre un équilibre budgétaire qui constituerait « un équilibre strict des ressources et des charges budgétaires définitives, hors charges d’investissement ». Mais cette loi a été refusée et François Bayrou ne l’a pas votée !
  • Le 3 avril 2007, il se déclare « plus à gauche » que les socialistes. Il a déclaré : «c’est le parti qui a fait de fait le plus de privatisations, qui a laissé déraper le déficit et la dette, qui a laissé partir les services publics, qui a donné un mandat de gestion à Lagardère chez Airbus et qui a conduit à la situation où nous sommes ». « J’étais tout seul pour défendre à l’Assemblée l’ASS (allocation spécifique de solidarité) et pour lutter contre la privatisation des autoroutes », a-t-il insisté, rappelant avoir voté la motion de censure déposée par le PS en 2006.
  • François Bayrou se pose aujourd’hui en héraut de la lutte contre la dette et les dépenses publiques et il ne se dérange pas de nous dire « Je vous l’avait bien dit ! ». Un petit retour sur son action de député et de ministre en la matière s’impose, à l’issue duquel chacun sera libre de juger si il mérite de devenir le prochain Président ou si il se moque ouvertement du monde avec un culot incroyable.

François Bayrou a voté :

  • POUR le budget de 1987 en déficit de 24 milliards d’euros
  • POUR le budget de 1988 en déficit de 19 milliards d’euros
  • POUR le budget de 2003 en déficit de 65 milliards d’euros
  • POUR le budget de 2004 en déficit de 60 milliards d’euros

Il a été l’un des plus importants ministres du gouvernement qui a construit et soutenu :

  • le budget de 1994 en déficit de 60 milliards d’euros
  • le budget de 1995 en déficit de 65 milliards d’euros
  • le budget de 1996 en déficit de 50 milliards d’euros
  • le budget de 1997 en déficit de 40 milliards d’euros

(francs convertis et réajustés)

Il est à noter que le Ministère dont il est en charge de 1993 à 1997 voit ses dépenses exploser sous l’ère Bayrou :

  • 1994 : 292 milliards de francs (+3,7%)
  • 1995 : 304 milliards de francs (+3,9%)
  • 1996 : 318 milliards de francs (+4,4%)
  • 1997 : 324 milliards de francs (+1,9%)

François Bayrou est d’ailleurs à l’époque l’un des plus mauvais élèves des gouvernements auxquels il appartient. Encore plus que ses collègues ministres, le ministre Bayrou se fout du déficit et de l’endettement comme de l’an 40 :

En tant que député, outre le fait d’avoir voté et soutenu un grand nombre de budgets en déficit, il a refusé de voter plusieurs lois visant à réduire l’endettement et les déficits :

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  1. Vous sortez des dossiers assez vieux pour votre argumentation. Il faut différencier le Bayrou qui participe à l’opposition droite/gauche et est donc « contraint » de voter des budgets en déséquilibre pour exister. Depuis 7 ans, il me parait cohérent et a construit son parti pour défendre ses propres idées. Refuser de voter, ça ne veut pas dire voter contre, votre formulation est ambiguë. Vu comment fonctionne l’assemblée aujourd’hui et le poids du MoDem dans cette assemblée, il ne faut pas s’étonner que Bayrou préfère utiliser son temps pour participer autrement. Seuls les médias ont de l’importance aujourd’hui.

    1. Cher Monsieur,
      Ainsi donc, vous nous expliquez que M. Bayrou s’est présenté aux élections législatives en 2007 et que plusieurs milliers de français l’ont élu et lui on fait confiance pour les représenter à l’Assemblée Nationale, mais que Monsieur préfère « utiliser son temps » (sic) pour aller dans les médias et que nous ne devrions même pas nous en « étonner » !

      1. Chacun en pense ce qu’il en veut. Cette assemblée ne sert plus à rien, c’est devenu une chambre d’enregistrement. Bayrou n’est pas n’importe quel député non plus, chef de parti et plusieurs fois candidats à la présidentielle, vous n’allez pas lui demander d’agir comme si c’était un bleu assidu qui découvrait l’assemblée. Ça ne l’empêche pas de voter quand c’est nécessaire, mais aujourd’hui quand l’UMP (Sarko) décide quelque chose, la loi passe de toute façon.

  2. Dans l’émission TV « Des Paroles & des actes », il y a quelques jours, M. Bayrou est apparu comme un grand adepte du socialisme ambiant.
    & du « progressisme » : droit de vote des étrangers (aux élections locales pour commencer), mariage homosexuel (qui ne s’appellerait pas « mariage » pour ne pas choquer les derniers réacs).
    Il a aussi montré une certaine incompétence (c’est ça le centrisme ?) en déclarant que la suppression de niches fiscales permettrait de réduire l’essentiel de la dette sans pouvoir préciser ces niches (la plus importante pour les journalistes étant la TVA réduite sur les travaux à domicile)…
    Mais ça ne change pas trop de ses anciennes positions. Excepté le domaine de la propriété intellectuelle, il me semble qu’il se situe dans la partie la plus socialiste de la classe politique…

    1. « La suppression des niches fiscales permettrait de réduire l’essentiel de la dette »

      Franchement vous ne devriez pas parler de Bayrou, vous ne connaissez rien à ses idées ni à son programme. Les niches fiscales, c’est 20% de son programme d’économie, 20 milliards d’euros.

      Et pour le détail, soyez pâtient, le programme arrivera. Le PS propose de supprimer 50 milliards de niches fiscales et personne ne leur demande le détail, c’est stupéfiant cette mauvaise foi. Il n’y a rien de préciser! C’est la paille et la poutre là!

      1. Ainsi donc :
        -Vous refusez de regarder les actions passées de Mr Bayrou quand il était aux responsabilités
        -Vous reconnaissez vous même ne pas connaitre son programme pour le futur

        Sur quoi repose donc une telle ferveur ?

  3. Je viens de remonter au début de l’article pour bien vérifier sa date de publication… mais oui, c’est 2011! Autant l’analyse des discours de Bayrou est juste (source campagne 2006/2007), autant les pseudos arguments pour accabler le béarnais remontent tous au siècle dernier! Je passe sur les votes de loi de finance, chacun sait qu’ils servent de marqueur pour distinguer l’opposition et la majorité…
    A moins de penser que notre manière de pensée soit figée définitivement le jour de notre naissance, l’article sur le point de la contradiction est vraiment sans grand intérêt.
    J’imagine que les votes et déclaration de François Bayrou depuis 2007 ne corroborent pas la démonstration puisque complètement passé sous silence par le rédacteur…
    La mauvaise se caractérise aussi par l’omission.

  4. je rappelle que lorsqu’il était Ministre de l’Éducation François BAYROU a lancé une vaste consultation en nommant une commission formée de représentants de la société civile pour faire un diagnostic et esquisser des pistes de réformes : cela pris deux ans et il en sortit un livre dont les propositions au demeurant peu révolutionnaires furent aussitôt enterrées pour ne pas braquer les syndicats hostiles à tout changement par principe.
    J’en ai tiré la conclusion que BAYROU était (comme à dit autrefois un autre Béarnais) un loquace mais pas un efficace. Je ne pense pas qu’il ait changé

  5. Vous oubliez de parler du pire: aujourd’hui dans son programme, il parle de… Plan de production. Oui ! Le ‘sieur Bayrou veut faire de la planification économique à grande échelle, réutilisant sans crainte les vieux mots communistes. Il faut donc s’attendre avec lui à un Etat fourrant son nez partout pour dire aux entreprises quoi faire… Et ne parlons pas du «  »achetez français » qui revient à jeter les avantages de la mondialisation pour ruiner les Français.

    Je me souviens avoir vu en lui une alternative intéressante en 2002, je vois encore en lui cette année la force qui permet de faire sortir le système politique du bipartisme idiot, mais c’est bien le seul intérêt de sa candidature (avec le piquage de voix au PS).

    1. « Si vous ouvrez les yeux sur l’état du pays, et les inquiétudes qu’il engendre, une seule question se pose : les deux partis dominants – PS et UMP — ceux qui ont créé cette crise sont-ils les mieux placés pour la résoudre ? Ils se sont trompés tous les deux, accumulent les privilèges, les affaires, les scandales… Il faut tourner la page, dans le cadre républicain. ». F.Bayrou lors de sa visite à Metz il y à quelques jours.
      On en peut pas être d’accord sur tout avec Bayrou, mais si on cherche au moins une bonne raison pour justifier un vote Bayrou en 2012, celle ci en est déjà une bonne: casser ce faux clivage au travers duquel ces deux partis se cautionnent mutuellement et finalement appliquent la même politique.
      Pour le reste, ne rêvons pas, les Français formaté depuis x générations par une éducation jacobine, ne deviendront pas des libertariens du jour au lendemain. Il faut avancer à petites doses…

    2. A l’époque où le général de Gaulle était au pouvoir, il y avait aussi un plan (incitatif et non impératif), or nul n’a jamais songé à accuser le général de sympathies à l’égard du communisme . Il n’est pas inutile pour un pays d’avoir une stratégie économique et d’encourager les entrepreneurs qui s’inscrivent dans cette stratégie .

      1. Moi je songe sérieusement, chaque jour, à accuser le général de sympathie à l’égard du général. « Encourager » signifie soit des subventionner (ce qui signifie décourager d’autres acteurs) soit des diminutions d’impôts (et donc des hausse ailleurs). C’est exactement la façon dont on créé une bulle spéculative (c.f. l’immobilier ou le solaire en France).

        Un plan incitatif est obligatoirement impératif dans un système rationnel, ou alors il n’est pas assez incitatif (et ne sert donc à rien).

      2. L’époque du Général, c’est aussi:

        - des prélèvements obligatoires d’un niveau tel que De Gaulle passerait aujourd’hui pour le pire des ultra-libéraux (30-35% de mémoire). Et « pire » encore, il considérait qu’au dessus, c’était une catastrophe, que cela devenait confiscatoire…
        - Jacques Rueff, un conseiller économique du général (un « autrichien », si si, au gouvernement Français!), qui s’est toujours opposé aux délires keynésiens, qui donnera le fameux « plan Rueff », qui a permis en 58 à la France de repartir sur de bonnes bases économiques…
        - des budgets à l’équilibre, Bretton Woods…

        Ce serait d’ailleurs sympathique et informatif, un article sur le temps béni des débuts de la 5e République… avec une France bien plus libérale qu’aujourd’hui.

  6. Vous pouvez vous contentez de lire ce qui vous rassure ou vous conforte dans vos idées et vos valeurs , rien ne vous oblige à lire les « bêtises » de ce que vous jugez plus ou moins libéraux et qui soutiennent la candidature de Bayrou (ce terrible bolchevique), nous avons au moins le mérite de pousser les idées libérales, que ce soit au sein du MoDem, du Nouveau Centre, des Radicaux etc …
    Nous aussi parfois nous en avons marre des positionnements trop radicaux , bruyants, caricaturaux et finalement utopiques de certains libéraux qui donnent plus dans le dogmatisme que dans le respect du pluralisme des idées.
    Le libéralisme se passerait bien de tels ambassadeurs qui font plus fuir qu’inviter à l’adhésion au libéralisme.
    On se demande parfois si les soviets ne sont pas logés dans une coquille libérale tant la tolérance de certain est proche de zéro, et même si après ce « grand soir » que vous attendez derrière votre clavier et vos vidéos, vous n’aurez pas le désir d’enfermer les mal-pensants dans des camps de rééducation…

  7. C’est exactement le contraire. Il n’arrête pas de dire que l’état doit arrêter de se mêler de tout.

    Et le « acheter français », c’est choisir à produits et prix comparables ceux dont la part produite en France est la plus forte.

    Tout faux donc. Bayrou a écrit un livre où il précise et développe ses arguments, lisez le plutôt que de recracher une bouillie mal comprise.

    1. Et il n’y a pas d’autre moyen d’avoir ses projets CONCRETS autrement qu’en achetant son bouquin ?
      Son site web est rempli de bonnes intentions, mais ça ne suffit pas. Il n’y a rien, aucune proposition, aucun détail…

      Quant à acheter « à prix comparable », ça me fait sourire. Les prix ne le sont jamais. Et justement, le pouvoir d’achat est fort grâce à ça. Puisqu’on aime comparer avec l’Allemagne, croyez vous qu’ils aient besoin d’encourager les acheteurs à acheter allemand pour les pousser vers BMW ? On achète ce qui est bon marché ou de qualité, pas en forçant les gens avec un nationalisme démodé.

      1. Et bien pour ce qui me concerne ça me va assez bien, en tout cas mieux que le défilé de candidats qui viennent se présenter avec des « propositions » plein les manches et qui, quand ils son élus appliquent la même politique que leur prédécesseurs, dette, impôts taxes etc… Il faudrait sortir des discours clientélistes, aucune promesse n’est aujourd’hui tenable. F.Bayrou ne se présente pas comme l’homme providntiel,mais comme celui qui souhaite briser ce clivage qui coupe notre pays en deux et qui bloque toute volonté de réforme. Pour l’homme providentiel on a déjà donné en 2007 avec le volontarisme étalé de Sarkozy, lui en avait des promesses, des solutions, où sont elles aujourd’hui…
        Pour ce qui est du « acheter français  » il ne s’agit pas d’imposer un mode de consommation, mais de définir un label , or un label reste un label le fait qu’un consommateur soit informé de la provenance d’un produit, comme de sa composition ne me parait pas incompatible avec les valeurs libérales bien au contraire.

        1. Pour le coup, je suis d’accord. La labelisation (si elle est basée sur des règles claires) permet une meilleure information du marché et donc des échanges plus efficaces.

          1. Je ne suis pas contre la labellisation. De toute façon, les producteurs l’utiliseront s’ils en ont envie.

            Mais désolé, quand je vois Bayrou parler de « plan de production » et ensuite ne plus donner aucun détail, ça fait froid dans le dos. Casser les clivages ? Marine Le Pen aussi casse le clivage, ce n’est pas pour autant que ça me donnera envie de voter pour une national-socialiste.

            Pour l’instant, je cherche à définir le candidat le moins dangereux pour l’avenir du pays, afin d’éventuellement voter pour lui, vu qu’aucun libéral ne semble se présenter. Mais il va falloir plus que de bonnes intentions pour convaincre qu’un candidat a des idées intéressantes…

  8. Si ce billet pense promouvoir le libéralisme, en estimant que le dumping fiscal entre Etats européens partageant la même monnaie fait partie du libéralisme… je pense qu’il suscitera bien plus de bayrou-isme que de libéralisme ;-)

    1. Le dumping fiscal, c’est des États qui osent ne pas tous mettre en place l’oppression fiscale de façon globale et unique, sans alternative possible pour le moutontribuable donc ?

    2. Cher Monsieur,
      Le libéralisme est une philosophie du droit construite par des siècles de réflexion des plus grands penseurs.
      Le « bayrou-isme » est une attitude politicienne à visée électoraliste inventée il y a 5 ans.
      Le simple fait de les comparer est un monument d’humour.

  9. Cette manie de s’accrocher à tout ce qui paraît une alternative à M. Sarkozy, que ce soit M. Bayrou, M. Morin… ! Il conviendra de convertir au libéralisme le prochain président socialiste (M. Hollande, M. Sarkozy …ou M. Bayrou).
    « Acheter français » : un peu comme le proposent les magasins U ?
    M. Bayrou était contre la loi HADOPI. Pourriez-vous citer d’autres propositions libérales ?

  10. Les gens se contrefichent de savoir si les candidats sont plus ou moins « libéraux ». Je ne vois pas non plus pourquoi ils s’intéresseraient à ce que pensait ou faisait Bayrou (ou tel autre) entre 90 et 95. Il faut écouter ce qu’il dit aujourd’hui, ce qu’il disait dès 2007, et ce qu’il a écrit l’été dernier sous le titre « 2012. Etat d’urgence ». Il y défend l’idée d’une économie ET d’une société de CREATION, en s’expliquant clairement là-dessus. De quoi satisfaire les libéraux non sectaires et les socialisants non aveugles. Cela doit bien exister, à en croire les sondages. Après, sur le détail de son programme et de celui des autres, wait and see.

    1. Je retournerais bien la question mais ce serait trop facile, il a au moins une chose de plus,qui me parait essentiel, il n’a pas été à la soupe, et n’est pas dépendant de l’appareil UMP. Le NC n’est rien sans l’UMP, les élus NC doivent leur fauteuil au bon vouloir de l’Élysée qui ne manquera pas de tirer la laisse pour les ramener à la niche. En fait ne vois pas ce que cherche H.Morin ni où il veut ne venir avec cette candidature, et ce n’est un label « certifié libéral », fut il tamponner par AL,qui me fera prendre des vessies pour des lanternes.

  11. Il ne suffit pas de s’afficher libéral pour en être un. Le réel candidat qui défendra les libertés à l’avenir n’est pas issu du sérail, et ne sera pas un de ces apparatchiks antédiluviens qui phagocytent le système depuis des lustres. Bayrou ne vaut pas mieux que les autres, il a décelé l’aubaine et s’empresse de combler un créneau laissé vacant pour se positionner politiquement en vue des élections. Bayrou n’est pas l’alter ego de Ron Paul, dont il n’arrive même pas à la cheville. Je ne voterai l’année prochaine ni pour Hollande, ni pour Sarkozy, ni pour Le Pen, ni pour Bayrou. J’ai déjà préparé mon petit bulletin « Bande d’enc…. ».

  12. En attenant, Bayrou c’est l’un des seuls politiques qui a osé cité Frédéric Bastiat dans une interview. Après, il est ambitieux, il veut se faire élire. Il caresse les socialistes ou socialisants (une grande partie de la population française) dans le sens du poil. Je pense qu’il serait un peu meilleur que Sarkozy et Hollande. Mais ce n’est pas ça qui va me convaincre d’aller voter pour lui non plus.

    1. Citer un économiste (libéral sous-entendu évidemment), c’est bien. Appliquer certaines de ses idées, c’est mieux. Manque de bol, Bayrou, au contraire de Reagan, n’a jamais appliqué une seule des recommandations de Bastiat au cours de sa carrière politique.

  13. Bayrou sait parler un français logique.

    J’ai vu le discours de candidature de Morin, franchement on se demande si il l’avait écrit la veille.
    Extraits:
    « si je suis élu President, je serais le candidat de … »
    Soit t’es élu, soit t’es candidat.

    « faire en sorte qu’il y ait enfin une égalité salariale homme-femme, en voilà une idée nouvelle »

    Ouais c’est vraiment une idée incroyable ça…

    Tiens je prends le programme du PS. extrait: « la droite a créé 70 milliards de niches fiscales inutiles, nous en supprimerons 50 milliards. »

    Donc la gauche va laisser 20 milliards de niches fiscales inutiles.

    Franchement, y a un déficit intellectuel dans les discours

  14. Quel texte de Bastiat a-t-il cité ?
    M. Bayrou était contre la loi HADOPI, contre la loi sur la négation des génocides récemment.
    D’autres positions libérales ?

  15. La concurrence fiscale n’a rien d’un « dumping » (qu’est-ce que ça veut dire?) et est un phénomène parfaitement sain, qui pousse les administration à maximiser les services offerts tout en minimisant la charge fiscale. Bref, elle pousse à l’efficacité et permet au citoyen de voter avec ses pieds : j’irai même jusu’à dire que c’est un élément essentiel de la démocratie. Croyez vous que les lander allemands aient la même fiscalité? et les communes françaises?

    1. Ce que vous écrivez là se défendrait si nous vivions et produisions sur des îles ne communiquant pas entre elles (sinon par des déménagements : chaque citoyen choisissant son île avec ses coûts et ses avantages). Mais la zone euro n’a rien à voir avec ça. Le dumping fiscal, c’est la possibilité ouverte à certains — contribuables fortunés, sociétés transnationales— de bénéficier des avantages élevés d’un pays en payant les impôts faibles d’un autre pays. Et si le libéralisme justifie ça, vous trouverez peu d’electeurs prêts a justifier le libéralisme …

      1. Le plus navrant dans le débat politique actuel, ce n’est plus les gauchistes et les pastèques, mais bien les pseudos centristes avides de pousser vers toujours plus de socialisme le sytème déjà le plus socialiste de la planète (hormis un paires d’enfers).

        Alleeuuuh, on aime la libertééé mais laissez nous faire piquer un peu plus à notre prochain via la force publique. Allleuuh, méssants radicaux estrémisss.

      2. Votre dernière affirmation relève du fantasme, les accords internationaux relatifs à l’imposition des citoyens sont bien conçus et le fisc n’en perds pas une miette, rassurez-vous. Et vous ne montrez en rien en quoi mon argumentation serait invalide.

      3. Par ailleurs vous évitez soigneusement de répondre à la dernière question : croyez-vous que les communes françaises aient la même fiscalité? En quoi est-ce gênant?

  16. Un article en mode frappe nucléaire: quel est le but? Il est assez évident que le paysage politique français est à des années-lumière de toute idée libérale.

    Néanmoins, Bayrou reste le moins antilibéral des candidats « sérieux » à la présidentielle, et ça, c’est un exploit, par les temps qui courent.

    1. On le sent bien venir, le Parti Libéral est en passe d’accorder son soutien à Bayrou. Un bis repetita aussi navrant qu’incompréhensible : il est bon que quelqu’un vienne remettre les pendules à l’heure : Bayrou n’a rien, rien d’un libéral même si certaines de ses propositions s’en rapprochent très vaguement.

  17. Je suis d’accord avec certains des commentaires précédents : Bayrou n’est certes pas un candidat libéral au sens propre du terme, mais le moins antilibéral. J’attends son programme avec une certaine impatience (et aussi un peu d’anxiété dans la mesure ou je n’aimerais pas trop voter blanc dès le premier tour). Ceux qui attendent un candidat se réclamant ouvertement de Bastiat sont de doux utopistes. Bref un article démolissant le seul candidat qui ose citer Bastiat au vu de ce qu’il votait dans les années 80 ou 90 ne me semble pas très opportun. Il serait me semble-t-il plus judicieux que les libéraux éparpillés un peu partout le soutiennent ouvertement et participent activement à la renaissance du mouvement libéral en France. Mais je reconnais volontiers que se monter un peu plus libéral que Sarko ou Hollande ne constitue en aucun cas un exploit…

  18. « rien ne vous oblige à lire les « bêtises » de ce[ux] que vous jugez plus ou moins libéraux « . Non bien sûr, personne n’est obligé de lire ni d’écrire quoi que soit.. Si on va par là, vous n’êtes pas obligé non plus de lire les « bêtises » de Contrepoints et d’écrire votre commentaire.

    Puisque vous semblez gratifier M. Bayrou du mérite de faire avancer les idées libérales — avec une modération pragmatique qui, à vous lire, les servirait finalement plus que l’utopie radicale de certains zélateurs — je serais sincèrement intéressé d’en avoir quelques exemples concrets… car je dois admettre que je n’en vois guère, de prime abord ; et que je comprends mal par quelle pirouette vous parvenez à transformer un opposant clairement déclaré du libéralisme (« Le modèle libéral est un modèle matérialiste. […] nous n’acceptons pas ce modèle matérialiste. ») en un quelconque libéral, fût-il le plus pondéré du monde.

    En passant, je me demande aussi quel acte d’intolérance (à part celui d’expliciter leur désaccord avec les idées de M. Bayrou) ont commis les libéraux de ce site pour que vous leur prêtiez des velléités totalitaires si contraires à l’essence même de leur conviction.

    1. On peut effectivement, surtout sur ce site, reprocher à un candidat de ne pas être suffisamment libéral, mais quel qu’il soit le sera-t-il assez pour satisfaire la sphère libérale qui elle même est divisée sur bien des points (Revenu universel, fédéralisme etc…);même A.Madelin ne satisfaisait pas 100% les libéraux.
      Et puis tout est relatif, en allant tracter sur les marchés on entend les uns dire que F.Bayrou est un « sociale-démocrate » et les autres que c’est un « ultra libéral », pas évident de sortir des clivages…
      Maintenant libre à vous d’attendre qu’un candidat type Ron Paul ou je ne sais quoi surgisse en France, mais il faudra être patient, et même très patient, car l’esprit de nos concitoyens est tellement modelé et gavé par l’état qu’il est dans l’incapacité d’y voir une alternative possible. Croyez vous sincèrement que les Français aient envie d’un système aussi responsabilisant que le système libéral, je crains que les mentalité ne soient pas encore prêtes, même si la dette et le déficit commence à éclairer les esprits il y encore un long sevrage en perspective.
      Alors faute de candidat libéral ( pur jus ?), je me contenterais d’un candidat qui saura rester un simple facilitateur , qui saura veiller à ce que la bienveillance de l’état se limite à entraver le moins possible l’action individuelle, et que la puissance publique soit au service de la création de richesses, et non l’inverse, c’est peut être un trop petit pas pour les libéraux zélés, mais ce sera déjà un grand pas pour les Français.
      Je vous invite à lire cet article de F.Bayrou paru dans la revue Commentaire en 2007 ( après les présidentielles).
      http://sylvaincanet.typepad.fr/commentairenBayrou.pdf

      1. Merci pour l’article. A le parcourir, il semble en tout cas d’un meilleur niveau que celui que nous offrent les débats télévisés et les discours de campagne ; je le lirai dès que j’en aurai le temps. Il n’est pas question de considérer le libéralisme comme une entité monolithique : beaucoup de choses séparent Alain Madelin de Ron Paul, et il est évident que ce dernier ne pourrait exister dans le monde politique français. Cependant, on ne peut faire l’impasse sur quelques points conditionnels fondamentaux sans lesquels le terme perd tout son sens. Avant toute autre considération, le plus essentiel n’est-il pas tout simplement de se dire libéral ? Comment un homme pourrait-il défendre, d’une quelconque manière et à un quelconque degré, une pensée dont il récuse ouvertement jusqu’au nom ? Comme Chirac ou d’autres, M. Bayrou, qui, je pense, connaît le sens des mots, n’a pas dit rejeter tel courant ou telle chapelle du libéralisme, mais bien le libéralisme tout court. Partant, je vois mal comment un libéral pourrait voter pour lui sans tourner le dos à ses idées. Après, on peut évidemment en appeler à la logique du moindre mal (et je pèse mes mots), qui pose d’autres questions : est-il vraiment le moindre mal (d’un point de vue libéral, bien sûr) ? Si oui, faut-il voter pour un moindre-mal ? C’est un autre débat…

  19. D’accord avec vous à 99 % : si vraiment Bayrou a « dit et fait tout cela », à l’évidence il « ne mérite pas le qualificatif de libéral » !

    Alors c’est quoi mon « 1 % de désaccord » restant ? C’est « cette affirmation » selon laquelle les jeunes soit-disant « perdraient six mois de leur vie dans des actions diverses » au Service Civil : là quand même, vous y allez un peu fort !!…..Ces fameux « actions » sont très souvent « de l’aide aux plus démunis » (il y a certes aussi des projets culturels mais il est prouvé que beaucoup de jeunes voire la plupart choisissent le « social » !), souvent d’ailleurs dans des pays étrangers non-occidentaux (par conséquent « ceux qui ont le plus besoin de ces secours !) », et celle-ci n’étant « pas exercée par des fonctionnaires » (mais précisément par de jeunes « volontaires »), quel est donc l’argument « libéral » à y opposer, s’il vous plaît ? Je suis donc surprise de votre « si peu de respect » manifesté à l’égard de ces actions connues sous le terme de « volontariat », elles en mériteraient davantage ! Or c’était bien « celles-ci » qu’il était question de « rendre obligatoires », et là par contre je suis bien « opposée à toute contrainte », d’accord ! Mais pas pour qualifier ces actions de « perte de temps » !!

    1. « perdraient six mois de leur vie dans des actions diverses »

      Avez vous fait l’armée ?

      Le volontariat ou non aux frais des contribuables, ce n’est pas du tout glorieux.

  20. Après tous les débats, ou avant, on voit surtout que Bayrou est un homme propre, qui parle clairement et qui a vu clair avant beaucoup d’autres. Le soin avec lequel certains veulent lui trouver des poux dans la tête est plaisant. Aucun électeur ne peut avoir son candidat sur mesure, ce sera toujours de la confection. Certains vêtements de confection vont néanmoins très bien, et Bayrou ira à de très nombreux Français. Le simple renvoi de Pinocchio renouvellera l’air en France et en Europe.

    1. à propos du « achetez français », je lisais les propos de F. Philippot, le nouveau spin Doctor de M. Le Pen, qui s’indignait que certains véhicules achetés par le gouvernement français ne soient pas issus d’une marque nationale… alors que Renault a une partie de sa production en Turquie ou ailleurs, les matières premières, la conception, l’assemblage etc.. sont divisés internationalement. Ce concept « achetez français » n’a guère de sens.

      1. Disons qu’ « acheter français » n’est pas en soi une mauvaise idée, bien au contraire, mais « acheter français à tout prix » n’a en effet aucun sens.

        Concernant les phénomènes de délocalisation, usuellement attribués par nos chers médias à ces salauds de libéraux, Renault, entreprise pourtant bien étatisée, n’échappe évidemment pas à la règle…

        Quant à Bayrou, il est autant libéral que Mélenchon, mais il essaie (vainement) de ratisser « large » par pure ambition personnelle.

  21. Bayrou n’est pas libéral, c’est entendu, mais il peut peut-être préparer – involontairement peut-être – le terrain au libéralisme car je crois que son projet de 6ème république implique l’introduction d’une proportionnelle intégrale, ce qui favoriserait l’expression des petits partis. En outre, si on veut être réaliste : 4 candidats seulement ont des chances d’être présents au second tour : Sarkozy, Hollande, Le Pen, Bayrou. Il convient donc d’essayer de favoriser le moins pire, pour contribuer à faire progresser les idées libérales, ne serait-ce que d’un epsilon. Bayrou m’a l’air d’être le moins pire, peut-être de peu. Face aux étatistes forcenés que sont les 3 autres, ce n’est pas bien difficile.