François Bayrou libéral?

Comment séparer la réalité de l'action du candidat béarnais de son discours de facade.

L’auteur du site « Le libéralisme expliqué » synthétise les exploits passés du député et ministre Bayrou en termes de libéralisme. Ou comment séparer la réalité de l’action du candidat béarnais de son discours de facade.

« Le modèle libéral est un modèle matérialiste. C’est un modèle qui accepte et même qui recherche et qui justifie la marchandisation de la vie humaine, de la conception jusqu’à la mort. […] Pour nous, pour la France et pour l’Europe, nous n’acceptons pas ce modèle matérialiste. » François Bayrou, 2 Septembre 2001

  • François Bayrou est favorable à la Taxe Tobin, reprenant ainsi la principale proposition de l’organisation néo-marxiste ATTAC. Il s’en vante même : « J’ai proposé une taxe Tobin sociale, et j’étais tout seul à le faire ».
  •  Il est un farouche partisan du Pacte écologique de Mr Hulot et de son cortège de taxes en tout genres dont  « une taxe carbone établie de façon progressive sur dix à quinze ans », mesure propre à entrainer « un doublement des prix des carburants d’ici à 2050 » selon Le Monde. Même le très démagogique et très inutile poste de Vice-Premier ministre de l’Environnement trouve grâce à ses yeux : « J’approuve son idée de création d’un poste de vice-premier ministre ».
  • Cleptocrate revendiqué, Bayrou propose en outre une « hausse de la contribution sociale généralisée (CSG) » et une « TVA sociale », mesure qualifiée d’ « alchimie» par Alain Madelin qui voit là l’utilisation de la TVA comme un droit de douane qui sera payé au final par le consommateur.
  • François Bayrou est opposé à l’ouverture des magasins le Dimanche pour des raisons idéologiques de lutte contre « la consommation et l’argent »
  • Bayrou a une vision sécuritaire de l’immigration : opposé à la libre-circulation des personnes, il est partisan des reconduites à la frontière : « Si un immigré n’est pas admis, il doit être reconduit, reconduit le plus vite possible »
  • Il est favorable à un service civique obligatoire (ou plutôt contraint) visant à forcer les jeunes à perdre six mois de leur vie dans des actions diverses…
  • François Bayrou n’échappe pas à l’obsession altermondialiste de contrôler l’échange et le commerce. Il souhaite s’intéresser « aux régulations, aux précautions à prendre, devant les évolutions débridées, inquiétantes pour beaucoup, du capitalisme financier » sans toutefois préciser de quelles évolutions débridées il s’agit : la baisse du pourcentage d’êtres humains sous le seuil de pauvreté de 38% en 1970 à 19% en 2000 ou la baisse du chômage dans les pays de l’OCDE de 8,2% en 1984 à 5,8% en 2007 ? Mystère.
  • Le protectionnisme fait aussi partie de son vocabulaire : il souhaite permettre à la France de « sauver son agriculture, son tissu agricole […] par les protections nécessaires ».
  • Bayrou est opposé à la concurrence fiscale entre pays européens. Son objectif est au contraire  de « pousser à l’harmonisation des politiques fiscales, empêcher la course au moins-disant fiscal » dans le but d’aboutir à un très inquiétant « impôt européen ».
  • Les quelques propositions libérales qu’il fait sont bien peu crédibles. Laproposition de François Bayrou d’ « inscrire dans la Constitution l’interdiction pour un gouvernement de présenter un budget en déficit de fonctionnement » peut paraître séduisante pour les libéraux. Sauf qu’une telle proposition de loi a déjà été déposée par Michel Hunaut, Député de Loire-Atlantique le 1er août 2005. Cette proposition proposait d’inscrire dans la loi l’obligation d’atteindre un équilibre budgétaire qui constituerait « un équilibre strict des ressources et des charges budgétaires définitives, hors charges d’investissement ». Mais cette loi a été refusée et François Bayrou ne l’a pas votée !
  • Le 3 avril 2007, il se déclare « plus à gauche » que les socialistes. Il a déclaré : «c’est le parti qui a fait de fait le plus de privatisations, qui a laissé déraper le déficit et la dette, qui a laissé partir les services publics, qui a donné un mandat de gestion à Lagardère chez Airbus et qui a conduit à la situation où nous sommes ». « J’étais tout seul pour défendre à l’Assemblée l’ASS (allocation spécifique de solidarité) et pour lutter contre la privatisation des autoroutes », a-t-il insisté, rappelant avoir voté la motion de censure déposée par le PS en 2006.
  • François Bayrou se pose aujourd’hui en héraut de la lutte contre la dette et les dépenses publiques et il ne se dérange pas de nous dire « Je vous l’avait bien dit ! ». Un petit retour sur son action de député et de ministre en la matière s’impose, à l’issue duquel chacun sera libre de juger si il mérite de devenir le prochain Président ou si il se moque ouvertement du monde avec un culot incroyable.

François Bayrou a voté :

  • POUR le budget de 1987 en déficit de 24 milliards d’euros
  • POUR le budget de 1988 en déficit de 19 milliards d’euros
  • POUR le budget de 2003 en déficit de 65 milliards d’euros
  • POUR le budget de 2004 en déficit de 60 milliards d’euros

Il a été l’un des plus importants ministres du gouvernement qui a construit et soutenu :

  • le budget de 1994 en déficit de 60 milliards d’euros
  • le budget de 1995 en déficit de 65 milliards d’euros
  • le budget de 1996 en déficit de 50 milliards d’euros
  • le budget de 1997 en déficit de 40 milliards d’euros

(francs convertis et réajustés)

Il est à noter que le Ministère dont il est en charge de 1993 à 1997 voit ses dépenses exploser sous l’ère Bayrou :

  • 1994 : 292 milliards de francs (+3,7%)
  • 1995 : 304 milliards de francs (+3,9%)
  • 1996 : 318 milliards de francs (+4,4%)
  • 1997 : 324 milliards de francs (+1,9%)

François Bayrou est d’ailleurs à l’époque l’un des plus mauvais élèves des gouvernements auxquels il appartient. Encore plus que ses collègues ministres, le ministre Bayrou se fout du déficit et de l’endettement comme de l’an 40 :

En tant que député, outre le fait d’avoir voté et soutenu un grand nombre de budgets en déficit, il a refusé de voter plusieurs lois visant à réduire l’endettement et les déficits :