Qui a volé Noël?

Qui dit État-providence dit nécessairement limitation des libertés individuelles, y compris de la liberté de religion

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Qui a volé Noël?

Publié le 23 décembre 2011
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Qui dit État-providence dit nécessairement limitation des libertés individuelles, y compris de la liberté de religion, et avec elle la fin des traditions.

Par Nathalie Elgrably-Lévy, depuis, Montréal, Québec

J’ignore s’il s’agit du fruit de mon imagination, mais j’ai l’impression que la traditionnelle atmosphère des fêtes disparaît progressivement. J’ai la nostalgie du « bon vieux temps » où l’hyper-décoration et l’omniprésence des chants festifs égayaient les commerces, les restaurants et les rues.

Qui donc a volé Noël? Certains incriminent le multiculturalisme, car à force de vouloir ménager les susceptibilités de l’autre, on en viendrait à s’oublier soi-même. C’est possible, mais cette explication est insuffisante.

Il suffit de consulter n’importe quel livre d’histoire pour noter que le rejet de la religion n’est pas un phénomène récent. Il remonte à la Révolution tranquille et à la naissance du « modèle québécois » fondé sur l’intervention de l’État. L’ascension de l’État-providence et la chute de l’Église se sont produites simultanément. Simple coïncidence?

L’État-providence peut prendre plusieurs formes qui vont des plus autoritaires, comme le communisme et le socialisme, au plus « soft » comme la social-démocratie. Or, la logique collectiviste bannit la religion. Karl Marx disait d’ailleurs: « Le communisme commence là où l’athéisme commence ». Quant à Lénine, sa lutte antireligieuse est notoire. Dans les républiques soviétiques et dans les pays communistes, les hommes en soutane étaient persécutés et emprisonnés, l’enseignement de la religion était interdit, et les fidèles pratiquaient leur culte clandestinement. Pas plus tard que lundi, le gouvernement chinois a réitéré la nécessité d’être athée pour adhérer au Parti communiste.

Cette haine envers la religion n’est pas surprenante. Dans la pensée collectiviste, l’État est une entité supérieure, omnisciente et omnipotente, une sorte de déité. Dans ce type de régime, mais aussi de plus en plus au Québec, ce sont des fonctionnaires qui décident d’une multitude d’aspects du quotidien et qui tentent d’influencer nos décisions. Quel moyen de transport emprunter, quel véhicule conduire, quels pneus installer, quoi manger, combien d’enfants avoir, dans quelle école les inscrire et quoi leur enseigner, quels produits acheter, quelle musique écouter, etc. : ils veulent tout contrôler!

Autrefois, les hommes de foi dictaient les comportements au nom du salut de l’âme. Aujourd’hui, les hommes d’État veulent imposer un mode de vie au nom du bien commun et du progrès. Tant que la religion est présente, les directives de l’État passent après celles de Dieu. L’idéologie collectiviste, sous toutes ses formes, est donc incompatible avec sa grande rivale, la religion. L’athéisme devient alors nécessaire à sa survie.

Comprenons-nous bien : imposer une foi est tout aussi condamnable que de forcer l’athéisme. Dans une société réellement libre, croyants et athées peuvent vivre selon leurs convictions, car personne ne peut imposer à l’autre sa vision du monde. Mais qui dit collectivisme et État-providence dit nécessairement limitation des libertés individuelles, y compris de la liberté de religion.

Alors, si comme moi vous vous interrogez sur l’effritement de l’ambiance de Noël, dites-vous bien que notre État-nounou y est pour quelque chose. La Révolution tranquille a déclaré la guerre à la religion. Aujourd’hui, nos élus s’attaquent également aux traditions. Quel héritage le Québec laissera-t-il donc à la prochaine génération?

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  • Article ridiculement infantilisant. On a pas besoin de l’Etat pour mépriser la religion. Quand à cet mythe grotesque de « la magie de Noel », ca a toujours été un slogan pour vendre de mauvais téléfilms et des émissions de télé déprimantes quand on pense à ceux qui les regardent tout seuls pour occuper leur réveillon. D’ailleurs du point de vue de la véritable tradition religieuse, Pâques est une fête plus importante que Noël.

  • C’est vrai ça, j’ai un ami raëlien qui lui aussi subit des pressions, il me dit souvent que c’est injuste qu’on le juge sur sa religion, je comprends qu’il soit parfois outré.

  • J’ai été le plus heureux des hommes (ou plutôt des enfants) tant que j’ai cru au Père Noël. Penser qu’il puisse y avoir du merveilleux, du miraculeux, du magique dans la vie, même des plus démunis (auxquels j’appartenais) c’était réconfortant. Oh j’entends de là vos réactions : il faut se réveiller, regarder la dure réalité en face, etc. N’empêche qu’il faut aussi savoir rêver, ça aide à vivre. Oui, on nous a volé le rêve de Noël et plein d’autres choses avec. Nous vivons dans un monde sans illusion, nos seuls rêves devraient être de gagner plus pour consommer plus. Non merci, pas pour moi.

  • Voilà une fine, pertinente et fort intéressante analyse sur un sujet lié aux rapports entre religion et liberté: bienvenue car trop rare sur Contrepoints.

    Peut-être juste une affirmation avec laquelle j’ai un peu de difficulté: “Or, la logique collectiviste bannit la religion.”

    En effet, voyons l’Islam: par l’application du Coran qui ne fait pas la distinction entre Dieu et César, immense différence d’avec la Chrétienté, la religion est utilisée comme alibi pour mieux imposer la logique collectiviste laquelle est constitutive de l’entité supérieure, omnisciente, et omnipotente qu’est l’Etat quand Dieu et César sont un. Abominable régime totalitaire qui ne veux pas dire son nom.

  • Je ne sais pas ce qui se passe au Québec, mais en Belgique j’ai écrit ceci qui est plus optimiste:

    Noël, j’adore !

    Ca y est, les anges dan..ans nos campagnes ont repris leurs cantiques et de partout renaît, comme chaque année, une féerie douce : Noël est proche.
    Malgré la froidure, la pluie glaciale et les vents qui transpercent, malgré l’obscurité qui revient dès 16 h, et peut-être grâce à cela, se répand dans les rues comme dans les cœurs un besoin de chaleur, de couleurs et de fête. Les façades s’illuminent, les commerces rutilent, les chants traditionnels tombent des haut-parleurs, les rues se font gourmandes, brillantes, chatoyantes. Et tout ça ne va faire que s’accroître et culminer dans toutes les églises et dans tous les foyers durant la sainte nuit.
    J’entends déjà les esprits chagrins dénoncer une gigantesque opération « marketing » et surtout les esprits forts accuser Rome de récupération pour avoir repris frauduleusement à son compte le besoin tout païen de faire la fête et d’allumer feux et lampions au solstice d’hiver, au moment le plus sombre de l’année, lorsque nos organismes sont en manque de lumière. En réalité disent-ils, péremptoires, tout cela n’est qu’une question biologique.
    Biologique ? Mais je suis parfaitement d’accord avec eux.
    Rien n’est plus biologique que Noël. Biologique, du grec « bio », la vie, et « logos », le discours. La « bio-logie », dans son sens premier, c’est bien la « parole sur la vie ». Quoi de plus biologique dès lors que le mot rédempteur de « Noël » ? Noël qui vient du latin « nativitas », la naissance. Ce n’est quand-même pas parce qu’ici la naissance est divine qu’elle est moins biologique pour autant. Au contraire elle est, dans sa simplicité sublime, le sommet du logos de la vie : la naissance du Verbe de vie. Remercions les scientistes qui nous le rappellent, peut être involontairement, mais qui ne croient pas (!) si bien dire. Ce qu’ils lancent comme un reproche assassin pour l’Eglise, est finalement d’une théologie fort pointue. Bravo et merci à eux !
    Mais ce qui anime l’époque de Noël, ce n’est pas que la recherche de lumière, c’est surtout, je pense, cette chaleur qui sent bon le miracle à portée de main. Les petits miracles de tous ces gens qui, durant quelques heures, ne cherchent plus qu’à trouver le cadeau qui plaira, la décoration qui conviendra.
    Et tout ce barnum ne vous semble pas trop commercial ?
    Et pourquoi le commerce serait-il une tache ? N’oubliez pas qu’il est, historiquement, le seul vrai ciment de la paix entre les hommes. Pourquoi voudriez vous qu’il ne participe pas à la fête de la paix par excellence ? Ce n’est quand-même pas le marketing qui crée la fête, au contraire c’est de la fête que profite le commerce qui participe ainsi au miracle, et c’est très bien ainsi.
    Le miracle ? Mais quel miracle à la fin ?
    Le miracle de tous ces gens qui, entre cantique et buche, entre « gloire aux cieux et paix sur la terre », envers et contre tout le matérialisme qui étouffe nos vies, l’espace d’un instant au moins durant la nuit de l’Enfant Dieu, reprennent conscience qu’ils peuvent être des « hommes de bonne volonté ».
    Joyeuse et donc sainte fête à tous !

    Pascal de Roubaix.

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