Rule Britannia!

David Cameron a fait front en refusant l’accord européen censé lutter contre la crise de la dette

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Rule Britannia!

Publié le 11 décembre 2011
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David Cameron a fait front en refusant l’accord européen censé lutter contre la crise de la dette.

Par Philippe S. Robert

Sans le moindre doute, l’empêcheur de tourner en rond dans l’UE est bien ce David Cameron de malheur qui refuse, au nom de l’inaliénable indépendance de la Grande-Bretagne, de participer à la régression annoncée de l’Europe continentale!

Les raisons profondes qui poussent les Britanniques à faire ainsi preuve de tant de prudence, ou de défiance comme on voudra, sont facilement compréhensibles dès lors que nous nous trouvons en présence de deux visions antagonistes et quasiment inconciliables.

« Il est excessif de dire que les Britanniques sont anti-européens, simplement ceux-ci ne considèrent pas l’UE comme devant être un espace supranational remplaçant l’autorité de chaque pays membre. » [1] Sans doute, mais c’est pourtant ce vers quoi tend inéluctablement l’UE…

En effet, et l’on serait même tenté de dire « par nature », les Anglo-Saxons ont une notion de la liberté que les autres peuples ne possèdent pas forcément au même degré d’acuité hormis, peut-être, les pays de l’Europe centrale et orientale récemment libérés du joug soviétique.

C’est, à mon sens, ce qui explique que la Grande-Bretagne ne puisse pas concevoir l’espace européen autrement que comme une vaste zone de libre-échange gérée horizontalement par les États membres alors libres de coopérer entre eux dans l’intérêt de tous.

Or, ce qui émerge aujourd’hui de l’Europe soumise aux pires convulsions n’est autre, de toute évidence, qu’une duplication à l’identique de l’État centralisé à la française dont nul, à l’aube du 21ème siècle, ne peut plus sérieusement ignorer qu’il a fait son temps sans aucun espoir de retour.

Par conséquent, au niveau de l’Union européenne, l’avenir dira si l’édification à marche forcée d’un Léviathan gavé au super carburant politique est vraiment capable de susciter l’Europe puissance tant souhaitée par le Prince. Je n’y crois pas mais ce sera certainement au prix fort.

Car on ne me fera jamais croire qu’une telle ambition, matérialisée par l’agrégation au forceps de 28 États membres et plus encore, y compris la Turquie, puisse jamais trouver la moindre justification morale et politique en s’inscrivant en faux contre toute expérience historique !

Or l’histoire la plus récente du continent européen géographiquement élargi à la Russie n’est pas avare d’empires (l’ex-URSS) ou de fédérations (l’ex-Yougoslavie) constitués et maintenus artificiellement qui, finalement, ont littéralement éclaté au moindre signe de relâchement…

Ainsi, la faute contre l’humanité commise par tous ceux qui croient pouvoir impunément défier, sous l’empire létal de la « présomption fatale », l’ordre naturel des êtres et des choses, se trouve à plus ou moins long terme sanctionnée par le simple fait que la mémoire des peuples ne s’éteint jamais.

En conclusion, je pense donc sincèrement que David Cameron a eu politiquement raison de prendre ses distances avec l’UE continentale régie sans partage par l’attelage franco-allemand : l’intérêt supérieur de la nation exigeait que la Grande-Bretagne fût préservée de toute atteinte corruptrice.

—-
[1] « La Grande-Bretagne et l’Europe, des relations compliquées » voir à l’adresse suivante.

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