RATP : la vie duraille des syndicalistes

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Un scandale éclate qui mouille les syndicats. Trois députés seulement répondent présent.

RATP : la vie duraille des syndicalistes

Il y avait longtemps que je n’avais plus parlé des syndicats. Il faut dire que nous ne sommes pas en période de gréviculture intensive, encore que le mois de Décembre soit régulièrement propice à quelques débrayages intempestifs. Heureusement, les fiers protecteurs de la veuve encartée et de l’orphelin politisé se rappellent à nous grâce à leur talent naturel en comptabilité créative et leur esprit décidément super-festif.

Et pour cette fois-ci, nous nous occuperons de l’un des bastions les plus solidement défendus du Syndicalisme À La Française : le transport ferroviaire, avec en tête de liste la RATP. En effet, les imprimeries et l’édition en général, avec le Syndicat CGT du Livre (dont les comportements amusants et espiègles sont régulièrement relatés ici ou ), et le transport avec la RATP offrent ce genre de poches de résistance au réel parfaitement hermétiques qui permet la survie de ces bactéries anaérobies alors que le milieu normal ne le permet normalement pas.

Depuis quelques mois, on sent cependant que s’ouvre lentement le couvercle de la boîte de Petri dans lequel s’ébattaient joyeusement la flore bigarrée des syndicalistes en culture. Et ce que l’interstice ainsi ménagé permet de voir n’est pas très joli joli.

Bactéries de Syndicalus Profitans

On se souvient que le mois de novembre avait vu l’éclatement d’un scandale sexuel particulièrement gratiné dans lequel un de ces syndicalistes, en position de force dans l’entreprise, exerçait un droit de cuissage ou faisait pratiquer des activités sexuelles tarifées qui ont fini par agacer l’un ou l’autre collègue, au point qu’un vilain délateur se soit fendu d’une lettre ébouriffante à la police.

Brebis galeuse, évidemment, d’un cheptel normalement sain et intègre, m’expliquera-t-on, la main sur le cœur, en protection du portefeuille. Mmmh. Moui peut-être…

Sauf que depuis ce premier soubresaut à la direction de la RATP, les choses s’accélèrent.

On découvre en effet, assez stupéfait, qu’un récent rapport de la Cour des Comptes accuse de façon claire le Comité d’Entreprise de cette magnifique société (publique, dois-je le rappeler) d’à peu près toutes les malversations comptables et financières possibles. Et les termes choisis par la Cour pour cadrer l’affaire sont pour une fois sans la moindre langue de bois ou arrondi diplomatique :

« Les dérives constatées laissent à penser qu’ils ne sont la conséquence ni de hasards malheureux ni de défaillances humaines. C’est un système de fuite des fonds confiés au comité d’entreprise qui apparaît. »

En clair : le Comité d’Entreprise de la RATP détourne des fonds tant qu’il peut. Et par qui est noyauté ce Comité ?

Surprise : par la CGT.

Et où vont les fonds ?

Dans des fêtes somptueuses aux factures troubles pour des montants ahurissants, auxquels certains privilégiés ont accès. Eh oui : l’égalitarisme, à la CGT, c’est une notion très particulière qui ressemble comme deux gouttes d’eau à du copinage, de la bonne magouille mafieuse et du détournement de fonds massif des poches des salariés et de l’entreprise (et donc, de ses clients, hein) vers celles, manifestement d’un fort beau gabarit, de certains syndicalistes pour lesquels le mot scrupule n’a jamais rien voulu dire.

On se rassure à peine en apprenant que la police financière, habilement rencardée par la Cour des Comptes, est déjà au travail pour ratisser tout le merdier putride que l’organisation syndicale a mis en place pour se financer au frais des usagers des transports en commun parisien. En effet, on peut toujours naïvement penser qu’une telle affaire finira par aboutir… Mais ce serait oublier la force d’inertie incroyable (et qui justifie à elle seule l’emploi raisonné du mot mafieux, un peu plus haut) de l’ensemble de la classe politique qui fait actuellement absolument tout pour camoufler l’affaire.

Car cette affaire n’est finalement qu’un cas d’application particulier de ce qui avait été noté dans un rapport parlementaire d’un certain Nicolas Perruchot, rapidement évoqué dans les colonnes du Figaro il y a quelques jours seulement.

Voilà un rapport fort intéressant qui met enfin noir sur blanc ce dont tout le monde se doutait : toutes les grosses entreprises publiques — ou partiellement privatisées — dans lesquelles l’Etat a son mot à dire, et qui disposent d’un gros Comité d’Entreprise joufflu, sont en réalité les bailleurs quasi-inépuisables des principaux syndicats français.

Et ce rapport, vous voudriez bien le lire, hein, mes gaillards ?

Eh bien ce ne sera pas possible.

Comme l’explique fort bien cet article de Contrepoints, dans un élan de courage qui caractérise les cancrelats politocards qui nous enfument plus qu’ils ne nous gouvernent, le ramassis minables de députés UMP a laissé le pauvre Perruchot se débrouiller face aux bandes de branleurs parasites de députés socialistes qui ont bien évidemment voté contre son rapport ce qui oblige l’enquêteur … à faire disparaître le rapport.

L’ensemble est assez bien résumé dans la petite vidéo suivante. Cela dure presque sept minutes et c’est parfaitement édifiant :

Oui.

Vous avez bien lu, bien vu, bien entendu : mis à part Arnaud Richard (UMP) et Francis Vercamer (Nouveau Centre), qui ont apparemment trouvé le minimum de courage nécessaire pour soutenir Perruchot, pas un seul autre député, aucun des cancrelats socialistes de droite, aucune des minables sangsues socialistes de gauche n’a voulu savoir ce que contenait ce rapport.

Ce ne serait « pas le bon moment » , semble-t-il.

On parle de milliards d’euros détournés, qui iront servir à ces syndicats pour venir vous bloquer dans vos déplacements pendant vos vacances, vous couper votre courant, votre eau, votre essence ou que sais-je encore. On parle de milliards détournés qui alimenteront les gaspillages les plus honteux. On parle de milliards détournés qui servent, ni plus ni moins, qu’à scléroser la société française dans un immobilisme qui, au final, tue le pays.

Mais trois personnes sur toute l’Assemblée Nationale se sont montrées à la hauteur minimale qui consistait simplement à poser la question de savoir si tout cela était bien légal.

TROIS.

Décidément, en mai 2012, avant d’aller voter pour ces parasites, réfléchissez.
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