Le modèle québecois remis en question

Partager sur:
Sauvegarder cet article
Aimer cet article 0
Québec

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

Le modèle québecois remis en question

Publié le 20 novembre 2011
- A +

Deux publications questionnent le « modèle québécois ». N’est-il pas temps pour les Québécois de dessaisir l’État de son rôle de protecteur et de réapprendre à assumer leurs responsabilités individuelles?

Par Nathalie Elgrably-Lévy, depuis Montréal, Québec

Le hasard fait souvent bien les choses. À quelques semaines d’intervalle, deux publications sont venues enrichir notre réflexion sur le modèle québécois et alimenter le débat : il s’agit de De quoi le Québec a-t-il besoin?, un recueil d’entrevues sous la direction de Jean Barbe, Marie-France Bazzo et Vincent Marissal, et de l’essai de Joanne Marcotte intitulé Pour en finir avec le Gouvernemaman.

Le recueil d’entrevues présente un double mérite : non seulement il pose une excellente question, mais le simple fait de formuler pareille question sous-entend que le modèle québécois actuel présente des lacunes. Admettre spontanément que notre système présente des carences constitue déjà en soi un progrès notable.

Si le concept du recueil est intéressant, la qualité du contenu est en revanche très inégale. Certaines personnes interrogées ont simplement partagé leurs états d’âme. Pour elles, le Québec a besoin de magie, de chaos, d’amour, de silence et de poésie. Freud aurait probablement affirmé qu’elles projettent sur la société québécoise leurs propres désirs inassouvis, mais qu’importe, leur contribution est divertissante. Fort heureusement, les pelleteurs de nuages n’ont pas eu le monopole de la parole et quelques interviewés avaient des suggestions plus pragmatiques. Ils ont notamment souligné que le Québec a besoin de réflexion, de rigueur intellectuelle et d’une révolution utile.

Une réflexion poussée et documentée, une introspection et une auto-critique constructive, voilà précisément ce qu’offre l’essai de Joanne Marcotte. Cinq ans après avoir secoué le Québec avec L’Illusion tranquille, elle récidive. Fidèle à elle-même, l’auteure ne fait pas dans la dentelle. Elle dénonce vigoureusement l’État nounou québécois qui nous infantilise chaque jour un peu plus, le populisme de gauche qui nous manipule ainsi que l’omniprésence de la rectitude politique qui aseptise les discours. Elle fait le procès des tabous et des vaches sacrées qui freinent le progrès et s’attaque sans détour à l’effet paralysant de l’hyperbureaucratisation de l’État québécois, à la suprématie des technocrates, au pouvoir syndical et à la culture du no-fault.

Et même si le trio Barbe-Bazzo-Marissal n’a pas posé sa fameuse question à Joanne Marcotte, cette dernière se prononce néanmoins clairement sur ce dont notre Belle province a besoin. Pour elle, nous devons impérativement dessaisir l’État de son rôle de protecteur et réapprendre à assumer nos responsabilités individuelles, nous devons mettre un terme à notre dépendance économique et sociale et nous réapproprier notre libre arbitre.

Chacun est libre de partager ou non les idéaux de liberté et de responsabilité individuelles que Mme Marcotte chérit. Par contre, il ne faut pas voir son essai comme un simple exercice de style, mais comme le premier jalon d’une réflexion que chaque Québécois a le devoir d’entreprendre.

L’échec de l’élite politique actuelle est révélé par la multiplication des partis politiques et nous devrons bientôt choisir qui méritera notre vote. Il est donc plus pertinent que jamais de définir ce dont le Québec a besoin et de s’interroger sur le rôle que l’État devrait jouer dans notre économie. Notre avenir en dépend!

—-
Sur le web

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

Contrepoints : Le Québec semble être la région d'Amérique du Nord la plus dure sur le plan des restrictions covid, mais aussi sur le plan des taxes et des impôts. Pourquoi cette situation ?

Jérôme Blanchet-Gravel : Le Premier ministre québécois, François Legault, s’est lui-même vanté d’imposer les mesures sanitaires les plus sévères en Amérique du Nord, comme s’il s’agissait d’un noble exploit. Voilà de quoi donner le ton à l’esprit autoritaire qui caractérise le Québec actuel. Le 31 décembre dernier, le Québec fut le seul État sur 92 ... Poursuivre la lecture

L’article est disponible en podcast ici.

Après avoir fait le tour d’horizon du cloud français, place à la cryptosphère française !

Les acteurs français

La France à très vite été un haut lieu de la crypto, aussi bien pour ses innovations, ses entreprises ou sa recherche.

On peut commencer par la licorne française de la crypto : Ledger. Créée en 2014, l’entreprise commercialise des porte-monnaies électroniques pour cryptomonnaie. Ses produits sont réputés pour leur sécurité et sont rapidement devenus leader du secteur.

... Poursuivre la lecture

Par Adrien Hall.

« L’enfer est pavé de bonnes intentions ».

Voilà bien une maxime que Mathieu Laine aurait pu faire sienne. Début 2021, l’essayiste publiait en effet un livre intitulé Infantilisation : cet État nounou qui vous veut du bien, dans lequel il s’inquiétait du poison lent que représente l’infantilisation croissante des citoyens par un État maternant, soucieux d’assurer notre bonheur et de nous protéger.

Nous sortions alors d’une période ubuesque, pendant laquelle le gouvernement avait été jusqu’à nous signifie... Poursuivre la lecture

Voir plus d'articles