Une Union Sacrée anti-dette pourrait sauver le « triple A » de la France

Que doit faire Nicolas Sarkozy s’il veut que la France conserve son triple A?

Ce que doit faire Nicolas Sarkozy s’il veut que la France conserve son triple A. 

Par Alain Dumait

Le nœud coulant de la dette publique se resserre d’heure en heure autour du cou de la France, et de ses citoyens-contribuables.  En janvier prochain, nous aurons perdu notre notation AAA. Déjà, l’écart de taux entre notre pays et l’Allemagne correspond à une note AA+. Car notre situation est objectivement moins bonne que celle de l’Espagne et pas meilleure que celle de l’Italie. L’Espagne se redresse, après avoir adopté des réformes sévères (du coté des salaires de ses fonctionnaires, notamment). L’Italie a certes une dette plus élevée que la notre, relativement à son PIB, mais elle a au moins un budget primaire (avant la charge du remboursement de la dette) en excédent. Et une base industrielle plus puissante. Il ne sera plus temps de faire la leçon à personne. Seule l’Allemagne sera encore en mesure de se faire entendre.

Que peut faire Sarkozy ? Bien sur, si nous étions en début de mandat présidentiel, il pourrait engager des réformes vertueuses, qui rapportent dès le premier jour. Comme celle de la simplification des structures administratives et territoriales de la France, mille-feuilles qui nous coûte plusieurs dizaines de milliards d’euros. Faire ce qu’il n’a pas osé, pu ou voulu faire en 2007. Espérons que ces réformes seront portées par son successeur…

Que peut-il faire d’autre ? Il se trouve que la nécessité de réduire la dette publique est maintenant reconnue par tous. Y compris par ceux qui, comme les socialistes, et François Baroin, continuent à défendre un modèle « basé sur la consommation »… Que le président de la République ne prend-il pas au mot les principaux dirigeants de la classe politique, PS, Modem et pourquoi pas FN ? Et que ne leur propose-t-il pas un engagement multi-partisan, à long terme (10 ou 15 ans), sur la réduction de la dette ?

Il dirait par exemple : « La France s’engage à ramener le volume de sa dette publique de 1700 à 1000 milliards (seulement !…) d’ici à 15 ans. » Et il demanderait à M. Hollande, à M. Bayrou, et à Mme Le Pen de signer. À charge pour chacun, s’il devient en position de devoir le faire, d’engager les réformes nécessaires pour y parvenir. Celles-ci peuvent d’ailleurs être diverses, plus ou moins connotées à droite ou à gauche. Certains, dont nous sommes, mettront la priorité sur la réduction de la sphère publique. D’autres, plus sociaux-démocrates, la mettront sur sa bonne gestion. D’autres encore sur la simplification ou sur l’immigration d’assistanat. Seul le résultat par rapport à cet engagement non-partisan compterait.

Un tel accord serait de nature à ce que les agences de notation reprennent au sérieux le gouvernement de la France.

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