L’État s’invite à la cantine

Pour lutter contre l’obésité, l’État contrôlera les repas servis dans les cantines

Pour lutter contre l’obésité, l’État contrôlera les repas servis dans les cantines.

Article publié en collaboration avec l’aleps

Il y a quelques années le maire de Coucouron (en Ardèche) avait interdit aux familles de faire manger les enfants à la maison, car aucune des règles d’hygiène exigées par le sous-préfet pour les cantines n’était respectée dans les demeures du village : évier à proximité du fourneau, légumes épluchés sur la table commune, cuisine attenante à d’autres pièces, etc.

Voici une récidive, avec l’obligation de préparer pour les cantines des repas offrant un choix d’au moins cinq plats différents aux enfants, et l’interdiction de servir frites, fritures et aliments gras ou sucrés – un cahier des menus devant être présenté à l’occasion d’inspections qui seront multipliés. Première observation, qui nous rapproche de Coucouron : l’inspection devrait s’étendre au domicile parental, car qui sait si les parents ne s’empresseraient pas de bourrer leurs enfants d’aliments qui ruinent leur santé ? Vous pouvez donc vous attendre à la création prochaine d’un corps de Maîtres Inspecteurs de l’Alimentation à la Maison (MIAM), opérant d’ailleurs parfois en duos (MIAM MIAM).

Voilà un nouveau bienfait de l’État Providence : il vient jusque dans nos assiettes.

Pour lutter contre l’obésité, faut-il recourir à la prohibition ou à l’éducation ? La prohibition, ici comme ailleurs, est inopérante sauf à instaurer un régime carcéral. L’éducation serait peut-être mieux adaptée : savoir dire non à un enfant, ne pas compenser par des faiblesses coupables les autres démissions tout autant coupables, ne pas installer le petit devant la télé avec un paquet de frites, ne pas lui préparer une douzaine de tartines de produits ruisselants de protéines et de graisses animales.

Mais rendre les parents responsables, c’est reconnaître la mission éducatrice de la famille alors que la mode est à la prise en charge des enfants par l’État, depuis les livres jusqu’aux menus.

Dans un esprit voisin, on nous annonce le resserrement des contrôles des conversations à bord des voitures. Pas de téléphone, pas d’oreillette, et maintenant limitation de la durée des appels. Pourquoi ne pas supprimer les autoradios et interdire toute conversation avec la voisine ? Bientôt on en viendra à des voitures calquées sur le modèle des taxis londoniens : le chauffeur seul devant avec les bagages ! Vive l’État Providence !

—-
Sur le web

Un article du site de l’aleps, Libres.org, reproduit avec l’aimable autorisation de Jacques Garello.