Nous, ce sera Valls

primaires

Manuel Valls est le premier dirigeant du PS à proposer d’abandonner le mot socialiste

Gauche Libérale appelle à voter pour Manuel Valls aux primaires de la gauche, étant entendu qu’un tel vote de soutien ne doit pas être compris comme un vote d’adhésion puisque Manuel Valls défend certaines thèses autoritaires. Il est malgré tout le premier dirigeant du PS à proposer d’abandonner le mot socialiste. C’est déjà beaucoup.

Par Alain Cohen-Dumouchel

Il est clair que manuel Valls est  le moins réactionnaire des candidats de la vieille gauche étatiste à la présidence de la république. Gauche Libérale appelle donc ses sympathisants à voter pour lui.

Si nous appelons à désigner Manuel Valls comme le candidat de la gauche, ce n’est pas parce qu’il est présenté par certains comme le candidat le plus à droite du PS. Bien au contraire, nous pensons que c’est le candidat le plus à gauche du PS. C’est celui qui respecte le plus l’égalité en droit, l’esprit d’ouverture, donc de tolérance, le réalisme économique qui profite avant tout aux plus pauvres. C’est celui qui s’éloigne le plus du socialisme autoritaire et borné dont les dégâts économiques, politiques et sociétaux ne se comptent plus.

Le titre de son livre : « Pour en finir avec le socialisme et être enfin de gauche » suffit à le désigner comme notre candidat naturel par défaut, dans ces primaires.

Manuel Valls est l’un des rares hommes politiques qui, sans l’adopter, essaye de comprendre la pensée libérale. Il ne fuit pas le mot libéral :

Les entreprises, le marché, la concurrence, aucun problème. Le côté clan des patrons sarkozystes, tel qu’on le voit parfois, c’est autre chose, et les libéraux, les vrais libéraux, ne devraient pas apprécier.

Nous, on apprécie. De même lorsqu’il écrit :

Les sociétés anglo-saxonnes sont plus ouvertes donc plus à gauche que notre vieille république verrouillée, où les élites se reproduisent entre elles…

Manuel Valls rompt définitivement avec le marxisme anti droit de l’hommiste et avec la fascination de la gauche pour ses extrêmes.trotskistes ou alter-mondialistes, ouf, il était temps !

On trouve même dans ses propositions quelques avancées libérales telle que l’autonomie réelle des universités ou le paiement des études supérieures, différé au cours de la vie professionnelle.

Il doit bien entendu être précisé que ce vote de soutien n’est pas un vote d’adhésion puisque Manuel Valls défend certaines thèses autoritaires en matière de sécurité, d’environnement, ou même d’économie qui sont à l’exact opposé de nos valeurs. Grand admirateur de l’escroc Al Gore, il est également persuadé que le capitalisme financier doit être « moralisé », reprenant ainsi cette tarte à la crème de tous les dirigistes, responsables de la crise. Il se gargarise de l’expression « justice sociale » qui est en soi un contresens. Il se prononce pour la discrimination positive qui est une horreur idéologique. Il n’hésite pas à parler de « chèque » et de « cadeau » quand certains impôts baissent, entérinant cette vieille idée socialiste que tout appartient à l’État. Il défend enfin le système de retraite par répartition au nom de la sempiternelle « solidarité », renommage politiquement correct de la redistribution coercitive dirigiste.

Mais surtout, surtout, Manuel Valls a raté l’occasion de se démarquer de tous les hommes politiques, de tous bords en avouant enfin publiquement que la crise a pour unique origine le dirigisme économique et sociétal qui caractérise les sociales-démocraties. Manuel Valls ne sera donc pas l’Homme-qui-entrera-dans-l’Histoire en affirmant haut et fort que la mondialisation, les marchés financiers, la spéculation, et les chinois ne sont pour rien dans notre déconfiture.
À défaut, il est le premier dirigeant du PS à proposer d’abandonner le mot socialiste, c’est déjà beaucoup et cela suffit à emporter notre décision.

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