Albert, voyant extra-lucide

Pourquoi Albert Jacquard arrive à nous faire douter du bien-fondé de la liberté d’expression? Le Maître du monde vous répond

Depuis quelques semaines, Contrepoints vous propose L’humour du samedi. Vous y retrouvez des articles amusants, décapants même parfois, mais aussi, nous l’espérons, propices à la réflexion. Parmi nos meilleurs bretteurs délirants, le Maître du Monde est un as de la satire et de l’humour décalé.

S’il y a bien quelqu’un sur terre qui arrive à me faire douter du bien-fondé de la liberté d’expression, c’est Albert Jacquard.

En ce qui concerne les inepties, Jacquard ne fait pas dans le détail, Il fournit en gros et demi-gros.

Le plus énervant dans le phénomène de mode Jacquard est le soutien inconditionnel que les médias lui apportent, en le présentant systématiquement comme un intellectuel humaniste, sans même prendre la peine de porter un regard critique sur ce qu’il raconte.

Jacquard nous livre ainsi quelques nouvelles jacquardises dans un article intitulé « La lucidité d’Albert Jacquard » présenté par la Libre Belgique. Extraits :

Albert Jacquard […] prône […] le combat pour un monde plus solidaire qui retrouve le chemin du collectif.

Aïe ! Un monde qui « retrouve le chemin du collectif ». Bel exercice de style que voilà, pour exprimer le vrai rêve d’Albert Jacquard : le retour au communisme.

Cela fait 100.000 ans qu’on apprend à communiquer par des mots, mais cela ne fait qu’un demi-siècle qu’on a inventé de communiquer par des images.

Et c’est là qu’on découvre que Jacquard n’a jamais entendu parler des peintures des grottes de Lascaux, vieilles de 17.000 ans. Et l’écriture, Albert, c’est pas des images peut-être ?

Tout à l’heure, dans une salle d’attente, je me suis surpris à fixer comme un con un écran où passaient des ronds et des triangles. Nos cerveaux n’ont pas été conditionnés à être submergés par ces images qui bougent. Il nous faudra peut-être 50.000 ans d’apprentissage et en attendant, elle aussi est une drogue. Ces images qui nous fascinent sont des viols de la personne et les gens de la télé sont des violeurs.

Dans un éclair de lucidité (mot qu’il répète souvent), Jacquard reconnaît son gâtisme en avouant regarder comme un con des ronds et des triangles. Mais qu’il ne prenne pas son cas pour une généralité. Merci.

Ensuite Jacquard sort le bazooka : « nos cerveaux n’ont pas été conditionnés à être submergés par ces images qui bougent ». Hé Jack, l’œil est la première caméra au monde. Qu’y a-t-il de projeté sur une rétine sinon une image lumineuse qui bouge. Et je pense que ça dure depuis déjà quelques millions d’années.

Puis après le bazooka, le missile sol-sol : « ces images sont des viols de la personne ». Et le son qui sort de ma radio, c’est un viol de mes oreilles ? Et quand je suis plongé dans un livre (et Dieu sait si c’est également une drogue), c’est un viol de mes orbites ?

Une chose est sûre, mon cerveau à moi ne s’habituera effectivement jamais aux bullshiteries que peut pondre Jacquard.

Quand des gamins surfent, ils découvrent une science surgelée et préfèrent la machine au professeur alors que ce dernier peut leur parler de choses plus profondes et les faire réfléchir. Internet est à la recherche scientifique ce que la masturbation est à l’amour.

Mais depuis quand internet remplace-t-il l’école ? Et depuis quand les gamins surfent-ils pour découvrir la science ? À votre avis, quel est le mot clé le plus utilisé par les gamins sur google, « acide désoxyribonucléique » ou « Zemanova » ?

Tant qu’on gardera les idées de classements et de notes, cela n’ira pas. Les parents ont tort de les réclamer. […] Être premier, c’est stupide car on ne peut l’être que dans une seule dimension. La note, c’est l’unidimensionnalité.

Voilà voilà. Avoir 2/10 en histoire, 9/10 en chimie, 7/10 en gym et 5/10 en math, c’est… l’unidimensionnalité (tataaaaa). Et Jacquard est généticien ? Moi à sa place, je serais juste gêné.