Quelles conséquences si la zone euro tombe ?

Le dernier rapport UBS examine les coûts politiques et économique d’un effondrement de la zone euro

Les éternels aficionados de la monnaie unique européenne devront détourner leurs yeux du dernier rapport de Stephane Deo, Paul Donovan and Larry Hatheway publié par la banque UBS, intitulé « Euro Break Up – The Consequences » (« Fin de la zone euro : les conséquences ») puisqu’il détaille les différents aspects que provoquerait un ou des départs de la zone euro de pays membres alors que la crise des dettes souveraines se fait plus forte chaque jour.

En voici la traduction du résumé introductif.

Pas de démantèlement, mais une confédération fiscale

Notre scénario de base avec la probabilité la plus grande est que la zone Euro se déplace lentement (et péniblement) vers une sorte d’intégration fiscale. The scénario risqué, celui d’une explosion de la zone, est considérablement plus coûteux et d’une très faible probabilité. Des pays membres ne peuvent pas être expulsés, mais des états souverains peuvent choisir de faire sécession. Cependant, les discussions actuelles sur une telle partition sous-estiment énormément les conséquences d’une telle action.

Les coûts économiques (partie 1)

Les coûts d’un petit pays quittant la zone Euro sont déjà significatifs. Les conséquences incluent un défaut de paiement sur les dettes, des faillites d’entreprises, un écroulement du système bancaire et l’effondrement du commerce international. Il y a assez peu de chances qu’une dévaluation adoucirait la note. Nous estimons qu’un petit pays quittant la zone Euro devrait subir un coût avoisinant de 9.500€ à 11.500€ pour chacun de ses habitants pendant la première année. Ce coût descendrait ensuite entre 3.000€ et 4.000€ par personne et par an sur les années suivantes. Ceci revient à une perte de 40 à 50% de PIB dans la première année.

Les coûts économiques (partie 2)

Dans le cas où un pays plus important (comme l’Allemagne) devait quitter l’Euro, les conséquences comprendraient des faillites d’entreprises, une recapitalisation du système bancaire et l’effondrement du commerce international. Si l’Allemagne devait quitter l’Euro, nous pensons que le coût avoisinerait de 6.000€ à 8000€ par Allemand dans la première année, et s’étalerait de 3.5000€ à 4.500€ par personne et par an les années suivantes. C’est équivalent à une perte de 20 à 25% de PIB la première année. En comparaison, le coût complet de sauvetage de la Grèce, de l’Irlande et du Portugal à la suite d’un défaut de paiement de ces pays serait un peu supérieur à €1.000 par personne, en une seule fois.

Le coût politique

Le coût économique est, de bien des façons, le moindre des soucis des investisseurs si une telle rupture devait avoir lieu. La fragmentation de la zone Euro entraînerait des coûts politiques : l’influence diplomatique et stratégique de l’Europe au plan international cesserait (autant que le concept d’intégration politique de l’Europe deviendrait sans objet). Il est aussi intéressant d’observer qu’aucune union monétaire récente de monnaies fiat n’a cassé sans provoquer ensuite l’apparition de gouvernements autoritaires, militaires ou de guerres civiles.

Le rapport détaille notamment cette dernière partie (le coût politique) et revient sur des exemples historiques d’union monétaire qui faillirent (Union Soviétique, Tchécoslovaquie, Etats-Unis de 1932/33). Une lecture édifiante à bien des égards.

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