Fermeture du Disneyland occidental ?

Disneyland

La fin d’une croissance artificielle à crédit

L’ensemble de la société (individus et groupe), grâce à la dette, a pu se permettre de perdre le contact avec la vie réelle. Les organismes de surveillance, comme la cour des comptes, disent la dérive depuis des années et des années, dans l’indifférence la plus totale et la plus générale. La vie s’est organisée, ces 30 dernières années, comme un gigantesque jeu de rôle (grâce au financement à crédit par la dette).

Depuis 30 ans, l’objectif général est de faire du « service », du tertiaire. C’est pas salissant et on travaille au chaud. M. A. vend une 3° assurance pour le gamin de M. B.; M. B. s’occupe du remplissage de formulaires ubuesques pour le compte de M. C; et M. C. vend des médicaments inutiles, voire dangereux à M. A… La boucle est bouclée. Je suis très loin d’avoir cité ici les activités les plus absurdes… chacun complétera. Et on se met tous d’accord pour appeler ça « création de richesse »… l’essentiel, c’est d’y croire. Que chacun puisse avoir un statut, un rôle, même si la pièce devient de plus en plus absurde.

D’avoir cru à ce « mouvement perpétuel » n’a jamais été un souci. Au contraire, ce sont plutôt les sceptiques qui ont été marginalisés. Le souci était de croire que cette pièce de théâtre ubuesque puisse durer éternellement. Ça, c’est faux.

Actuellement plus de 95% de la dette de l’année 2010 est remboursée par… une nouvelle dette du même montant, mais avec un taux d’intérêt qui monte. On appelle cela « rouler la dette » … tragique récurrence. Dis autrement : la comédie à laquelle nous nous appliquons pourtant consciencieusement ne produit même plus de quoi rembourser les intérêts de nos emprunts !

… Et pourtant nous continuons. Avec finalement assez peu d’interrogations ou de remise en cause de cette folie. Ça a marché hier… ça marchera demain. L’essentiel est d’être occupé, busy, ou au moins de pouvoir faire semblant.

Pourtant, à ce jeu, à ce refus d’être lucides, nous avons désormais perdu la main. Nous ne sommes plus maîtres de notre destin. Il y a eu un temps insouciant pour passer la tête dans le collet de la dette… et il y a désormais un temps pour les soubresauts, une fois que le collet s’est resserré. Nous y sommes. L’extraordinaire est que nous ayons pu faire durer ce numéro de funambules aussi longtemps !

Dieu merci, nous avons une excuse toute trouvée, tout cela sera la faute des affreux spéculateurs internationaux ou des agences de notations étrangères. C’est aussi ridicule que les terroristes étrangers qui viennent causer des troubles en Syrie… mais l’essentiel, là aussi, c’est d’y croire.

Avec la fin du financement par la dette, il nous faudrait nous remettre à produire un véritable équivalent richesse de ce que nous prétendons vouloir consommer. La perfusion de la dette ayant désormais percolé jusqu’aux plus petits capillaires de l’économie… ça va être un sacré challenge !

Peut-être pourrions-nous exporter nos illusions ? C’est une denrée dont nous ne manquons pas.

Un article de la route de la fourmilière