Le Portugal confirme le passage à droite de l’Europe

Le Portugal rejoint la longue liste des pays qui basculent à droite en Europe.

Parabéns, Portugal. Félicitations, Portugal ! Là où le peuple grec semble refuser de voir la réalité, choisissant l’émeute à chaque fois qu’on leur suggère de couper dans leurs dépenses, nos plus vieux alliés comprennent qu’ils ne pourront pas continuer avec les politiques qui les ont menées à l’actuel désastre, et ont élu un gouvernement décidé à réduire le déficit.

Le résultat fut un triomphe tout particulier pour Paulo Portas, qui a dirigé le parti CDS-PP, pro marché-libre, jusqu’à son plus haut score électoral en vingt ans, et qui semble maintenant certain de pouvoir former une coalition avec le Centre-Droit social démocrate. (Tous les partis portugais ont des noms gauchistes, qui reflètent les circonstances historiques de leur création après la révolution de 1974. Leurs noms, comme une personnalité de la Troisième République française l’a jadis fait remarquer, sont comme une lumière parvenant à la Terre depuis des étoiles depuis longtemps éteintes.) Portas, un intellectuel anciennement journaliste, a été quasiment le seul à expliquer que le niveau des dépenses n’était pas tenable; la crise qui a frappé lui a donné raison.

Le Portugal est à ajouter aux pays européens qui ont quitté la Gauche. Des 27 états membres, il n’en reste maintenant plus que cinq qui ont des gouvernements de centre-gauche : l’Austriche, Chypre, la Grèce, la Slovénie et l’Espagne. L’Espagne semble certaine de passer à droite à la prochaine élection — l’actuel gouvernement socialiste a été battu à plates coutures dans les élections du mois dernier — ce qui amènerait à 23 gouvernements de centre-droit représentant 96% de la population européenne.

Pourquoi ? Principalement parce que les peuples se rendent bien compte que l’argent n’est plus là. Pendant les années de croissance, les électeurs étaient assez heureux des partis dépensier. À présent, ils veulent simplement des gens compétents.

Qu’ils les obtiennent est une autre paire de manche. La monnaie unique, et les plans consécutifs d’harmonisation fiscale, limitent sérieusement les capacités du marché libre à entretenir des stratégies de croissance.

L’affreuse vérité, c’est que peu importe ce que vous votez tant que votre pays est dans la zone euro.
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Article repris et traduit avec l’aimable autorisation de l’auteur