On a dépassé les limites sur la route

Partager sur:
Sauvegarder cet article
Aimer cet article 0
Foret de panneaux

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

On a dépassé les limites sur la route

Publié le 15 mai 2011
- A +
Foret de panneaux

Par Stéphane Geyres

Je suis un danger public. Il paraît même que je suis un criminel. Et pourtant, je n’ai tué personne. Je ne respecte pas religieusement le code de la route. Ah bon, vous non plus ?

Je ne mets que rarement mon clignotant, ignore la plupart des panneaux, ne m’arrête pas toujours aux stops et ma vitesse n’est limitée que par ma voiture – mais je respecte les feux rouges, c’est trop dangereux – Ah bon, vous aussi ? Le plus fort, c’est que je n’ai jamais eu d’accident – attendez, je mens, une fois, c’est un inspecteur de police qui m’est rentré dedans alors que j’étais arrêté – véridique, mais je vous rassure, c’est bien moi qui ai eu tous les torts…

Je ne sais pas chez vous, mais nous ici sur Toulouse et sa banlieue, les « aménagements » de la voie « publique » poussent avec une vigueur peu commune – sans doute pour réduire nos impôts – à croire que le printemps et le changement cliiiimatiiique servent d’engrais aux forêts de panneaux, feux, bornes, jalons, dos-d’âne, chicanes, ronds-points et autres voies réservées sortis gaillardement de l’asphalte ces derniers temps. Mon petit doigt me dit que la saison leur est tout aussi propice dans vos différentes régions, je me trompe ? Surtout vu les dernières poussées de fièvre législative…

Le Code de la Route est une de mes Bibles, vous l’aurez compris. J’en relis spasmodiquement – j’ai failli écrire « psalmodiquement » – un verset chaque matin que Nicolas fait, en le trempant dans mon café – le code. Ma fille aînée a eu son permis en deux ans et demi environ, la seconde affronte la galère du code avec appréhension. Pour ma part, il a suffit de deux semaines. Pas tant que je sois meilleur que mes filles, mais à l’époque, pas besoin de 3 000 Km de conduite accompagnée pour être lâché dans la jungle impitoyable du trafic routier – « trafic » quel beau mot, qui sens la fumée et les chemins de traverse…

Mais à quoi sert donc le code de la route ? La vidéo ci-contre est extraordinaire, elle est même impensable pour un occidental « moderne » même si quiconque a un peu voyagé sait bien que cela correspond à la vraie vie un peu partout « ailleurs » : elle montre le trafic vu d’un tramway de San Francisco, un « cable car » en 1906 en pleine Market Street, la grand rue du centre. Pendant 7mn, piétons, voitures, tramways, charrettes, vélos se croisent et s’entrecroisent, traversent et dépassent soudainement, mais pas un seul accrochage, pas un seul incident. Tout le monde se faufile en veillant à ne pas écraser son prochain – et pourtant, ce sont de méchants amerloques. Ce qui est extraordinaire, c’est qu’il n’y a aucun panneau, aucune forme de signalisation. Rien. Alors, le code, pourquoi faire ?

Sans aller chercher 1906, qui a voyagé au tiers monde sait bien que la réalité circulatoire est bien moins contrainte, sans pour autant notablement plus de morts sur les routes : voici un exemple en Inde, mais on pourrait en trouver des dizaines d’autres. Notez bien : aucun panneau, seule règle, le côté de la route où circuler.

Par contre, on peut trouver tout aussi facilement des exemples de routes ou intersections, avec force panneaux et feux rouges, conçues par quelque déjanté des sévices publics, qui sont plus dangereuses que notre fameuse place de l’étoile : à St Petersbourg par exemple.

Imaginons un instant une route ou une autoroute sans aucun panneau, aucune marque au sol. Rien. Juste la règle de rouler à droite quand on se croise, et de laisser la priorité à droite en cas de doute. Vous avez déjà roulé en Afrique ? Les images du Paris Dakar le montrent pourtant, ce n’est pas la signalisation qui gêne la circulation… Ahh oui mais j’entends déjà, le trafic n’est pas le même. Oui c’est vrai, mais les routes non plus. Et pourtant, la caravane passe, à l’heure où nos infos quotidiennes sont envahies du moindre fait-divers à l’autre bout du monde, on ne semble pas nous marteler de la foule de massacres routiers que tout cela supposerait.

Beaucoup croient que ce qui est en jeu, c’est de réduire la mortalité en réduisant le risque sur route, grâce au code et aux limitations, justement. Mais en fait là ne sont pas les enjeux, en supposant même une quelconque efficacité, illusoire. Dans son immense livre Libéralisme, Pascal Salin consacre tout un chapitre à la soi-disant sécurité routière. On y trouve de nombreuses phrases frappées du coin du bon sens, comme dans tout le livre. Par exemple, « de nos jours, participer à la circulation consiste à participer à un jeu de poker, le conducteur devant s’efforcer de déjouer les ruses des gendarmes chargés de le punir… » Et surtout, du point de vue d’un libéral pour lequel la liberté est sacro-sainte et doit être respectée par principe, il rappelle qu’en « sanctionnant l’excès de vitesse, défini par rapport aux normes officielles, au moyen d’une amende ou d’un retrait de permis de conduire, on ne punit pas un acte coupable (ni même dangereux), on punit le non-respect d’un acte formel. » Là est la question du code de la route et des limitations de vitesse : punir sans discernement, pour la forme.

J’ai été d’ailleurs surpris il y a quelques jours d’une conversation avec un ami indubitablement libéral qui pourtant était favorable aux nouvelles menaces législatives – radars et autres limites de vitesses. Selon lui, on aurait « le droit de prendre des risques pour soi même, mais pas pour les autres ; quand on conduit à 200 km/h sur une route en risquant de percuter un véhicule on constitue un risque pour cette personne ; il n’est point besoin d’avoir l’intention de nuire, il suffit de constituer une menace objective envers la sécurité d’autrui.»

Pour la liberté, pour éviter que l’appareil coercitif n’entre peu à peu dans toutes les facettes de notre vie, il ne peut avoir raison, c’est une question de principe. A l’inverse du principe de précaution, il faut revenir et garder farouchement le principe de non-immixtion dans le risque individuel. Mon interlocuteur confond risque et menace et croit qu’il existe un risque objectif. Et le code de la route exploite cette confusion pour nous faire croire qu’il réduit notre risque par la conformité au code. Mais il n’en est rien.

Qu’est-ce donc que le risque ? Sans faire un cours, disons que selon les normes internationales (ISO 73), le risque est « l’effet de l’incertitude sur [ses propres] objectifs.» Le risque est donc bien évidemment en partie déterminé par « l’effet », les conséquences possibles, ici l’accident. Mais comment apprécier l’incertitude ? Est-ce la même pour tout le monde ? Et surtout, comment la mettre en équilibre face aux objectifs, ces objectifs qui ne sont jamais collectifs, mais clairement individuels ? Ai-je droit à plus de risque si mes objectifs sont « purs » ? Si je me dépêchais pour aller voir mon percepteur et qu’un policier m’arrête, puis-je demander un crédit d’impôt pour compenser le temps perdu ?

Le risque est donc une perception personnelle. Mon risque n’est jamais le tien. Là où je vois un risque, d’autres verront une chance, une occasion. Sur la route aussi, celui qui va plus vite accélère peut-être parce qu’il sait qu’il doit aller tenter de sauver une vie ailleurs, ou simplement nourrir la planète. Doit-on le ralentir ? Le gendarme en a-t-il le droit ? Laisser le gendarme aller sur ce terrain, c’est lui ouvrir les portes de chaque décision à chaque instant de la vie. Le risque doit donc toujours être laissé à l’appréciation de chaque individu et ne jamais être un prétexte à l’intervention de l’État ni de la réglementation étatique. Vivre c’est prendre des risques, la notion de risque est totalement subjective, il faut qu’elle le demeure.

Sur l’exemple de mon ami libéral, ce qui ferait basculer dans le champ du crime et donc de la juste sanction, c’est que le risque du « chauffard » (terme vague s’il en est) devienne une menace non pas « objective » mais réelle, c’est-à-dire qu’il y ait intention de nuire, voire agression effective. Mais sans menace ni agression, le droit n’a rien à dire. Le moindre risque qu’on laisse ouvert à l’État et demain notre liberté n’existe plus. C’est comme cela, notamment, que la tyrannie se met en place.

J’ai bien dit le droit, la morale ou l’opinion quant à elles ont certainement des choses à dire, bien sûr. Il peut-être mal vu de rouler « trop » ou « très » vite, cela peut générer une peur pour certains, mais au contraire peut produire une attraction pour d’autres. Une (bonne) réponse libérale, ce serait de donner le libre choix, typiquement via des (auto)routes (privées) où il y aurait ici limite à 100, là à 130, ailleurs encore à 200 et certaines sans limitation aucune. Mais tant qu’il n’y a pas plus que de la peur, le droit et la répression ne doivent pas s’en mêler.

La confusion entre droit et morale s’exprime aussi lorsque certains affirment que « certains individus » auraient un « comportement à l’impact négatif envers les autres.» Qui peut donc se permettre de juger de cela avec assez d’objectivité ? Comment par exemple être 100% sûr que les accidents ne sont pas dus à l’état de la route, à l’alcool, au sommeil, ou au pur hasard ? Il faut pour un libéral apprendre à se méfier des jugements hâtifs qui servent de prétexte pour asservir un peu plus les gens innocents.

D’un point de vue social, sait-on dire si réduire à ce prix-là le nombre d’accidents est un objectif plus important que de permettre à des milliers de gens, qui bien que « roulant vite » n’ont pas d’accident, de gagner du temps et donc de contribuer plus ou mieux à la vie économique et sociale ? Si personne ne sait répondre, je préfère que personne ne tranche, à commencer par l’État.

D’autres encore pensent, ou plutôt croient, que je suis seul contre tous et que de ce fait j’ai forcément tort. Des dizaines d’études sont supposées montrer combien la vitesse est dangereuse, c’est donc indiscutablement le cas. Un interlocuteur me jetais ainsi à la figure : « Rien ne pourra te faire changer d’avis (ce en quoi il a probablement raison). Pas même la masse d’études statistiques qui concluent que la vitesse est le facteur principal dans la cause des fatalités sur la route. Bien sûr que les ‘pouvoirs publics’ collectionnent ces études et les analysent pour prendre des décisions. » Voici un extrait qu’il me propose, grandiose, supposé tiré d’une « étude sérieuse évaluée par les pairs » : « La probabilité d’accident avec blessures est proportionnelle au carré de la vitesse. La probabilité d’accident grave est proportionnelle au cube de la vitesse. La probabilité d’accident mortel équivaut à la vitesse à la puissance 4. »

Comme Dame Nature est bien faite quand même ! La probabilité de tous ces événements ne dépendrait que de la vitesse et cette dépendance serait d’une beauté algébrique (à brac) digne d’un deux, trois, quatre ! Comment peut-on être assez niais ou naïf pour croire de telle balivernes. Par exemple, pour n’aborder qu’un aspect de la stupidité de telles affirmations, prenons le problème des bornes (normal pour une histoire de bagnole). Rappelons qu’une probabilité varie entre 0 et 1, par définition, 1 représentant la certitude, 0 l’improbable absolu. Une vitesse par contre, surtout celle d’un chauffard, varie entre 0 et…. ben mince, elle n’a pas de limite supérieure !? Ah pardon, ce n’est pas ce qu’il fallait comprendre, qui est plutôt que lorsqu’on roule 2 fois plus vite, on a 2 puissance 4 soit 16 fois plus de chances (!) d’avoir un accident mortel, voyons ! Et ça ne dépend pas de ma voiture, de la météo ni de l’entretien ? Pourtant mon constructeur m’a dit qu’avec l’airbag je suis en sécurité… Bref, j’arrête là pour le ridicule de ce genre de théories propagandistes.

Tous ces éléments vont dans le même sens : le code de la route ne sert à rien du point de vue de la sécurité routière – pas plus que sa fille illégitime la limitation de vitesse. Par contre, il est une excellente source de taxes – euh pardon, d’amendes – pour l’État et une source de promotion des politiciens, toujours fiers d’avoir pu laisser leur nom à la postérité via des textes inutiles.

Voir les commentaires (27)

Laisser un commentaire

Créer un compte Tous les commentaires (27)
  • Vous n’êtes pas seul, nous sommes au moins 2!

  • Alors nous sommes au moins 3 ;o)))

  • Je ne suis pas un fervent partisan de l’interventionisme, vous pouvez me croire. Cependant, j’ai mené une expérience intéressante. J’ai effectué le même parcours (45 minutes environ) à la même heure, la première fois en restant derrière les camions, et la deuxième en doublant tout ce qui était possible. Et bien figurez vous que le gain de temps est dérisoire, à peine 2 minutes. Donc sauf en cas de force majeure, il me paraît inutile de s’exciter au volant, d’autant que le prix du carburant infesté de taxes incite à une conduite plus en douceur. Par ailleurs, il est aussi vrai que tant que le réseau routier ne sera pas privé, vous trouverez une multitude de conducteurs disparates en terme de comportements et de qualités. Pour éviter de leur porter préjudice, il serait souhaitable de faire preuve de retenue, parce que au delà de la liberté il y a quand même la vie.

    • Moi, je le fait en scooter à 50km/h en ville, j’arrive avant les voitures.
      Entre deux villes, distant de 10 km, j’arrive en même temps, max 2 min.
      Sur 30 km, j’arrive avec 5 à 10 minutes de retard.
      Et comme ça bouchonne souvent j’arrive toujours avant…
      J’ai eu une super voiture, qui laisse sur place un impreza et bien plus
      puissant puisque les gens panique quand tu démarres sur les chapeaux de roue.
      Mais finalement, c’est pas top, c’est difficile de dépasser et quand ça roule
      bien les virage arrive trop vite, « même sur l’autoroute » tout ça pourquoi…
      Quelques minutes comme tu le dis et apprendre que toi tu dois contrôler tes
      émotions pour d’autre qui ne veulent pas en faire l’effort. L’égalité à deux vitesses.
      Maintenant j’hésite entre le cheval et l’autogyre, Ras le bol de ces règles
      que personne respecte et source de confusion donc d’accident.
      Chaque semaine, je frôle la mort avec mon ptit scooter heureusement que je préfère
      conduire comme dans un pays sous-développer plutôt que de respecter le code.

  • Il me semble que les autoroutes sont déjà privées?!
    De plus, je me demande concrètement qui voudrait financer des routes privées, et comment la rentabiliser (des péages partout???). Je souhaiterai vraiment avoir plus d’explication sur ces deux sujets si c’est possible car très intéressants.
    Sinon, c’est une article plutôt pertinent donc bravo.

    • Bonjour Koris,
      Excellente question. Je n’ai pas le temps ce matin, mais je vais vous répondre plus en détails.
      Voici déjà une première lecture, si ça peut aider :
      Merci.
      => https://www.mises.org/resources/4084
      => http://mises.org/books/roads_web.pdf

      • Koris,bonjour,

        Je reviens compléter un peu ma réponse sur les autoroutes privées.
        Tout d’abord, les autoroutes – en France – ne sont *pas* privées, elle ne sont que des concessions, c’est a dire que l’autoroute continue d’appartenir a l’état, c’est a dire a personne, qui en confie la ‘gestion’ a une entreprise.
        De plus, celles-ci n’ont aucune marge de manœuvre pour faire évoluer la réglementation/ le code de la route sur leur voies, ce qui est l’objet de ma remarque d’origine.

        Nous ne sommes donc pas face a une vraie mise en concurrence des modes de transport, qui elle les pousserait a innover – car oui on peut innover même dans le domaine des voies et routes.

        Sur des routes privées, en effet vous paieriez a chaque passage sur chaque route. Cela peut sembler délirant, mais il vous faut ne pas oublier que vous payez la même chose aujourd’hui via vos impôts, qui financent la construction et l’entretien de tout le réseau routier français. Vous n’auriez donc pas forcement a payer plus, peut-être même moins vu que vous ne paieriez que selon votre usage.

        Le lien que je vous ai donné correspond a une des bibles en matière de privatisation des voies et transports, par Walter Block. Je sais pas s’il existe une version française.

        Bonne lecture. Cordialement

  • Bonjour et merci pour l’anecdote, elle est très juste, je constate très souvent, lorsqu’il y a des bouchons, qu’ils sont partout et qu’il ne sert a rien de s’énerver.

    Cependant, outre que dans certains cas, 2mn de gagné peuvent sauver une vie, le conducteur ‘pressé’ choisit parfois de slalomer pour d’autres raisons que ces seules 2mn. Par gout de sa propre voiture, souvent, par ignorance du trajet et/ou du trafic – et le principe de la préférence temporelle s’applique alors – ou que sais-je.

    Quant au caractère « souhaitable » de la « retenue » du fait de « la vie », on est la en plein dans mon sujet et sa dimension morale. Ceci est votre position et elle est très respectable. Mais d’autres ont peut-être envie de ne pas se « retenir » et tant qu’ils ne font pas plus de mal, je n’ai rien a leur reprocher, cela les regarde.

    Car la vie sans la liberté, cela s’appelle l’élevage…

    • Le code de la route est légitime tant qu’il se contente de fixer des règles communes permettant de partager la route (définir si on se croise par la droite ou la gauche, établir une vitesse de circulation en fonction de la voie de circulation). Dès qu’il tend à modifier les comportements au lieu de les organiser (favoriser le vélo au détriment de l’auto par exemple, multiplication des règles que plus personne ne comprend), il perd toute légitimité.

      La privatisation des routes, en particulier des autoroutes, pose le problème du monopole : on ne va pas construire plusieurs voies parallèles « en concurrence » pour relier deux villes. Les routes sont typiquement des biens qui doivent rester dans le champ public. La privatisation actuelle des autoroutes n’est que partielle par le jeu des concessions : elle fait plutôt penser à un cadeau fait à l’oligarchie complice de l’Etat-providence.

  • Un code de la route me parait nécessaire car il faut bien un minimum organiser la conduite, un trafic organisé donne un avantage en terme de mobilité, on ne peut pas comparer avec cette vidéo de 1906, certe c’est le jour et la nuit avec aujourd’hui mais un comportement entre les deux est préférable.
    La disparition le plus possible de panneaux en ville me parait souhaitable, le plus possible utiliser la priorité à droite. En revanche sur les autoroutes ou les nationales, c’est primordial, j’ai l’exemple de l’Inde en tête, là-bas les autoroutes sont complètement délaissées, on ne peut rouler à plus de 50km/h, l’intérêt c’est justement d’aller vite.
    Ce qui est répréhensible c’est la criminalisation du conducteur, l’utilisation abusive des radars. Rouler à 60 au lieu de 50 n’est pas un crime, rouler à 90 en centre ville oui.

  • En France, le réseau autoroutier n’a pas été conçu sous forme de maillage mais bien en étoile autour de la capitale, même si le réseau a pu évoluer autrement par la suite. Investir dans des routes en concurrence est une impasse : les routes font partie des (très rares) biens qui relèvent de l’intervention publique, par contrainte naturelle. En revanche, il convient de s’opposer à l’instrumentalisation actuelle du code de la route qui vise à la collectivisation des moyens de déplacement individuels performants. La privatisation des trains (pas du réseau) me semble une piste bien plus intéressante à explorer.

  • Bon sur le fond, je suis assez d’accord, mais quand même:

    Et pourtant, la caravane passe, à l’heure où nos infos quotidiennes sont envahies du moindre fait-divers à l’autre bout du monde, on ne semble pas nous marteler de la foule de massacres routiers que tout cela supposerait.

    Cela semble un peu naïf, non? Si je prends l’exemple de la Grèce, où tout le monde a une voiture et où l’application du code de la route est historiquement laxiste, c’est quand même un des pires endroits pour la mortalité routière. On s’en rend assez vite compte quand on voit toutes ces petites chapelles qui parsèment le bord des routes. Ce n’est évidemment pas seulement dû à la vitesse, mais d’une manière générale au manque de civisme et de prudence de la part des conducteurs. Et c’est là qu’on voit que la « peur du gendarme », la présence effective de règles coercitives joue quand même un rôle éducatif important. Les gens ont beau être théoriquement responsables, un nombre non négligeable se comportera de manière irresponsable et restera impérméable à toute argumentation rationnelle. L’effet éducatif est évident quand on compare les comportements générationnels: je connais peu de personnes de 20 ans qui ne mettent pas spontannément leur ceinture en montant dans une voiture, alors qu’il est quasi impossible de faire admettre le même comportement à un sexagénaire assis sur la banquette arrière. Dans un cas on leur répète que c’est indispensable depuis qu’ils sont tout petits, dans l’autre c’est une règle qu’on leur a imposé « alors qu’ils savaient déjà conduire ».

    Par contre je suis persuadé qu’on a atteint la limite en terme éducatifs avec le matraquage actuel sur le permis de conduire et les radars, puisque cette politique a surtout pour effet d’augmenter le nombre de conducteurs sans permis et a tendance saper la légitimité de la règle.

    • Bonjour Hueb,

      Vous ne semblez pas comprendre. Je vous cite :
      – « …un des pires endroits pour la mortalité routière. […] toutes ces petites chapelles qui parsèment le bord des routes. » : Ce n’est pas très fiable comme statistiques. Ça me semble plus un indicateur de religiosité que d’accidentologie…

      – « …manque de civisme et de prudence de la part des conducteurs. » : Ce genre de remarque fait la mort de notre liberté. Vous avez le droit de penser cela, mais c’est encore aux grecs, et aux grecs seuls, de savoir s’ils sont prudents ou civiques. Vous être en train de mélanger droit et morale. Ce n’est peut-être pas moral *selon vous* mais cela ne peut pas être une raison de pénaliser quiconque.

      – « …la « peur du gendarme », la présence effective de règles coercitives joue quand même un rôle éducatif important » : Vous vous contredisez, car manifestement, en Grèce comme chez nous, le gendarme fait peut-être peur, mais n’a rien « d’éducatif » !

      – « Les gens ont beau être théoriquement responsables, un nombre non négligeable se comportera de manière irresponsable et restera impérméable à toute argumentation rationnelle. » : Ça, c’est la phrase typique du tyran : Qui êtes-vous pour juger de les autres ? De quel droit votre point de vue pourrait-il suffire pour justifier une loi que les « irrationnels » dont vous parlez ne veulent peut-être pas ?

      – « je connais peu de personnes de 20 ans qui ne mettent pas spontannément leur ceinture » : Vous avez raison : Cela montre seulement que l’état a réussit son endoctrinement envers les jeunes, mais cela ne montre pas que ce genre de règles stupides a une quelconque valeur. Nous avons simplement plus de moutons sur la route aujourd’hui qu’hier, pas de quoi être fiers.

      – « la limite en terme éducatifs » : Je le répète : il n’y a pas a avoir d’éducation étatique en matière de quoi que ce soit, et surtout pas en matière de conduite. sinon, c’est de l’endoctrinement et de l’asservissement.

      PS : Je ne mets pas ma ceinture a l’arrière…

      Cordialement.

    • « manque de civisme et de prudence de la part des conducteurs »

      Non, c’est dû avant tout au fait que les routes sont publiques. Si les conducteurs payaient tous les coûts afferent à la circulation automobile, ils feraient moins les marioles derrière leur volant.

  • « Imaginons un instant une route ou une autoroute sans aucun panneau ». Vous avez été entendu : le gouvernement a décidé de supprimer certains panneaux du bord des routes !

  • J’ai habité Naples, ou personne, absolument personne, ne respecte le code de la route. Les sens interdits sont pris à toute allure dans la vieille ville par des scooters ou des voitures. Les embouteillages sont insensés et interminables. Les seuls endroits où il y a un peu moins de chaos, c’est devant les grilles des immeubles appartenant notoirement à la mafia.

    Allez y vivre quelques temps, et je vous garantis que vous vous réconcilierez vite avec le code de la route. Ce n’est même pas le danger permanent qui est le plus irritant (on s’habitue) , c’est l’énormité du temps perdu causé par le trafic anarchique qui résulte du non respect des sens de circulation. A soi seul, c’est un facteur de maintien dans le sous développement.

    • J’ai vécu en Afrique, j’imagine le chaos, peut-être même plus que vous… Et je pourrais vous rappeler qu’une bonne partie de ce chaos est du aux fait que les rues de Naples sont publiques et donc personne n’est motivé pour faire évoluer la circulation, adapter les routes au trafics,….. Ce n’est pas un problème de code de la route (qui lui est censé éviter les accidents, ce qui est différent.) mais d’équipement.

      • « ce chaos est du aux fait que les rues de Naples sont publiques et donc personne n’est motivé pour faire évoluer la circulation, adapter les routes au trafics, »

        Mais c’est pourtant du libéralisme dans toute son acception.

        Ce ce que vous appelez de vos vœux, moins de règles, plus de libertés….

        Je vois là un profond paradoxe, à la limite de la schizophrénie.

        Vous opposez liberté et règle de vie en société. Mais dans ce maelström libertaire, vous appelez à ce que quelqu’un prenne en charge « la circulation, adapter les routes au trafics, ». Vous souhaitez donc des règles (faire évoluer la circulation) et des actions publics par une autorité quelle conque (adapter les routes au trafics) donc par un état…

        Libéral oui, mais quand cela vous plais uniquement!!!

      • En revanche, les rues asiatiques, vous ne semblez pas les connaitre. Et dans le cas des rues de Pekin, ce n’est absolument pas un problème d’équipement. C’est juste la jungle.
        L’argument rue privé/rue publique n’est pas plus convaincant. Les autoroutes allemandes sont publiques et le système fonctionne plutôt bien.
        Fonder votre argumentation sur des exemples et de la rhétorique ne fait pas avancer le débat, car on peut toujours trouver des contre-exemples.

  • Libertariens = gros beaufs en renault fuego ?

    J’attends encore les remarques suivantes :
    – La ceinture tue, je connais un type qui s’est étranglé avec.
    – C’est quand j’vais lentement que je suis dangereux passque j’mendors.
    – Je conduis mieux quand je suis bourré.

    Les politiques ultra-répressives, anti-voiture, hyper intrusives, payent du point de vue de la mortalité. Tout dépend de ce que les opinions publiques privilégient : leur vie, ou leur sentiment de liberté avant de mourir. La suède privilégie la réduction du nombre de morts, et elle y arrive bien.

    Libertaros, vous pouvez prôner la liberté de comportement routière, mais il faut alors s’accomoder d’une mortalité à la grecque. Ca satisfera vos petits égos beaufs, et vous vous direz que 2000 ou 3000 morts de plus par an, c’est peu cher payé comparé à la « Liberté ».

    Vous les compterez au nombre des martyrs tombés au nom de la lutte contre le léviathan ?

    Des gosses, des gosses, des gosses, les libertaros. Tiens, j’envoie votre page à la ligue contre la violence routière, ca va les amuser.

    • Ooh, du troll et de l’homme de paille. On les voit se battre dans le champ de la sémantique boueuse duquel ils se sont à peine extraits.
      Ridicule mais on laisse, pour la postérité.

      • Rien ne peut être cher par rapport a la liberté. Pour être plus exact, s’il doit y avoir un prix a la liberté, ce n’est ni a vous, ni a quiconque ni surtout aux hommes de l’état de le fixer.

      • Mr Geyres, votre liberté de foncer bourré et sans ceinture à 130 à l’heure dans un hameau en départementale s’arrête là ou finit la liberté de survivre du gosse qui poursuivait son ballon sur ladite départementale. La liberté de vivre l’emporte largement sur la liberté de conduire.

      • Mr Geyres, votre liberté de foncer bourré et sans ceinture à 130 à l’heure dans un hameau en départementale s’arrête là ou commence la liberté de survivre du gosse qui poursuivait son ballon sur ladite départementale.

  • Vous écrivez:
     » Qu’est-ce donc que le risque ? Sans faire un cours, disons que selon les normes internationales (ISO 73), le risque est « l’effet de l’incertitude sur [ses propres] objectifs.» »
    Vous prenez pour référence une norme pour le Management du Risque en entreprise. Hors le Management du Risque n’est pas le risque. Votre définition (source Wikipédia) n’est pas celle du risque mais celle de pertes potentielle pour l’entreprise, ou dis plus simplement de la non -réalisation des objectifs (commerciaux, chiffre d’affaires, qualité…).
    (Il faut bien comprendre les écrits de WIkipédia)

    Hors dans le cas du code de la route, ce « risque » d’entreprise n’ aucun intérêt.
    Nous sommes dans une logique de probabilité d’accident, et donc d’un enjeu sur la vie humaine.
    Le risque est alors défini comme « étant la conjonction d’un aléa et d’un enjeu ».
    L’aléa étant la probabilité d’occurrence de réalisation d’un évènement.
    L’enjeu étant la perte induite par la réalisation de cet évènement.
    Voir en cela les travaux de Bernouilli sur la Loi des Grands Nombres.
    D’ailleurs ces travaux sont à la base des régimes des sociétés d’assurances.

    « Le risque est donc bien évidemment en partie déterminé par « l’effet », les conséquences possibles, ici l’accident.  »
    Erreur d’interprétation des statistiques, et plus particulièrement du lien de causalité. L’accident n’est pas une conséquence du risque, c’est la cause du risque. C’est l’aléa, au sens qu’il est le phénomène qui ce réalise.
    La cause c’est l’enjeu, qui se traduit par une perte (vie, mobilité, matérielle)…

    « Mais comment apprécier l’incertitude ? Est-ce la même pour tout le monde ? »
    L’incertitude n’est évaluée que sur de petits échantillons. La loi des grands nombres de Bernouilli, et les évolutions de Borel et Kolmogorov, montre qu’à partir d’une certaine taille d’échantillon, la probabilité de réalisation de l’évènement n’augmente plus. On dit alors que la probabilité d’occurrence de l’échantillon est égal à celle de la population. Aux conditions des variables aléatoires indépendantes et identiquement distribuées.
    On peut donc conclure que le risque d’accident est le même pour tous, à la condition que les mêmes règles s’appliquent à tous (variables aléatoires, identiquement distribuées).

    « Et surtout, comment la mettre en équilibre face aux objectifs, »
    il n’ y a rien à mettre en équilibre, il s’agit de loi statistique et de loi dynamiques. Il n’ y a pas d’équilibre à atteindre entre « l’incertitude » et « l’objectif ».

    Au final:
    Mettre un code de la route permet simplement de donner un risque égal à chacun. On donne une probabilité d’accident identique à tous.
    Cependant; le risque augmentera avec certains paramètres:
    La vitesse = l’enjeu sera plus fort, la gravité des blessures plus importante.
    L’alcool, la drogue = l’aléa sera plus important = la probabilité de réalisation d’un accident augmentera.
    La route et son entretien, la aussi augmentation de l’occurrence de l’aléa.

    Le libéralisme me plait, mais chercheur écologue, je peut dire ceci:
    Aucun système ne fonctionne sans des lois et des règles.
    Tous les système meurent si trop de lois ou de règles.

    De vouloir faire et voir du libéralisme « béa » partout, un est danger majeur.

  • Beaucoup d’ignorance et/ou de mauvaise foi dans tout ça…

    Faut-il rappeler qu’au milieu des années 70, il y avait 15.000 morts par an sur les routes françaises et que ça empirait tous les ans. Depuis le trafic à quintuplé – à conditions égales on serait donc sans doute à 80.000 morts par an… ce qui est difficilement acceptable vous l’admettrez.. – et le nombre de morts a été divisé par 4…

    Sans doute les progrès des véhicules y sont-ils pour quelque chose mais la limitation de vitesse est clairement la raison principale: des études savantes le démontrent, mais n’importe qui peut le comprendre: il y a des millions d’abrutis sur les routes qui sont incapables de se concentrer, d’évaluer vitesses et trajectoires, de réagir en cas d’urgence, etc. si on leur laisse le champ libre, c’est l’hécatombe assurée. Et les règles d’augmentation de la mortalité avec l’augmentation de la vitesse que vous rappelez sont vérifiées statistiquement évidemment: vous êtes capbles de faire la différence entre le destin d’un individu et la statistique appliquée à une population.

    Autre illustration intuitive des bienfaits de la limitation de vitesse : le nombre de morts sur la route en vélo : 800 à 1000 par an dans les années 1960, 200 seulement par an dans les années 2000…. Même chose pour les piétons: environ 3000 morts par an en 1965-1975, à peine 300 morts par an depuis quelques années… Ce n’est pas la fatalité mais le code de la route et les limitations qui ont sauvé toutes ces vies. Faut-il préciser l’impact de ce genre de morts dans une famille? Et encore que la vitesse excessive fait autant de handicapés que de morts, ça fait un paquet: vous n’avez pas d’actions chez les marchands de fauteuils roulant j’espère!

    Depuis 30 ans j’ai fait plus de 800.000 km sur la route. Sans aucun accident alors que pratiquement tout le temps en excès de vitesse. Mais cette jouissance de la vitesse n’obscurcit pas mon esprit au point d’élaborer des arguments complètement absurdes, irrationnels et immoraux.

    http://www.securite-routiere.org/Fiches/statistiques/statfr.htm

  • Les commentaires sont fermés.

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

Walter Lippmann fut un journaliste américain à la fois engagé dans les affaires internationales et dans les débats d'idées. Il mit en avant l'impossibilité d'une authentique démocratie dans une société contemporaine dans ses livres Public Opinion et The Phantom Public.

Si il fut un observateur lucide de la politique nationale comme des affaires mondiales, il fut aussi le promoteur réfléchi de solutions aux problèmes de régime. Il a ainsi été l'initiateur d'un libéralisme humaniste qu'il a promu dans son livre The Good Society. La profo... Poursuivre la lecture

0
Sauvegarder cet article

Qu’est-ce que le libéralisme ? Voilà une question qui peut paraître simple, mais au sujet de laquelle le moins qu’on puisse dire est qu’il existe beaucoup d’idées préconçues. Pour ne pas dire totalement fausses.

Il n’y a sans doute pas plus haï ou diabolisé que ce vocable de « libéral », quotidiennement mué en « ultra-libéral » ou « néo-libéral » pour les besoins de la cause.

Vous affubler de ce qualificatif suffit généralement à vous discréditer et à vous rendre inaudible par avance. Pourtant, le libéralisme n’est pas ce que l’... Poursuivre la lecture

Une large partie des intellectuels, chercheurs et membres de l’administration d’État ont érigé le vaccin comme remède universel à la crise sanitaire du Covid-19.

Aujourd’hui, le constat est clair, le vaccin n’est en rien un remède consensuel dans son efficacité face à cette crise inédite, voire a aggravé le contexte sanitaire, politique et économique et fragilisé la cohésion de nos sociétés.

Ainsi, par la force des incitations plus ou moins coercitives des pouvoirs publics une large partie de la population s’est fait vacciner.Poursuivre la lecture

Voir plus d'articles