En moyenne, on va se ramasser

Aujourd’hui, Van Rompuy a parlé de la situation fondamentalement saine de l’Union européenne

Dans un discours à Oslo, en Norvège, aujourd’hui, le président de l’UE Herman Van Rompuy a parlé de la situation fondamentalement saine de l’Union européenne. Il utilise comme référence une croissance moyenne de 2%, un déficit budgétaire moyen de 4,5%, et la force de l’euro comme preuve de ce qu’il avance.

Dans son esprit, ce sont là des « faits de base ».

Eh bien, pour notre part, nous pensons que ça vaudrait la peine de lui rappeler la nature de base des moyennes. Si vous avez deux groupes très divergents (le noyau vs. les économies de la périphérie de la zone euro), la moyenne sera quelque part au milieu et ne sera pas très utile. Elle pourrait même bien être trompeuse.

Prenez deux personnes. L’une est à deux doigts de tomber d’une falaise (la Grèce, l’Irlande, le Portugal), et l’autre se trouve à une bonne distance (l’Allemagne, la Finlande, etc.) En moyenne, leur position par rapport au bord de la falaise ne paraitra pas trop mauvaise, mais c’est sans compter sur le fait que l’une des deux est en très mauvaise posture. Maintenant, ajoutez à cette analogie le fait que les deux se trouvent attachés par une corde (la monnaie unique), et la situation n’est clairement pas telle que le laisse entendre van Rompuy et son scénario apaisant des « faits de base ».

Quant à l’euro fort, voilà bien un autre fait trompeur. Il est soutenu par le spectre d’une augmentation imminente des taux de la BCE, qui ferait du tort à bon nombre d’économies de la périphérie de la zone euro, du fait d’un fort endettement du privé et du manque de prêts dans leurs économies, sans même mentionner l’encouragement à un accroissement encore plus poussé du déficit de la balance des paiements courants. Dans notre scénario, ceci introduit une troisième personne (la BCE) qui rogne à petits coups de pioche le bord de la falaise sur lequel se tient la première personne, précipitant ainsi sa chute.

Pour exposer les faits de base d’un système aussi complexe que la zone euro, il faut regarder plus loin que les moyennes.

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Repris du blog d’Open Europe.