Le non-interventionnisme du parti libéral allemand

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Le non-interventionnisme du parti libéral allemand

Publié le 29 mars 2011
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L’abstention du gouvernement allemand lors du vote de la résolution 1973 sur la mise en place d’une zone d’exclusion aérienne en Libye a été accueillie avec surprise en France où l’on a du mal à accepter que l’Allemagne exprime des positions nationales différentes.

Cette décision du gouvernement fédéral, qui repose depuis 2009 sur une coalition entre les Chrétiens démocrates (CDU/CSU) et les Libéraux (FDP) n’a pas été sans débat en Allemagne même.

Si un sondage du 26 mars 2011 publié dans le magazine Focus montre que 56% de la population allemande a soutenu l’abstention au Conseil de sécurité, 36 % a considéré qu’il s’agissait d’une erreur.

Le parti de centre-droit allemand (CDU) divisé sur la question de la guerre en Libye

Au sein de la CDU, le parti d’Angela Merkel, une discussion houleuse a eu lieu. L’ancien ministre de la Défense Volker Rühe n’a pas hésité à déclarer que cette décision détruisait les fondements de la politique extérieure de l’Union. De même, le député Wolfgang Bosbach a décrit le choix de la coalition comme une énorme remise en cause de « la relation avec nos proches partenaires européens et américains ». Il ne faut pas oublier que la CDU a plutôt favorisé par son soutien l’intervention de militaires allemands sur des théâtres d’opération extérieurs, comme l’Afghanistan, rompant avec la tradition de non intervention héritée de la République de Bonn.

L’Allemagne est toujours dirigée par des gouvernements de coalition et un chancelier allemand n’a pas les pouvoirs d’un président de la République française.

C’est essentiellement pour ne pas s’aliéner, dans une année marquée par sept élections régionales (on parle en Allemagne de Superwahljahr), Guido Westerwelle, le vice-chancelier en charge des Affaires étrangères et chef du parti libéral, qu’Angela Merkel a soutenu cette position.

Le parti libéral allemand (FDP) opposé à l’intervention en Libye

Mais au sein du gouvernement de la coalition, il faut bien comprendre que l’opposition à l’intervention en Libye est avant tout celle du ministre des Affaires étrangères et du FDP. Le petit parti libéral, porteur d’une longue tradition historique, incarne l’Allemagne des entrepreneurs. Sa priorité est la stabilité des investissements et des exportations industrielles, qui connaissent une relance très forte depuis 2009, mais guère les questions militaires. Il y a chez les Libéraux allemands des traits communs à certains Républicains isolationnistes aux Etats-Unis. L’important est d’assurer la bonne marche de l’économie allemande en profitant des aspects positifs de la mondialisation, en particulier le libre-échange.

Le FDP, comme l’a souligné récemment son porte-parole Rainer Stimmer, se réjouit que l’Union européenne ait voté des sanctions à l’égard de Khadafi, car il considère cette mesure comme suffisante. Tout le monde sait aussi qu’en pratique les sanctions n’ont jamais empêché les entrepreneurs ingénieux de s’arranger.

Le parti écologiste allemand divisé sur la question

Cet isolationnisme libéral est très différent des réticences d’une majorité de la gauche allemande qui peut encore être opposée aux interventions militaires au nom d’arguments moraux. Là encore, il faut d’ailleurs relativiser cette opposition de la gauche allemande. Si le SPD et Die Linke ont en effet globalement soutenu la décision du gouvernement sur la Libye, d’éminents membres du Parti des Verts, tels que Joschka Fischer (on pourrait citer aussi Daniel Cohn-Bendit même si celui-ci appartient davantage aujourd’hui au monde politique français), se sont élevés contre. Joschka Fischer était d’ailleurs le ministre des Affaires étrangères d’une coalition SPD–Verts qui a encouragé l’armée allemande à se joindre aux bombardements de l’OTAN contre la Serbie de Milosevic.

La décision prise par le gouvernement fédéral à l’égard de la Libye doit donc être interprétée prioritairement comme un refus du FDP au sein de la coalition.

Lire la suite de cette analyse par Christian Lequesne sur le site de Telos.

Ce paragraphe a été reproduit avec l’accord de Telos.

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