Propriété privée pour les indigènes

À propos du livre de Hernando de Soto, L’Amazonie n’est pas Avatar

Partager sur:
Sauvegarder cet article
Aimer cet article 0

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

Propriété privée pour les indigènes

Publié le 24 janvier 2011
- A +

80% des indiens vivant encore dans la jungle ne souhaitent pas que leurs enfants continuent à vivre dans des communautés isolées. Dans presque toutes ces communautés on a retrouvé des cartes, des lois communautaires et des certificats de possession délivrés par les indigènes sur des maisons, des terres, des zones de chasse et des transactions commerciales, indiquant que ces derniers sont parfaitement disposés à faire des affaires.

Hernando de Soto, l’auteur du Mystère du capital, a été dans la jungle péruvienne pour recueillir des informations pour son livre L’Amazonie n’est pas Avatar. Là, il apprit qu’un arbre d’acajou avait été vendu pour trois kilos de sucre (environ $3). Quel dommage, rappelle de Soto, parce que si le propriétaire de cet arbre l’avait vendu à Callao (le port de Lima), c’est $12.000 qu’il en aurait retiré. Pire, s’il avait pu directement le vendre en Californie, c’est $50.000 qu’il aurait reçu pour son bois précieux.

Cela fait 20 ans que se sont déroulés les premiers soulèvements indigènes en Équateur et il est malheureux de voir la plupart d’entre eux se trouver encore dans la lamentable situation de cet indien péruvien qui échangea son acajou contre trois kilos de sucre. Ceci est largement dû aux opportunistes politiques qui prospèrent grâce au mythe selon lequel les indiens seraient semblables aux indigènes de Pandore dépeints dans le film Avatar. Un mythe que de Soto résume ainsi : les indiens seraient riches « à leur manière », préférant être isolés et n’ayant pas besoin du reste du monde, ni ne désirant des biens ou des entreprises ; ils auraient un point de vue incompatible avec la mondialisation et davantage de dégradation environnementale résulterait des droits de propriété.

Bien loin de cette mythologie écologiste de supérette, les recherches de l’équipe d’Hernando de Soto révèlent que 80% des indiens vivant encore dans la jungle ne souhaitent pas que leurs enfants continuent à vivre dans des communautés isolées. Sept indigènes péruviens sur dix sont pauvres et cinq sur dix vivent dans une extrême pauvreté. L’espérance de vie dans les zones indigènes est de 20 ans inférieure au reste du pays. De plus, dans les zones indigènes, la mortalité infantile est deux fois supérieure, 50% des enfants autochtones y souffrent de malnutrition et 40% d’anémie. Par contre, dans presque toutes ces communautés on a retrouvé des cartes, des lois communautaires et des certificats de possession délivrés par les indigènes sur des maisons, des terres, des zones de chasse et des transactions commerciales, indiquant que ces derniers sont parfaitement disposés à faire des affaires. Mais surtout, il apparaît que la dégradation environnementale se produit dans les zones sans droits de propriété solidement établis.

Hernando de Soto explique que les communautés indigènes ne contrôlent pas leur territoire en dépit de la titularisation des terres par l’État péruvien. Par exemple, l’État péruvien, au lieu de créer une loi pour les indiens de l’Amazonie, a créé environ 5.000 systèmes juridiques souverains qui ne sont pas standardisés. « En ne partageant pas les mêmes normes d’une communauté à l’autre, ni avec le reste du Pérou ou du monde, ils vivent dans une sorte d’apartheid économique stérile. » Et l’on peut s’imaginer que la situation des populations autochtones dans les hautes terres rurales et dans l’Amazonie équatorienne souffrent d’un apartheid similaire. Un apartheid que, depuis longtemps, les mouvements autochtones auraient dû exiger qu’il soit supprimé. Malheureusement, on vient de fêter le 20e anniversaire de dirigeants politiques qui, au nom des indigènes, tendent leur sébile devant l’État, sans jamais réclamer pour ceux qu’ils prétendent défendre des droits de propriétés solides, même pas pour les ressources naturelles gisant dans le sous-sol de leurs terres.

Voir les commentaires (2)

Laisser un commentaire

Créer un compte Tous les commentaires (2)
  • un peu facile.
    surtout pour les ressouces naturelles.
    non seuleument ils touchent queshi.
    et en plus leur environnement et completement detruit.
    rafael correa a fait condamner une petroliere a 10 milliards de dollars d’amende.
    votre article est vraiement trop partial et peu informe.
    hernando de soto il est un peu trop theorique.
    quand a vous defenseur des indiens lol.
    marc

  • L’article parle du Pérou, et non de l’Equateur, sur le choix de vie des indigènes, et non pas sur la santé des forêts, (c’est vrai que la vie humaine passe après l’environnement chez les écolos).
    Ensuite, un juge (et non le président de l’Equateur) a condamné la compagnie pétrolière (et non la pétrolière !!) Chevron de 8 milliards (et non de 10, mais on n’est plus à 2 milliards près, n’est-ce-pas!)

    « votre article est vraiement trop partial et peu informe. » C’est vrai que vous, vous l’êtes parfaitement informés et partiales..

  • Les commentaires sont fermés.

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

La façon dont le droit de propriété est interprété par les différentes cours de justice de la République française ne cesse d'amuser la galerie et c'est sans surprise que des affaires défrayent régulièrement la chronique. Ainsi, dernièrement, on apprend que même s'il est occupé illégalement, vous devez entretenir votre logement.

Eh oui m'ame Ginette, même lorsque votre bien est squatté, vous avez obligation d'en assurer le bon entretien et de tout faire pour éviter que l'occupant ne subisse un quelconque préjudice provoqué par un défau... Poursuivre la lecture

2
Sauvegarder cet article

En France, le capitalisme n’a pas bonne presse. S’il est aisé de trouver des dizaines d’articles expliquant comment il détruit l’environnement ou comment il enrichit sans cesse les plus riches, il est plus difficile d’en trouver qui expliquent comment il a sorti l’Occident (et maintenant une partie de l’Orient) de la misère agricole et permis une progression des niveaux de vie absolument inédite dans l’histoire de l’humanité.

Une partie de ces critiques provient d’une mauvaise compréhension de ce qu’est le capitalisme, qui est assimilé... Poursuivre la lecture

Par Michael Miller[1. Michael Matheson Miller est chercheur et directeur des médias à l'Acton Institute. Ses films comprennent Poverty Cure, The Good Society, et Poverty, Inc., qui a reçu de nombreux prix cinématographiques.].

L’entrepreneuriat suscite un grand enthousiasme de nos jours. Il existe des entrepreneurs sociaux, intellectuels, éducatifs, et même des « intrapreneurs » (des entrepreneurs au sein de leurs propres entreprises).

Des entrepreneurs tels que Steve Jobs et Bill Gates ont été érigés en citoyens modèles. Des ma... Poursuivre la lecture

Voir plus d'articles