La météo détournée par les verts

La capacité de prévision des services météo est devenue une blague nationale

L’hiver le plus froid depuis que les températures sont enregistrées, c’est à dire depuis 1659.

De loin la plus grande information de ces derniers jours, écrit Christopher Booker, est le chaos ahurissant infligé, à un degré plus ou moins grand, à toutes nos vies, par le fait que nous traversons non seulement l’hiver le plus froid depuis que les mesures ont commencé en 1659, mais aussi le plus rude de 3 hivers glaciaux de suite. Nous avons tous entendu les récits de désastres, les automobilistes piégés pendant des heures sur des autoroutes paralysées, les jours de misères dans les aéroports, des passagers du rail stockés dans des wagons sans chauffage jusqu’à 17 heures d’affilée.

Mais au centre de tout cela, alors que s’élève la clameur, « pourquoi n’étions-nous pas mieux préparés ? » se trouve le rôle bizarre joué par les services Météo. On peut commencer par l’affaire étrange du rapport Quarmby. Peu après que Philip Hammond soit devenu secrétaire d’État aux transports du Royaume Uni en mai dernier, il a confié à David Quarmby, un ancien chef de l’autorité stratégique du rail, le rôle d’examiner comment nous pourrions éviter les perturbations de l’hiver dernier.

En juillet, puis en octobre, M. Quarmby a produit deux rapports sur « la résilience du système de transport ferroviaire anglais en hiver »; et, debut décembre, après les premières chutes de neige majeures, il a été demandé à M. Quarmby et deux collègues, de produire un « audit » de leurs conclusions précédentes. L’essence de leur message, c’est qu’ils ont consulté les services météo (Met Office), qui les ont informés que les deux précédents hivers rudes de suite, étaient des évènements aléatoires, avec une probabilité, dans le cadre d’une longue série d’hivers doux, de 1 sur 20.

De façon similaire, on nous avait dit cet été, que la chance d’avoir encore un hiver si rude n’était toujours que de 1 sur 20. Il n’était donc pas sage de dépenser des milliards pour se préparer pour un tel « évènement aléatoire », alors que sa probabilité était si basse. En respectant cette logique, si la cote d’un hiver rude était il y a deux ans de 1 sur 20, on aurait pu penser que la cote pour un enchainement de trois de suite n’était pas 1 sur 20 mais bien de 1 sur 20 x 20 x 20, soit 1 sur 8.000.

Ce à côté de quoi M. Quarmby semble être complètement passé, cependant, c’est que, ces trois dernières années, la capacité de prévision des services météo est devenue une blague nationale. En permanence depuis qu’ils ont prévu un été plus chaud et plus sec que la moyenne en 2007, ce qui fut suivi par certaines des pires inondations de mémoire d’homme, leurs prévisions ont été si infailliblement fausses, que même le conseiller en chef de notre secrétaire d’État aux transports aurait dû le remarquer.

Les prévisions des services météo, d’été et d’hivers plus chauds que la moyenne, ont été de façon si cohérentes à 180 degrés opposés à la réalité que, plus tôt cette année, ils ont concédé qu’ils allaient abandonner les prévisions saisonnières. Et c’est de là qu’est venu que, la semaine dernière, ils ont émis un déni catégorique face à l’affirmation de la Global Warming Foundation selon laquelle les services météo avaient bien fait une prévision pour cet hiver.

Dans la foulée, cependant, un certain nombre de blogs, dont Autonomous Mind, ont produit des preuves venant du site du Met Office lui même, comme quoi il avait bien publié en octobre une prévision pour décembre, janvier et février. Et cette prévision indiquait qu’il ferait sensiblement plus chaud qu’il y a un an, et qu’il n’y avait « qu’une chance très en dessous de la moyenne d’avoir des températures en dessous de la moyenne ». Les services météo n’ont donc pas seulement été pris une fois de plus la main dans le sac en plein affreux plantage (toujours dans la même direction), mais en plus ils étaient prêts à nier qu’ils avaient rien dit de tel.

La vraie question c’est, pourquoi sont ils devenus, de façon si ahurissante, si mauvais à faire le boulot pour lequel on les paie 200 millions de livres sterling par an, avec des résultats si prodigieusement dommageables pour le pays ?

La réponse c’est que, ces 20 dernières années, comme on peut le voir sur leur site web, les services météos ont été détournés de leur juste rôle, et sont devenus entièrement asservis à leur obsession du réchauffement climatique. (À un certain point, ils avaient même changé leur nom en : service « pour la météo et le changement climatique ».)

Tout cela a commencé quand leur directeur de l’époque, John Houghton, est devenu l’un des promoteurs les plus influents au monde, de l’évangile du réchauffiste. C’est lui, plus que tout autre, qui s’est rendu responsable de la création du groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) aux Nations Unies,  dont il est resté à la tête pendant 13 ans. C’est lui qui, en 1990, a lancé le Centre Hadley pour le Changement Climatique du Met Office, lié de près à l’Unité de Recherche Climatique d’East Anglia, qui est au centre du Climategate de l’année dernière, Climategate qui a démontré comment une petit groupe de scientifiques au cœur du GIEC sont prêts à tordre leurs données et à supprimer toute dissidence face à l’orthodoxie du réchauffement climatique.

La raison pour laquelle les prévisions des services météo sont si désespérément fausses, est qu’elles sont basées sur les mêmes modèles informatiques sur lesquels se repose le GIEC pour prédire le climat du monde dans 100 ans. Ils sont programmés suivant la supposition que, comme monte la teneur en CO2 de l’atmosphère, ainsi, inexorablement, suivront les températures.

Pendant 17 ans, ça a paru plausible, parce que le monde a donné l’impression de se réchauffer. Nous nous sommes tous familiarisés avec ces hivers plus doux et ces printemps plus précoces, que les réchauffistes étaient prompts à exploiter pour promouvoir leur message, comme par exemple quand le Dr David Viner, de l’Unité de Recherche sur le Climat, a fameusement prédit à The Independent que « d’ici quelques années, les chutes de neige seront un évènement rare et excitant ». (La semaine dernière, cet article, vieux de 10 ans, était le plus lu sur le site de The Independent).

Mais en 2007, les modèles se sont fait attraper, échouant à prévoir un plongeon temporaire des températures mondiales de 0,7°C, soit plus que le réchauffement net de tout le 20ème siècle. Une grande partie de l’hémisphère Nord a alors souffert de ce que, en Amérique du Nord, on a appelé « l’hiver de l’enfer« . Et même si les températures sont remontées ensuite, cette chute s’est reproduite à l’hiver 2008-2009, mais en pire.

Les services météo ont alors simplement sombré dans le déni. Leur officiel sénior pour le changement climatique, Peter Scott, a dit en mars 2009 que la tendance vers des hivers plus doux allait probablement se prolonger. Il n’y aurait pas d’hiver comme 1962-1963 pour « 1.000 ans ou plus ». Mais l’hiver dernier a été plus froid encore. Et maintenant, nous avons un autre « évènement aléatoire » sauvage, pour lequel nous sommes encore moins bien préparés.  (L’association Taxpayers Alliance a révélé la semaine dernière que les autorités locales ont en fait commandé moins de sel cet hiver que le précédent !).

Les conséquences de tout cela sont profondes. Les gens qui gouvernent nos vies se sont laissés transporter au pays des contes de fées, ce pour quoi nul n’est plus responsable que les zélotes des services météo, qui subordonnent tout à leur système de croyances de toqués. De façon significative, leur président, Robert Napier, n’est pas un météorologue, mais un « activiste du climat », anciennement chef du WWF au Royaume-Uni, un de nos principaux groupes militants réchauffistes.

À un bout de ce détournement colossal de nos ressources nationales, qui se répand à tous les niveaux de gouvernement, nous trouvons l’infortuné M. Quarmby, qui se sent obligé de suivre les services météo, et qui nous informe que les gelées actuelles sont un « évènement aléatoire » n’appelant pas de réponse particulière, avec le résultat que l’on sait. À l’autre bout, fixé dans le même système de croyances, nous avons notre secrétaire d’État au changement climatique, qui espère que nous pouvons, d’une façon ou d’une autre, garder nos lumières allumées et notre économie en état de fonctionnement en dépensant des centaines de milliards de livres sterling dans des milliers d’éoliennes supplémentaires.

À plus d’une reprise, dans la semaine écoulée, alors même que nos centrales électriques ont été malmenées bien au delà des pics normaux de demande, la contribution des éoliennes a été si petite qu’elle à été enregistrée à 0% de la production d’électricité. (Voir la page neta de résumé de l’électricité). Au cœur de tous ces contes de fées verdistes, qui ont attrapé dans leurs filets toute la classe politique, il y a le détournement des services météo bien loin de leur juste rôle. Et ce n’est plus du tout une blague nationale : c’est en train de devenir une catastrophe nationale.

Repris de EU Referendum avec l’aimable autorisation de Richard North.

Pourquoi Londres était préparée à la neige, par Anthony Watts.

Réchauffement climatique, l’ombre de Lyssenko.

Ce réchauffement qui n’en finit pas de nous les geler, par H16.

Histoire du changement climatique, par Copeau.