La réforme de la santé aux Pays-Bas

244.000 malades attendaient des soins hospitaliers

Partager sur:
Sauvegarder cet article
Aimer cet article 0

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

La réforme de la santé aux Pays-Bas

Publié le 8 décembre 2010
- A +

Aux Pays-Bas, la réduction comptable des dépenses de santé exercée par les pouvoirs publics s’est automatiquement traduite par des retards dans la délivrance de soins auprès de la majorité de la population.

Comme les finances publiques continuent de se dégrader, le gouvernement français tente de brider davantage les « dépenses d’assurance maladie ». Leur assainissement en France est absolument nécessaire. Cependant, la voie empruntée par le gouvernement mène à une impasse et cache des effets pervers redoutables pour les malades. Car sans une libéralisation au préalable du système de santé, la maîtrise comptable des coûts de santé débouche inexorablement sur un rationnement bureaucratique des soins et, à terme, sur des files d’attente pour les patients français. Pour l’Institut économique Molinari, le gouvernement français devrait tirer des leçons de la réforme menée aux Pays-Bas en 2006, dont une étude analyse précisément la teneur.

La politique actuelle de maîtrise comptable des coûts en France est une impasse. Pour preuve, il suffit d’en constater les dégâts là où elle a été menée, aux Pays-Bas avant la réforme de 2006. Le système hollandais reposait sur des prestataires de soins (médecins, hôpitaux, laboratoires, etc.) qui dans la plupart des cas n’avaient pas le statut public, à l’image du secteur libéral en France et du secteur privé hospitalier. Cependant, comme en France, ils étaient dépendants pour la majeure partie de leurs revenus du monopole public de couverture maladie et in fine du pouvoir politique. Leurs conditions d’exercice étaient aussi fortement étatisées et leurs budgets restaient sous le contrôle strict de l’État. Dans ce contexte, la réduction comptable des dépenses de santé exercée par les pouvoirs publics s’est automatiquement traduite par des retards dans la délivrance de soins auprès de la majorité de la population.

Les conséquences ne se sont pas fait attendre : comme au Royaume-Uni et au Canada, les files d’attente se sont allongées ! Ainsi, en 2001, environ 244.000 malades attendaient pour des soins hospitaliers. Le coût lié aux listes d’attente – en termes de perte de bien-être, de revenu et de productivité, de handicaps à long terme, etc. – a été estimé à €3,2 milliards par an, soit près de 6,1% des dépenses totales de santé cette année-là.

Le gouvernement hollandais a alors eu le courage de desserrer l’étau étatique plutôt que de mener le système à son étatisation complète, au bénéfice des patients, des prestataires de soins, voire même d’une meilleure maîtrise des dépenses de santé.

–Le monopole du régime obligatoire de couverture maladie qui couvrait environ les deux tiers de la population a été aboli – un sujet tabou en France. Désormais, les Hollandais ont le choix entre différentes polices et entre différents assureurs, les incitant à une « consommation » plus responsable des soins.
–Les prestataires de soins disposent de plusieurs sources de revenus et ne subissent pas – comme en France – le pouvoir de ce monopole. Ils négocient leurs prestations de santé avec les différents assureurs privés et peuvent s’organiser plus librement : filières verticalement intégrées, organisées par les assureurs privés, et mises à disposition de leurs assurés, etc.
–Les tarifs de plusieurs soins hospitaliers courants – tels que les opérations de la hanche, du genou, de la cataracte, etc. – ont été laissés à la libre négociation. La part des soins librement tarifés a ainsi été progressivement étendue, atteignant 20% des dépenses hospitalières en 2008 et 34% en 2009.

Les temps d’attente ne sont plus considérés comme un problème depuis la réforme. Leur réduction a d’ailleurs pu se faire alors que les dépenses totales de santé ont augmenté moins vite après la réforme, entre 2006 et 2008 (+5,3% en moyenne par an), qu’entre 1998 et 2005 (+7,6%). La réforme hollandaise de libéralisation du système de santé ne va certes pas assez loin et à terme les bénéfices attendus pourraient être du coup, bien moindres. Elle offre cependant des pistes de réforme intéressantes pour les pouvoirs publics français et ceux d’ailleurs.

Voir le commentaire (1)

Laisser un commentaire

Créer un compte Tous les commentaires (1)
  • Attention de faire l'analyse à fond: le temps d'attente seul ne veut rien dire, surtout aux Pays-Bas où il est devenu courant de se faire soigner chez soi.

    Alors certes économiquement ça y va mieux, mais au niveau de la qualité c'est pas vraiment ça. Les Hollandais du Sud vont même se faire soigner en Belgique pour éviter le système néerlandais, cher…

  • Les commentaires sont fermés.

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

Les drames aux urgences ont rebondi avant l'été avec le retour massif à l’hôpital des malades non covid. En 2019 les services d’urgences connaissaient déjà la crise la plus grave depuis plus de 10 ans avec 25 000 000 passages par an. Il n’était pas rare de rester 12 heures sur un brancard avant d’être pris en charge. Désertées par les malades paniqués par la covid pendant la pandémie elles connaissent un nouvel afflux alors que 20 % des lits sont fermés faute de personnels.

François Braun, ancien Président de Samu-Urgences de France n'... Poursuivre la lecture

Pap Ndiaye en a fait la promesse : il y aurait un prof dans chaque classe à la rentrée. Mais chacun sait que le jour J les classes sans enseignant seront nombreuses. Pire, elles risquent de se peupler d'enseignants "au rabais", paumés, parachutés là en dernière minute sans en avoir ni le niveau ni la préparation, tels des figurants de « Village Potemkine ».

Le drame est qu’une école sans enseignants n’est plus une école. C’est une garderie.

 

Comment en sommes-nous arrivés là ?

De quoi la crise des vocations enseigna... Poursuivre la lecture

Il y a 350 ans, le 20 août 1672, une foule déchaînée enfonçait les portes d'une prison de La Haye et s'emparait des frères Jean et Cornélius de Witt. Ce qui s'est passé ensuite relève de récits contradictoires et confus à l'image de la fureur populaire déchainée. Frappés à coup de crosse, de piques et de décharges de mousquets, défigurés, mutilés, les deux frères étaient achevés dans la rue. Leurs restes étaient trainés et attachés au gibet. « On vendit au plus offrant les lambeaux de leurs vêtements et même les débris de leurs corps ».

<... Poursuivre la lecture
Voir plus d'articles