L’euro n’est pas fini

C’est bien le problème

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L’euro n’est pas fini

Publié le 28 novembre 2010
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Je viens de parler à un homme brillant, peut-être celui qui a le mieux réussi financièrement de tous mes contemporains, un investisseurs dont je suivrais l’avis sans hésitation si j’avais quoi que ce soit à investir.

Il est confiant que l’euro va surmonter ses épreuves actuelles, pour une raison avant tout : sa survie sied à l’Allemagne. Le coût du renflouement des membres périphériques, croit-il, est contrebalancé par les avantages pour l’industrie allemande d’un taux de change artificiellement bas. Le résultat idéal pour l’Allemagne serait que l’euro continue en boitant, bosselé et déprécié, et que la banque centrale européenne soit poussée à faire tourner la planche à billet, ce qu’on appelle désormais par le doux euphémisme de quantitative easing. Oubliez l’attachement atavique du public allemand pour une monnaie forte, dit-il ; les exportateurs allemands savent reconnaître une bonne chose quand elle leur passe sous le nez.

Non pas que les politiciens  allemands ne soient cyniques : leur engagement en faveur de l’intégration européenne est absolument sincère (même s’il est absolument buté). Par le passé, ils ont été tout à fait prêts à élever leur vocation européenne au dessus de leur intérêt national. Il se trouve juste que, dans l’occasion actuelle, les intérêts allemands et euro-intégrationistes se rejoignent.

S’il n’était les dégringolades* grecques et irlandaises, la valeur de l’euro serait en train de grimper. La Réserve fédérale américaine s’est engagée, comme politique déclarée, à promouvoir l’inflation, ce qui aurait tiré vers le bas la valeur non seulement du dollar US, mais aussi du yuan, qui y est lié. La crise des États en bordure de l’euro (le domino portugais devrait osciller dans la semaine qui vient), garde en fait l’euro à un niveau plus bas.

Il pourrait venir un moment, bien sûr, où le coût de soutenir une monnaie unique dépasse les avantages. Un effondrement espagnol pourrait en être le signal, même si l’Espagne n’est pas dans la même position que le Portugal ou la Grèce. Mais, me dit mon ami, nous sommes loin d’un tel moment.

Il est important pour les sceptiques de comprendre ce que nous entendons par « la crise de l’euro ». La tragédie de l’Europe n’est pas que son union monétaire pourrait se fractionner, mais bien qu’elle pourrait tenir, condamnant les peuples de ses nations périphériques à une génération de déflation, de pauvreté et d’émigration.

* : en Français dans le texte.

Repris du blog de Danniel Hannan hébergé par le Telegraph, avec l’aimable autorisation de son auteur.

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  • L'allemagne s'est toujours (depuis la fin de la guerre) accomodé d'une monnaite forte, elle a toujours joué a contre courant, par rapport a ceux qui pratiquaient la 'dévaluation compétitive', on ne peut pas dire que l'allemagne et les allemands s'en soient mal portés. De ce point de vue, il n'y a rien de changé et pour ma part je pense que lorsque le soutien a l'euro deviendra trop lourd on commencera outre rhin a envisager une sortie.

  • Ca me fait rire toutes ces analyses sur la force ou faiblesse de l'euro (et de n'importe quelle monnaie au fond). Quand l'euro était fort, tout le monde râlait (contre l'Allemagne en plus). Quand l'euro est très faible, tout le monde râle aussi (contre l'Allemagne en particulier). Arrêtez vos délires et admettez qu'au fond c'est la monnaie unique qui vous dérange, mais arrêtez donc de vous justifier en donnant des airs de rigueur !

    Enfin, il faudra m'expliquer en quoi la déflation est particulièrement mauvaise (surtout par rapport à l'inflation).

    Et puis faudrait arrêter d'exagérer en parlant de toute une génération, quand même !

    Les eurosceptiques sont comme les eurocrédules, dès que ça touche à l'Europe ils perdent toute rigueur !

  • Les commentaires sont fermés.

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