Ca va se passer dans la douleur

Si l’Etat doit assurer sa pérennité, il est plus que probable qu’il doive faire tirer dans la foule…

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Ca va se passer dans la douleur

Publié le 24 septembre 2010
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Un aimable lecteur m’a fait parvenir un lien pointant sur une interview de Christian Harbulot, l’actuel directeur de l’Ecole de Guerre Economique.

Bien qu’assez loin de partager ou même d’être intéressé par l’ensemble des propos tenus par Harbulot, j’ai cependant écouté avec attention quelques uns des passages de l’entretien visible dans la vidéo ci-dessous, qui rejoignent ma propre analyse de la situation en France :

En effet, à partir de 27:00, l’interviewé nous explique que, je cite,

« La population française va devoir, que ça lui plaise ou non, prendre son destin en main. Les gens qui vont peut-être remettre ce pays sur pied ne feront pas plaisir à tout le monde. »

C’est une peu une tautologie : les gens au pouvoir ne satisfont qu’assez rarement tout le monde ; mais c’est aussi une phrase qu’on peut interpréter comme voulant dire que seuls des personnes capables de mesures réellement impopulaires seraient capables de remettre le pays en ordre. Cet ordre n’est pas réellement défini, on le notera, mais on peut comprendre au contexte de l’interview qu’il s’agit ici essentiellement de donner un maximum de travail à la population, et, par voie de conséquence, s’assurer d’une économie saine.

Mais ce qui m’a incité à partager cette interview ici, c’est ce qu’il répond, plus spécifiquement, à partir de 28:28, à la question « Comment éviter la guerre civile en France ?« .

Autant l’analyse économique et sociétale, avant et après ce passage, roule des considérations fort générales et des constats plus ou moins évidents, et n’apporte finalement pas des masses d’éléments nouveaux, autant la description d’un futur possible, basé sur ce qu’enseigne l’Histoire et ce qu’on observe actuellement, fournit un intéressant éclairage.

« Historiquement, on sait comment ça se passe. Les pays qui ont remis l’ordre en place l’ont fait en tirant dans la foule. (…) Il y a un certain nombre de forces de l’ordre disponible. Si les tensions sociétales débordent ce cadre numérique, le pouvoir d’état fera ouvrir le feu sur la foule… C’est ainsi qu’un état survit à une situation de crise, quelle que soit la nature du régime… Il y a déjà eu des précédents de cela, aussi bien sous des gouvernements de gauche que sous des gouvernements de droite. »

En l’état actuel des choses en France, je ne pense pas qu’un tel événement (des tirs sur une foule) se produira prochainement ; la grogne est molle, quoi qu’on en dise en ce jour riant de grève générale des fonctionnaires et assimilés sur le dos des autres. Les ventres ne sont pas vides, l’avenir est plus opaque que sombre, et les revendications sont si parfaitement déconnectées de la réalité qu’un danger de débordement est, soyons clair, bien faible.

Sur le plus long terme, cependant, rien n’est joué. Les problèmes existent bel et bien, et ce n’est pas les petites bidouilles auxquelles on assiste actuellement – de la part du gouvernement, de la part des syndicalistes, de l’opposition ou des grévistes – qui vont permettre de les résoudre : la situation, je l’ai déjà dit, ne pourra qu’aller empirant avant d’aller mieux.

Et lorsqu’elle sera pire, on peut parfaitement envisager cette petite période délicate où, malgré tout ce qu’on peut croire, dire et faire actuellement, il faudra bien en arriver à choisir entre l’effondrement de l’état, ou l’option sanglante.

On comprend alors très bien la phrase suivante de Harbulot :

« Je plains très sincèrement ceux qui sont actuellement dans l’opposition et font la morale parce que le jour où ils sont aux affaires et ils ont à cautionner des tirs sur la foule, … ce sera très intéressant d’écouter ce qu’ils auront à dire ce jour là. »

En aparté, on peut même se demander si le sabotage clownesque de toute politique cohérente de la part de Sarkozy actuellement n'est pas une habile manoeuvre pour sécuriser le succès de la gauche en 2012, qui deviendrait de fait une victoire à la Pyrrhus.

Et malheureusement, il suffit de voir l’actualité, fugace, éphémère, mais cliniquement précise, pour s’en rendre compte. Tout continue sur sa lancée, dans la même direction, celle d’une lente décomposition :
Aubry mènera la bataille des retraites «jusqu’au bout»
– Le Conseil d’Etat annule encore les municipales de Corbeil-Essonnes
Coups de feu devant le lycée Apollinaire de Thiais
Un prof de maths frappé par un élève pendant son cours
UMP : la guerre « Fillon, Copé, Bertrand »

Toujours les mêmes discours, toujours les mêmes « solutions », toujours les mêmes affrontements, et, en toile de fond, toujours les mêmes problèmes, une gangrène bien avancée dans de nombreux domaines…

Je ne sais pas si, dans les prochains mois, les prochaines années, la situation va se dégrader au point d’en arriver à ce que Harbulot décrit dans ces quelques minutes d’interviews. Je ne le souhaite pas, mais, tout comme lui, je ne vois pas d’autre issue.

Ce pays est foutu.

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  • Il y a d’autres raisons plus pragmatiques encore : le nombre d’hommes jeunes (15-30 ans) rapporté au nombre d’hommes sur le territoire (ratio de Mesquida) est défavorable au déclenchement d’hostilités, et de plus, pour le moment, tout le monde mange assez en France.

    Cependant, ce qui est intéressant est l’apparition du discours officiel qui constate qu’effectivement, les foules pourraient en avoir assez du pouvoir en place, et qui commencent à analyser sérieusement ce qui pourrait arriver (même si on n’est pas forcément d’accord avec les conclusions). Je note aussi qu’Harbulot n’envisage même pas la disparition pure et simple de l’état parce que, tout simplement, les dirigeants n’auraient pas le courage de faire quelque chose d’aussi drastique.

    Bref : l’avenir n’est pas écrit, mais certains commencent enfin à envisager qu’il ne sera peut-être pas chantant.

  • En 1789 c'était l'église qui détenait ce patrimoine d'où sa nationalisation.
    Aujourd'hui c'est l'épargne qui joue ce rôle…

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