Affaire Denis Baupin : 4 réflexions sur la gauche morale [Replay]

Publié Par PABerryer, le dans Politique

Par PABerryer.

Denis Baupin, au centre d'un scandale de harcèlement sexuel

Fessenheim-Demo XLIV crédits Till Westermayer (CC BY-SA 2.0)

DSK, Cahuzac, Sapin, Baupin, etc. La Gauche, étalon de la morale moderne, est régulièrement rappelée à l’ordre par ces affaires successives qui viennent souligner le gouffre entre ce qu’elle prétend être et sa nature profonde.

Denis Baupin (voir notre précédent article), surnommé « l’ayatollah vert » est sous le coup de plusieurs accusations d’agressions sexuelles. Le sujet ne serait pas si grave qu’il en serait cocasse tant le personnage se pose en défenseur des droits des femmes, ancien membre d’une formation politique qui revendique haut et fort son féminisme.

La tentation est grande de se laisser aller à accabler Denis Baupin tant cette affaire est en contradiction avec les idéaux de l’accusé. Cela serait mal mais cette affaire permet d’esquisser plusieurs pistes de réflexions à propos de cet événement en passe de devenir tristement banal à l’heure actuelle.

L’attention portée aux victimes de Denis Baupin

Première piste de réflexion : l’attention à porter aux victimes. Une agression sexuelle n’est pas une offense mineure, c’est un véritable traumatisme. Elle laisse des traces, elle abîme, il faut du temps pour l’affronter et surmonter ce qui c’est passé. Dans cette affaire il faut tout d’abord s’inquiéter de ces femmes qui ont été, a priori, victimes des actes de Denis Baupin.

Peut-être que cette histoire n’est qu’ une affabulation. C’est à la justice de démêler l’écheveau mais cela ne doit pas nous empêcher de nous préoccuper de la parole des victimes. Quel que soit le fin mot de l’histoire, cette parole mérite d’être entendue et écoutée.

Cela est d’autant plus important que dans ces affaires médiatiques les victimes passent souvent au second plan par rapport aux faits ou à leur auteur. Quand ce dernier est une personnalité médiatique cela se vérifie quasiment systématiquement. Commençons donc par nous préoccuper des victimes.

Le temps judiciaire

Seconde piste de réflexion : le temps judiciaire. Notre époque n’aime pas la Justice. Elle la trouve, parfois à raison, trop lente et imparfaite. Il s’agit pourtant de la vie et de l’honneur d’une personne ! Nous aimons juger et condamner tout de suite, dès les faits connus et le suspect arrêté. Nous nous moquons des Américains et de la Loi de Lynch, nous la pratiquons pourtant tellement souvent.

Nous considérons que tout suspect arrêté est de facto coupable. Les politiques et les médias aiment entretenir ce penchant dès lors que ce n’est pas l’un d’entre eux qui est en cause. Les politiciens sont souvent les premiers à s’exprimer et commenter ces affaires que les médias exploitent sans vergogne aucune. Toutefois, dès qu’un politique est accusé alors c’est « Halte ! », « Présomption d’innocence » et « cabale ».

Il est dès lors fort tentant de vouloir infliger à M. Baupin le même traitement que lui et les siens ont si souvent infligé à d’autres, qu’ils soient coupables ou innocents. Il ne faut pas. Ce serait participer à la dépréciation de la Justice déjà bien mal en point. Les consorts de M. Baupin l’ont déjà suffisamment abîmé et laissons ceux qui restent traiter du cas de ce dernier. Qui sait ? Peut-être en ressortira-t-il plus humble et respectueux de cette chose appelée Justice, aussi essentielle et nécessaire à une société que l’air que l’on respire.

Les femmes d’EELV : que savaient-elles ?

Troisième piste de réflexion : les femmes d’EELV. Il a été rapporté dans la presse que beaucoup connaissaient, au sein du parti, les comportements déplacés de M. Baupin. M. de Rugy a d’ailleurs été particulièrement peu à la hauteur dans ses propos. Ce qui est cependant plus grave est le fait rapporté suivant : les membres féminins d’EELV qui étaient au courant se sont tues !

Elles ont refusé de parler, de porter secours aux victimes ou aider à la manifestation de la vérité. Pour excuse elles avancent leur priorité à protéger Emmanuelle Cosse, présidente du parti et compagne de M. Baupin à l’époque, et son épouse depuis 2015. Si cela était avéré, ce serait particulièrement ignoble. Personne n’est dupe, si elles se sont tues, c’est pour protéger leur propre carrière politique, et cela au mépris de l’assistance aux victimes, au mépris de leur idéal féministe si souvent brandi en étendard de leurs combats politiques.

Cracher à la figure des victimes eut été moins dégradant. Cela me rappelle l’affaire Tristane Banon, journaliste agressée sexuellement par DSK et dont la mère lui avait déconseillé de porter plainte. Sa mère était alors un membre haut placé dans la hiérarchie du PS… Les féministes ont atteint leur but, les femmes se comportent de façon aussi méprisable que les hommes.

Vacuité des politiques

Dernière piste de réflexion : la vacuité de nos hommes politiques actuels. Denis Baupin est depuis longtemps un défenseur revendiqué des droits des femmes, allant jusqu’à mettre du rouge à lèvres à l’occasion d’une campagne contre la violence faite aux femmes. Dès lors, le voir accusé d’agression sexuelle laisse un goût amer dans la bouche.

Encore une fois la gauche française est prise sur le fait de trahir ses valeurs et ses combats. Certes, l’on peut faire le même genre de reproche à la droite la plus bête du monde mais la gauche s’est arrogée, depuis la Seconde Guerre mondiale, une sorte de magistère moral. Détestant la morale elle se revendique comme le censeur des mœurs et valeurs françaises.

Ce genre d’affaire rappelle que si l’on prétend exercer un tel magistère, on se doit d’être irréprochable et faire le nécessaire à chaque manquement au modèle que l’on entend promouvoir. La gauche française en est incapable. Elle préfère cultiver l’hypocrisie ; M. Baupin n’est que l’un de ces exemples finissant par être révélés. Quand on connaît les relations incestueuses entre médias et politiques l’on imagine que trop bien le nombre d’affaires dont nous n’en entendrons jamais parler. La gauche n’aime que les victimes qui ne sont pas les siennes.

Schizophrénie des Français

En conclusion, cette affaire souligne une fois encore la schizophrénie non seulement du monde politique mais également des Français. Nous souhaitons des dirigeants qui soient irréprochables, ou tout du moins fidèles à leurs idéaux si souvent exprimés. Cependant notre démocratie est incapable d’amener de tels hommes au pouvoir.

La nature de l’homme peut le faire chuter, ce qui est d’autant plus grave que ses responsabilités sont importantes. Seule une grâce spéciale ou une éducation particulière peut préparer à l’exercice du pouvoir. Avec une démocratie qui tend vers la démagogie et un système éducatif en ruine il est quasiment impossible de favoriser l’exercice du pouvoir par des hommes qui pourraient résister à sa corruption. Denis Baupin est un triste représentant de ce que notre système peut produire comme homme politique.

Plus que le pouvoir corrompt, le pouvoir encourage la corruption morale de ceux qui l’exercent. Denis Baupin est un nouvel exemple cet état de fait. Montesquieu nous apprend qu’un système républicain nécessite la vertu pour être pérenne. Toutes les républiques corrompues ont mal fini.

  1. Il y a tout de même un progrès : les masques de ces sinistres pantins tombent . Mais combien encore de masques à aire tomber , d’impostures à dévoiler pour que les idiots utiles ravis de la crèche ouvrent les yeux ?

  2. La première fonction de la justice est de régler les différends entre les justiciables, pas de trouver la vérité

  3. de par leur comportement , les politiques nous prouvent une chose : ils ne sont pas au dessus des autres car ils se comportent comme n’importe quel lambda ; ces lambdas qu’ils méprisent tant ;

  4. bah , les partis politiques fonctionnent comme des sectes , il y a le guru , les esclaves sexuelles, et les sous groupes voulant les avantages du guru .. on ne refera pas le monde , le cul le dominera toujours..voir les bonobos , de vrais humains ces singes !

    1. plus… et si les singes avaient la parole pour séduire et tromper , on les appellerait des hommes mais ils n’ont que du muscle . pauvres bêtes si elles savaient comme c’est bon de faire de la politique en France et dans le monde , presque aussi bien que chanteur a succès ou coq dans une basse cour voir présentateur (trice) du JT !.

      1. Du bonobo au bon bobo, seul un pas nous sépare…

        1. Bien vu !!!
          Je rajouterais que seul un « O » trou du cul sépare les bonobos des bonObobo…
          ouai OK c’était facile puisque c’était sous entendu… Désolé !

        2. Les comparer aux politicien, cruel pour les bonobos !

        3. J’pense que la vie de bonobo c’est plutôt pas mal.
          La vie de bobo ce n’est pas mal non plus… mais je pense que c’est moins bien quand-même.

    2. @reactitude: « voir les bonobos… »
      Excellent ! Vous avez trouvé la clé de lecture de cette affaire.

      1. Mouais… je pense que l’agression sexuelle, et la sexualité comme outil de pouvoir de manière générale, c’est plus le chimpanzé que le bonobo quand-même.

  5. « Les féministes ont atteint leur but, les femmes se comportent de façon aussi méprisable que les hommes. »
    Leur argument d’autorité était tout au contraire de prétendre que « les femmes feraient de la politique « autrement » (que les hommes) ».
    D’une façon plus « bisounours » en quelque sorte…
    D’aucuns s’étaient permis d’en douter…
    Au vu des derniers évènements secouant le Landerneau politique, bien qu’à l’époque ils furent traités de fieffés misogynes, il faut bien reconnaître aujourd’hui qu’ils n’avaient pas totalement tort.

  6. P.L.jesuisunhommelibre

    « la gauche française est prise sur le fait de trahir ses valeurs[…] »

    C’est aussi parce qu’il ne s’agit pas de valeurs, mais seulement de slogans publicitaires pour attirer le chaland. Mais en politique, il n’y a pas d’ARPP (Autorité de Régulation Professionnelle de la Publicité) promouvant une publicité saine, véridique et loyale (sic).

    1. D’ailleurs, hier soir, dans complément d’enquête, le maire de Tulle, Bernard Combes, ci-devant conseiller spécial du Président, nous a annoncé en direct que ce dernier nous avait menti lors de la campagne de 2012. QED

  7. Surtout il faut réaliser que Denis Baupin n’était en fait personne d’important. Sa carrière n’est lié qu’aux problématiques de chantage du soutien des écologistes aux socialistes. Il était adjoint à la mairie de Paris alors qu’il n’était qu’un obscur conseiller d’arrondissement. Il est devenu vice-président de l’assemblée alors que c’est sa première mandature et ce parachuté dans un arrondissement différent du sien où sa victoire était certaine, magnifique marchandage. Cet homme est donc une pure construction politique qui n’a en réalité rien à proposer aux français si ce n’est de la poudre aux yeux.

    1. pas si important, pas si important… il a quand même réussi à foutre sciemment un merdier monumental avec sa politique anti voiture à Paris (lui qui d’ailleurs adore rouler en voiture avec chauffeur – faites ce que je dis pas ce que je fais, une fois de plus).

      Et sa politique avait des répercussions gravissimes dans la banlieue proche où les embouteillages se sont multipliés. Mais de son propre aveu il n’en avait rien à foutre.

      Donc une construction politique certes mais dont la capacité de nuisance dans la vie quotidienne est avérée.

      1. Ah, c’est a cause de cet énergumène qu’on peut plus rouler ou se garer dans Paris ?

        1. Lui, entre autre

  8. « les femmes se comportent de façon aussi méprisable que les hommes »
    En fait, vous savez quoi ? Je vous emmerde. Je l’écris et je le signe.
    Car vous sous-entendez, comme tant de monde aujourd’hui, comme tout cette société qui dégouline de bien-pensance, que l’homme (le mâle, s’entend. La femelle étant parée de toutes les vertus) est méprisable.
    Et en plus je suis blanc, catholique, hétérosexuel, parisien, propriétaire de mon appartement et d’une automobile et qui mange de la viande qui plus est.
    En fait, vous ne valez pas mieux que ceux que vous critiquez.
    Je ne vous salue pas.

    1. Cher Laurent75005,

      Je crains que l’ironie de mon propos ne vous ai échappé. J’en suis navré.

      Cordialement,

      PAB

  9. à Laurent + 1

    « les femmes se comportent de façon aussi méprisable que les hommes »

    C’est vrai que ça la fout mal de lire ce genre de réflexion sexiste prémâchée ici. C’est triste de ne même plus s’en rendre compte. Comme quoi le bourrage de crâne idéologique des partisans de la « bien pensance » que pourtant vous critiquez fonctionne à merveille. Vous relayez leurs idées sans même vous en rendre compte. Chapeau.

    1. Je ne vois pas où est le « sexisme »: le mot « aussi » met sur un pied d’égalité….

    2. « Seul le sens de l’humour peut déceler le manque d’humour chez les autres. »
      Citation de Milan Kundera ; Une rencontre (2009)

    3. « Un peuple qui élit des corrompus, des renégats, des imposteurs, des voleurs et des traîtres n’est pas victime, il est complice ».

      George Orwell.

      Remplacer peuple par « femmes d’EELV ».

      Mais où étaient donc ces grandes humanistes quand Morano se faisait injurier par Bedos ?

      1. On s’en moque des victimes, de complices… nous sommes entre nous.
        Si on trouve que le sujet ne concerne personne, OK, mais je pense qu’il s’agit d’un dysfonctionnement qui entraîne des coûts et une inefficacité pour tous. À partir de là je pense qu’il est possible de s’auto-missionner sur le sujet, non ?

  10. Je pense qu’il y a un problème avec l’idée d’irréprochable. D’ailleurs il est sorti un peu à toutes les sauces : pour les patrons, les footballeurs, les présentateurs télé… c’est mauvais signe déjà.
    Je crois que c’est une mauvaise idée tout court, ce qui compte c’est qu’il ne puisse pas y avoir de conflit entre les intérêts d’une personne et les intérêts d’une mission dont il prend la charge. Ainsi… je ne vais pas prétendre qu’un homme politique malhonnête c’est bien, et il y a peut-être tout un tas de questions à se poser au niveau de la sociologie de ce milieu (qui ne devrait pas en être un), et donc, peut-être, ce pouvoir qui corrompt (il faudrait avoir une étude scientifique sur le sujet, sans cela on reste dans le domaine de l’impression). Cependant si c’est plus particulièrement gênant qu’un représentant politique soit dans une affaire judiciaire, c’est pour les mêmes raisons qu’un juge ou un procureur : il a un pouvoir sur l’institution elle-même pour l’empêcher de faire son travail correctement à son encontre.
    Je pense qu’il faudrait surtout s’attarder sur cette question là, les moyens que nous pourrions avoir de protéger l’institution de la Justice contre les personnes qui la font fonctionner et qui pourraient avoir intérêt à la faire dysfonctionner.

    Pour le reste, nous avons un fait divers qui sort, avec l’impression de tomber des nues, d’un monde sous-terrain qui pourrait en faire sortir des dizaines comme celui-ci. Et comme la plupart du temps dans ce genre d’affaires ce qui étonne c’est le silence, celui des victimes et celui de l’entourage, les contradictions entre la face publique des personnes et la multitude de comportements qu’ils ont, parfois contradictoires. Je ne suis vraiment pas certain que ce soit plus fort chez les représentants politiques, simplement leur face publique a plus de visibilité et le contraste avec leurs comportements plus intimes est ainsi plus grand.
    Cette impression d’être naïf en croyant en un monde conforme à ce qui en est vu la plupart du temps, je l’ai déjà eue en dehors du spectacle médiatique et du milieu professionnel des représentants politiques. Je suis certain que les tribunaux en regorgent, ils servent à ça. Je ne sais pas, je me trompe peut-être, mais sommes-nous certains qu’il y a bien une spécificité ?

  11. DSK, Cahuzac, Sapin, Baupin, etc.

    etc = « thé venu d’ou? », etc. … La république irréprochable…

    Revenir au moins d’état, question de survie.

  12. Les féministes de combat à géométrie variable devraient toutes avoir cette femme comme modèle :

    https://www.youtube.com/watch?v=QiMs165tVdw

    Mais pour arriver à son niveau, il y a du boulot. Elles peuvent toutefois se faire greffer une paire de gonades.

  13. Marié à Emmanuelle Cosse
    Moi je dis que ce gars a droit aux circonstances atténuantes. 🙂

    1. Personne ne l’a obligé…!

  14. Procès lourdement à charge de la classe politique de gauche …Pas étonnant pour un auteur se qualifiant de  » Libéral Conservateur, Catholique et Légitimiste, perdu dans un pays socialiste, progressiste et républicain. » Jamais entendu parler des emplois ficitifs de Jacques Chirac à la mairie de Paris, monsieur ? De l’appartement parisien d’Alain Juppé ? Des affaires judiciaires impliquant Jean Tibéri dans l’attribution des marchés des HLM de Paris et
    dans la fraude électorale dans le 5e arrondissement de cette ville ? De l’affaire Bygmalion dans laquelle s’embourbe Sarkozy ? Aucun parti politique n’a le monopole des magouilles et des magouilleurs, monsieur !

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