Denis Baupin ou la faillite de la classe politique française

Publié Par Éric Verhaeghe, le dans Politique

Par Éric Verhaeghe.

Denis Baupin crédits Parti socialiste (CC BY-NC-ND 2.0)

Denis Baupin crédits Parti socialiste (CC BY-NC-ND 2.0)

La mise en cause de Denis Baupin, vice-président de l’Assemblée Nationale et député anciennement Vert, dans des affaires de harcèlement sexuel ne manque pas de piquant. Elle est emblématique du naufrage français, jusque dans le prétendu renouvellement de la vie politique.

Une vengeance des Verts ?

Rappelons d’abord méthodiquement quelques coïncidences malheureuses. Le 18 avril 2016, Denis Baupin quitte le parti Écologiste-Les Verts. Quelques jours avant, le 8 mars, il s’était associé au mouvement symbolique des députés hommes qui avaient posé avec du rouge à lèvres pour dénoncer les violences faites aux femmes. C’est ce jour-là que l’une de celles qui affirment avoir été victimes de ses agissements aurait décidé de le balancer à des journalistes de France Inter et de Mediapart.

Il se trouve que (c’est de notoriété publique) Baupin a épousé en 2015 celle qui est devenue le 11 février 2016 la nouvelle ministre du Logement : Emmanuelle Cosse, jusque-là secrétaire générale des Verts. Tout le monde le sait, le départ d’Emmanuelle Cosse fut vécu par de nombreux militants écologistes comme une trahison vis-à-vis du parti.

Yves Contassot, député des Verts, soutient qu’Emmanuelle Cosse étouffait récemment encore les accusations qui circulaient en interne contre son mari, en interdisant que le parti en discute officiellement.

Au minimum donc, il est acquis que le départ d’Emmanuelle Cosse a donné libre cours aux esprits qui en voulaient à Baupin. Au pire, on peut assez facilement penser que le ralliement de Cosse au gouvernement Valls et le départ de Baupin ont nourri le ressentiment de ceux qui rêvaient de mettre Baupin hors course.

Belle ambiance, chez les Verts, en tout cas !

Le renouvellement politique ? un naufrage

Le naufrage des Verts n’est pas un scoop. Qu’il se niche dans des règlements de compte de ce type est en revanche assez inattendu. Le plus tragique dans cette affaire tient probablement au fait que si Baupin était sagement resté chez les Verts et si Emmanuelle Cosse n’avait pas trahi les siens, les langues ne se seraient pas déliées.

Une fois de plus, en tout cas, c’est le mythe du « renouvellement de la vie politique » qui en prend un coup. Les Verts ont longtemps occupé ce créneau, avec un parti jeune, qui se prétendait non affairiste, amateur de transparence, de valeurs humanistes et autres bisounourseries dont les bobos raffolent. Démonstration est faite que les « grands diseux » sont d’ordinaire « petits faiseux », et qu’il ne suffit pas de revendiquer la morale pour la pratiquer. Parions même que ce genre d’affaires nourrit toujours plus la méfiance de plus en plus grande que les Français entretiennent pour ceux qui affichent des postures et démontrent trop souvent leur hypocrisie dès qu’il s’agit de délivrer les promesses.

Tel est le drame du « renouvellement », c’est-à-dire de la réforme au sein d’un régime vieillissant. Que le renouvellement prétende s’opérer par de nouveaux partis politiques (cas des Verts) ou par de nouveaux élus ou de nouvelles figures, les Français ne tardent jamais à s’apercevoir que les initiatives déçoivent. Les forces nouvelles incorporent si vite les tares du régime qu’elles apparaissent toujours comme perdantes, incapables de donner le coup de pied qu’il faut dans la fourmilière.

Bref, le régime ne se réformera pas de l’intérieur. Ce ne sont ni les gens, ni les partis qu’il faut changer. Ce sont les institutions elles-mêmes.

Le bla-bla bobo encore une fois épinglé

Au passage, on aura noté que Denis Baupin, dans tous ses combats politiques, s’est montré exemplaire sur la question du droit des femmes. Il avait voté la loi contre le harcèlement. Il a porté du rouge à lèvres. Il était élu d’un parti qui faisait de ces questions des enjeux majeurs, incluant le mariage gay et tutti quanti.

On ne se lassera jamais de répéter que les donneurs de leçon ont peut-être quelque chose à cacher. Le seul enseignement à tirer de cette histoire se situe sans doute là : dans l’absurdité qu’il y a à fonder une politique sur des valeurs morales. La morale est une chose, la politique en est une autre.

Sur le web

  1. si ce monsieur avait envie de  » tripotter des pépettes  » , pourquoi n’est il pas allé voir une prostitué ? ha oui mais non , c’est vrai que maintenant les clients de prostitués sont pénalisés …..; sinon , éffectivement , morale et politique ne font pas bon ménage comme on n’a put le constater au fil des ans dans le petit monde cradouille de nos zélés zélus ;

    1. Il a largement les moyens de payer l’amende.
      Il peut également demander à son chauffeur de le conduire vers un pays frontalier plus libertaire en matière de prostitution.

  2. Un khmer vert 🙂

    Au chapitre faillite, on peut rajouter cette semaine M. Huchon.

  3. Dans le domaine des mains au cul et autres plouqueries (scooter et autres), les politiques français ont du temps et de l’argent devant eux. Par contre pour réformer et simplifier cette orgie légalistes et administratives qu’est la France, Il n’y a pas un seul pékin qui tienne la route.

    1. « Dans le domaine des mains au cul »

      C’est ça qu’on appelle « avoir la main verte » ?

      1. Et aucune de ces dames n’a eu assez d’ovaires pour placer un genou dans les corones de Denis Baupin (alias le « vicelard verdoyant ?). J’en connait une qui a balancé son « amoureux » du 5eme étage quand elle a appris qu’il lutinait les stagiaires de son service…
        Et aucun des maris des dames en question n’a eu les corones pour aller choper le vicelard verdoyant par le colback, et plus si affinités ?

        La Cosse a eu en plus l’idée de couvrir les agissements de son vicelard de mari, tout en vomissant des paquets de mensonge sur le respect des femmes…

        @Marie
        Le vert est riche, ils ne va pas voir les prostituées. La radasse, c’est bon pour les gueux, et il faut donc l’interdire pour leur bien. Lui, il a accès à la star du porno qui fait des escortes, à 2000 euros de l’heure.

    2. Comment voulez vous qu’un capitaine tienne la barre s’il a déjà les mains sur les fesses de l’hôtesse ? Tout le monde n’est pas Kali la déesse indienne !

      1. Vous ne croyez pas si bien dire…
        Lors du naufrage de Costa Concordia, le capitaine n’a rien vu venir car, d’après certaines sources, il était trop occupé à forniquer avec une mystérieuse moldave…
        Moralité : ne jamais mettre à des postes à grosses responsabilité des gens (trop) intéressés par le sexe.

  4. Hahaha Denis Coquin !

    1. Au féminin ça donne Denis Bellepine… OK je sors 😀

  5. Dans ce petit monde n’oubliez pas le brave Mosco qui, entre autres, s’amuse à faire claquer le caoutchouc des culottes de dames journalistes.

    1. Sapin, rendons à César …

      1. Sapin. Bien sûr. J’ai toujours tendance à les confondre ces 2 là.

        1. Et puisqu’on parle de féminin, Sapin, cela donne quoi, au féminin?

  6. Merci à l’auteur pour cet aspect de la sociologie du monde politique français. D’une façon générale, des jouisseurs généralement dépourvus de tout scrupule.

  7. Je ne veux pas parler des faits que je connais mal. Chacun a sa vie personnelle. .
    Mais tout de même quelle médiocrité. Des personnes très quelconques, mais lun est député, vice président de l’assemblée nationale, l’autre ministre. Hollande avec ses tripatouillages, ses équilibres biscornus illustre bien l’usure jusqu’à la corde de la classe politique et particulièrement de la belle gauche. Enfin cette péripétie a une vertu. Elle montre la déconfiture de son camp; je ne pense pas qu’il sen remettra et je crois qu’il renoncera à se présenter en 2017. Ouf, bon débarras.

    1. Détrompez vous! L’insignifiant opportuniste qui occupe le poste de chef de l’État est prêt à tout depuis 4 ans pour se faire réélire: c’est son seul objectif. Et malgré ses 13% d’opinions favorables, c’est un politicien suffisamment cynique, retors, intelligent, tenace et persévérant pour utiliser les failles du système et l’incompétence de ses opposants et réussir ainsi son projet de hold-up.

      1. Hollande l’homme politique total, à la tête du partie socialiste, qui grâce au reine du partis arrive a faire monter la candidature de Dominique Strauss kahn sachant que personne d’autre ne ferait campagne contre lui, sauf hollande, qui grace a ce cout de maitre arrive a être élue pile au bon moment face a un sarkozy épuisé après 5 ans de présidence et une crise (que sans doute il a contribué a créer grâce à ses contact chez les Skull&Bones).
        Puis toujours cynique et manipulant le jeu politique pour se retrouver seul face a Marine le Pen au second tour de 2017 et se faire réélire en sauveur des valeurs de la république !
        L’homme a tout appris de tonton la francisque…

  8. « Ce ne sont ni les gens, ni les partis qu’il faut changer. Ce sont les institutions elles-mêmes. »

    Je suis toujours sceptique avec ce genre d’affirmation. Donc parce que l’on aurait des gouvernants médiocres il faudrait leur donner un cadre de travail adapté à cette médiocrité ? Cette VIeme République dont certains parlent (dont les verts) et qui serait la solution. Je n’y crois pas. Nous garderons la même médiocrité quel que soit l’habillage. Combien de fois les grandes démocraties autour de nous ont-elles changé leurs institutions? Pourquoi la France doit-elle toujours en changer?

  9. Je pense que pour mettre un terme aux dérives autocratiques de notre pays, il faudrait donner le pouvoir aux français.
    Un seul moyen, il faut changer de système et passer à la démocratie directe à la Suisse et donner le pouvoir à la nation toute entière jusqu’à permettre aux citoyens de provoquer des élections anticipées…
    Dans une démocratie directe comme la Suisse, le recours à une mesure de type 49.3 serait inconcevable.
    Il faut se donner les moyens d’initier une véritable démocratie dans l’esprit de la « déclaration des droits de l’homme » qui est un texte normatif qui n’a jamais été véritablement appliqué en France.

    1. @ Félix DUBOIS

      « Dans une démocratie directe comme la Suisse, le recours à une mesure de type 49.3 serait inconcevable » : c’est bien possible. Mais où, ailleurs qu’en France, l’opposition peut produire des milliers d’amendements pour empêcher le vote sur un projet de loi: c’est une autre façon de saboter le jeu « démocratique »: c’est aussi choquant mais tout aussi légal: or il n’y a pas beaucoup de solutions: le passage en force ou la reculade: aucune n’est glorieuse et les 2 seront critiquées. Il reste « l’encommisionnement’, chèvre-choutiste.

  10. Il parait qu’on l’appelle aussi « Denis Bellepine »

  11. En 2012, j’avais ouvert, pour ma société une agence sous la place de la Concorde. Monsieur Beaupin, alors à la mairie de Paris (et déjà Verts) est venu à l’inauguration avec son vélo. Quant il est reparti sur son vélo , il a fait 200m en direction du Louvre , puis à chargé son vélo dans une fourgonnette qui attendait là et est parti en limousine avec chauffeur…quand je l’ai raconté tout le monde a ri…Déjà ce comportement était révélateur : faites ce que je dis ! Pas ce que je fais . J’ai regretté de ne pas avoir de caméra ce jour là, je pense que cela aurait plu sur FB ou twitter…

  12. D’un côté une société qui oblige les femmes à porter tchador et voile.
    De l’autre une société où les hommes ne voient en la femme que ses attributs sexuels.
    Qui donc verra dans la femme une personne humaine?

    1. Et quand est-ce que les femmes verront-elles dans les hommes autre chose que des portefeuilles ?

      Je vais faire l’avocat du diable. Tout cela n’est que humain, trop humain.

      – le pouvoir est un aphrodisiaque.
      – en France, pour un homme de pouvoir, forniquer à tout va est plutôt bien vu. La plupart de nos rois sont connus pour ça.
      – les femmes recherchent le pouvoir, mais sont moins enclines à se battre… elles préfèrent choisir le vainqueur, et ont des armes très efficaces pour le subjuguer. Simplement, elles usent de violence psychologique au lieu de violence physique… or elles ont oublié que le pouvoir est l’apanage des hommes, justement parce que le pouvoir implique la violence. Les partis politiques ne sont des marigots ou les crocodiles se mangent entre eux.
      – un certain nombre de ces femmes sont des courtisanes, recrutées justement pour leur physique avantageux, et plus si affinités. Je passerai sur certaines personnes qui ont bâti leur carrière là dessus (notamment les anciennes gagneuses d’une certaine mère maquerelle, toute devenues femmes de sénateurs ou de ministres).
      – les femmes qui parlent maintenant (clémentine Autain, Benbassa) sont connues pour être des manipulatrices… elles ne parlent que parce que cela sert leurs intérêts, pas pour des questions de morale. Le fait est que cette affaire sort après son départ de EELV, avec la Cosse. Cela pue le règlement de comptes.
      – le féminisme a éradiqué la galanterie et le courage des hommes (certains diront aussi l’honneur).

  13. à Peste et coryza
    « Moralité : ne jamais mettre à des postes à grosses responsabilité des gens (trop) intéressés par le sexe. »

    Autre moralité : interdir le système de parité qui oblige le mélange homme femme visiblement trop violent pour celles-ci et laisser faire les hommes qui en ont aux manettes.

  14. À archiduc,

    « D’un côté une société qui oblige les femmes à porter tchador et voile.
    De l’autre une société où les hommes ne voient en la femme que ses attributs sexuels. »

    la vérité c’est plutôt ça :
    D’un côté une société qui oblige les femmes à porter tchador et voile.
    de l’autre une société qui criminalise le désir masculin.

    Bref dans les 2 cas il y a une approche morale qui juge la sexualité comme étant le mal.

    « Qui donc verra dans la femme une personne humaine? »
    Et quand est-ce que les femmes accepteront qu’un homme ça a une paire de couilles. Arrêtez de nous les briser et de vouloir sans cesse nous rééduquer, nous castrer. Arrêtez de projeter sur les hommes votre vision féminine de ce que devrait être la bonne façon de désirer. Arrêter de vouloir façonner les hommes selon vos désirs.
    Vous vous comportez en véritables ayatollah au féminin. Prenez-vous en main, acceptez la réalité et cessez de vous victimiser et d’en appeler à toujours plus de lois et à maman Etat pour vous faire respecter. Vous êtes assez grandes pour y arriver toutes seules. Je crois en vous. Soyez des femmes fortes.
    De toute façon, personne ne voit dans la femme autre chose qu’une personne humaine. Ce sont les féministes qui vous ont mis ça dans le crâne. Arrêtez de répéter leur catéchisme stupide et infantilisant.

    1. Une paire de couilles, cela sert à faire des enfants et à perpétuer l’espèce. Celui qui pense qu’il faut s’en servir pour se jeter sur le premier jupon qui passe n’est même pas un animal: l’animal attend que le partenaire soit en rut (c’est à dire demandeur et prêt à procréer).
      L’homme qui se sert de sa force, de son pouvoir, ou de son influence en croyant qu’il a des droits sur une femme qui ne demande rien ne mérite que le mépris.

      1. L’humain est un animal qui est constamment en rut (il n’y a pas de période de non rut puisqu’il peut se reproduire tout le temps). Et puis dans le monde animal (mammifère), souvent le mâle parvient à procréer par la force en dominant la femelle après avoir écarté les autres mâles. Donc votre exemple est plutôt mauvais. Toutes les violences sont à condamner. Mais je m’offusque de l’ambiance générale très prude et moralisatrice et du cirque médiatique qui offre pignon sur rue à des militantes d’associations extrêmement virulentes qui s’emparent d’une affaire de règlement de compte politique pour réciter leur catéchisme misandre. Franchement ça devient du grand n’importe quoi.
        Et puis l’homme se sert effectivement de sa force (charisme, verve, physique) pour évincer les concurrents et obtenir les faveurs de femmes. Ne faites pas le naïf vous savez bien que le pouvoir attire les femmes. Vous croyez que les femmes ne se servent pas de leur force pour arriver à leur fin ? leur force à elle c’est de mettre en avant leur physique. Ça a toujours été comme ça depuis que le monde est monde.

  15. Les écologistes dont le but est de nous étouffer sous des masse de moraline s’offrent un (petit) chef libidineux, grossier, frustré et odieux.
    Bonjour les lendemains qui chantent avec le nouvel homme vertueux.

    1. ouf : masseS

  16. +1
    L’oestrus a été perdu lors de l’acquisition de la marche debout (cache le sexe des femelles, et expose celui du mâle. D’ailleurs, les premiers vêtements étaient des cache sexe). Avant cela, il est probable que nos choix sexuels étaient similaires à ceux des primates.

    La compétition sexuelle est le moteur de la société, même si celui ci est biaisé (le vil,est interdit par exemple, alors que les animaux ne s’en privent pas). La guerre était souvent pour des tas d’hommes jeunes le seul moyen d’acquérir une femme (une locale razziée comme esclave, ou alors une femme du pays car le jeune guerrier est revenu au pays chargé de butin et/ou a monté en grade).
    https://www.amazon.fr/Pourquoi-Programmation-Genetique-Competition-Sexuelle/dp/2801117390
    La violence d’une société est également liée au nombre d’hommes jeunes célibataires…

    Quant aux femmes, il faut arrêter de faire larmoyer : elles ont des armes efficaces pour obtenir ce qu’elles veulent. En plus, comme pour le Paon, l’homme propose, mais la femme dispose. C’est d’ailleurs pour cela que le viol est un crime : il nie la valeur du choix des femmes, en plus d’être une agression contre un membre du groupe.

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