Primaires à droite : les imposteurs du libéralisme

Publié Par Jean-Philippe Feldman, le dans Politique, Pushmobile

Par Jean-Philippe Feldman.

Dans l’histoire de France, le libéralisme a cette fâcheuse habitude soit d’être voué aux gémonies soit de voir son nom travesti.

Habituellement, « libéral » est l’injure suprême, un synonyme d’exploiteur, d’égoïste, de sans cœur. Pour Jean-Luc Mélenchon, la politique de François Hollande, qui constitue une lourde déception, est de plus en plus libérale. Les extrêmes se rejoignant, Marine le Pen ne manque pas une occasion de stigmatiser les dérives libérales du pouvoir en place.

Ce qui est plus nouveau, c’est que des hommes politiques, tant de droite, du centre ou de gauche, revendiquent une étiquette libérale ou que des journalistes caractérisent ainsi leurs propositions sans qu’il s’agisse pour autant de les dénigrer. La situation n’est pas totalement inédite (songeons à l’« Empire libéral »), mais elle retient l’attention. On a ainsi entendu parler d’un « tournant libéral » du Président Hollande. Récemment, la coqueluche des médias, Emmanuel Macron, a affiché son identité de « libéral de gauche ».

Primaires à droite : le bal des imposteurs libéraux

Mais le libéralisme n’est pas l’apanage de la gauche. Les candidats aux primaires à droite rivaliseraient de libéralisme. François Fillon aurait le programme le plus audacieux en la matière, mais maintenant Alain Juppé se dénomme « libéral pragmatique », sans compter les « petits candidats » qui sont loin de rejeter l’étiquette à commencer par Hervé Mariton, dépeint comme « libéral et conservateur ».

D’un certain point de vue, on ne peut que se réjouir de cette situation. Après quatre décennies presque ininterrompues de désastre économique et social, un frémissement libéral semble se manifester. Il témoigne aussi du fait que la dichotomie classique droite/gauche non seulement ne fait plus rêver, mais encore ne masque plus l’emprise des étatistes sur la politique française.

À bien d’autres égards, l’utilisation à tout va du terme libéral agace et plus encore inquiète. Elle manifeste une inculture encyclopédique au sujet du libéralisme dans l’hexagone. À force de qualifier tout et n’importe quoi de libéral, on obscurcit également le débat.

La « loi Macron » ? Libérale. Le projet de loi « El Khomri » ? Libéral. Les propositions à droite de hausser l’âge de départ à la retraite ? Libérales. Le contrat de travail unique ? Libéral. Le revenu universel ? Libéral (c’est Lionel Stoléru, un grand libéral, qui vous le dit !).

Ignorance des grands principes du libéralisme

Emmanuel Macron Libéral

Crédits : René Le Honzec/Contrepoints.org, CC-BY 2.0

Pourquoi cette bouillie en termes d’idées ? Tout simplement parce que les grands principes du libéralisme ne sont pas connus. Il est d’ailleurs fort révélateur que les hommes politiques qui se disent libéraux ou que les journalistes cernent comme tels, ajoutent toujours un terme : on est libéral, certes, mais conservateur ou pragmatique ou encore social. La deuxième partie de l’expression achève de détruire le peu de libéralisme que l’homme politique pouvait présenter.

Ainsi, Alain Juppé, dont toute la carrière s’est construite autour de l’antilibéralisme, serait aujourd’hui libéral. Ce qui ne l’a pas empêché de déclarer qu’il fallait conserver le « modèle social français », issu du Conseil national de la Résistance, regroupement pour l’essentiel de marxistes qui ont inspiré les réformes désastreuses de l’après-guerre. Mais encore faut-il avoir lu le programme du Conseil national de la Résistance…

Il faut donc marteler que le libéralisme ne se réduit pas à un saupoudrage de réformettes dites libérales. Il s’agit d’un courant de pensée cohérent, fondé sur des grands principes à commencer par le respect strict du droit de propriété et l’encadrement drastique des fonctions de l’État.

Malheureusement, depuis le retrait de la vie politique d’Alain Madelin, il n’existe aucun homme politique d’envergure en France qui ait une solide culture libérale. Or, la vérité est dans les principes. Tant que certains hommes politiques se revendiqueront du pragmatisme, il n’y aura rien à attendre d’eux, si tant est bien entendu qu’on puisse en attendre quelque chose en France…

Ainsi que l’écrivait Bastiat, le plus grand penseur libéral français du milieu du XIXe siècle (mais quel homme politique le lit-il ?), le pire pour le libéralisme n’est pas d’être attaqué, mais d’être mal défendu.

  1. Novelli plus discretement que Madelin a realise des mesure d envergure liberale. Ne pas l oublier.

    1. Danièle Cosson-Schéré

      oui…merci de le rappeler: cela fait donc deux avec Madelin. Bel étalon de la misère intellectuelle!
      Le marxisme culturel de la France (qui est effectivement l’idéologie de référence de l’ensemble des faiseurs d’opinion depuis la Libération et continue ses ravages, notamment à l’école) la porte à dénigrer et à ignorer cette tradition intellectuelle pourtant si française au départ, notamment sous le Directoire avec les « Idéologues ». L’Histoire des Idées est un parent pauvre de l’Université (même rejet officiel de la discipline en France qu’en URSS, vers 1947 ou 49 dans le Gd amphi de la Sorbonne). L’ensemble des démocraties occidentales a assumé son tournant libéral (l’Allemagne l’a fait à Bad-Godesberg, 10 ans seulement après la création de la RFA) sans tambour ni trompette, car le libéralisme, partout ailleurs qu’en Fance, c’est un peu comme la prose de Monsieur Jourdain. Une évidence pout tout le monde sauf les Français.

      On flaire aisément le libéral de façade ( et l’antlibéral aussi) quand il éprouve le besoin de minimiser cet attachement par un autre vocable…mais on est libéral ou on ne l’est pas, comme une femme ne peut pas être à moitié enceinte.
      C’est une vision du monde et de l’individu fondée sur quelques observations, notamment une approche pragmatique de la nature humaine : le jacobin Juppé se dévoile en tombant dans le piège du pléonasme.
      Lire Raymon Boudon: « Pourquoi les intellectuels n’aiment pas le libéralisme », Odile Jacob, 2004. Et bien-sûr Jean-François Revel qui a expliqué mieux que quiconque la genèse du tropisme antilibéral français: pas bien glorifiant pour nos éites intellectuelles….Et « Le Mal français » de Peyrefitte, ecrit il y a 40 ans, pas une ligne à changer…. et « La France aux ordres d’un cadavre » de Druon pour confirmer la résilience du marxisme incarné par le CNR.

  2. Stéphane Boulots

    Et faire des procès d’intention c’est libéral peut être ?

    Personne ne comprend le libéralisme dans ce pays et il y a (dans le monde) deux courants complètement opposés (en gros les libéraux conservateurs qui pensent que la liberté est un moyen et les libéraux progressistes qui pensent que la liberté est un but) qui essayent plus ou moins de cohabiter.

    Cet article sent tellement l’entre soi et le concours de « celui qui a raison » que ça devient irrespirable.

    On peut se demander qui est l’imposteur : c’est quoi l’objectif d’un tel article ? A part faire du populisme a deux balles et donner des leçons, j’ai du mal à trouver.

    On peut s’étriper entre liberté « but » et liberté « moyen », entre liberté « ideale » et liberté « matérielle » ok, mais faire de l’intégrisme libéral dans un pays qui quelque part fait une compétition de collectivisme avec Cuba et la Corée du Nord … On croit rêver.

    1. « On peut se demander qui est l’imposteur : c’est quoi l’objectif d’un tel article ? »
      C’est quoi, l’objectif de ce commmentaire ?

      1. Stéphane Boulots

        Renvoyer la balle : il ne peut pas y avoir d’imposteur du libéralisme, vu qu’il n’y a pas de « vrai » libéralisme et de « faux » libéralisme.

        C’est une constante de ces discussions (et un trait assez français) de se positionner en fonction d’une prétendue « vérité universelle » ce qui est absolument et totalement à mon sens antinomique avec le libéralisme.

        Le libéralisme c’est concevoir la diversité, accepter ce que l’on désapprouve et donner leur chance aux gens, sans apriori, mais en regardant les résultats, etc … Bref l’inverse du dogmatisme militant….

        Tout l’inverse de l’article… Qui en plus en filigrane place une espèce de quête de légitimité pour opposer libéralisme et conservatisme, comme si le conservatisme était une tare.

        La propriété, c’est le fondement du conservatisme…

        1. Vous êtes bien sévère avec M. Feldman et lisez entre les lignes avec une sagacité qui me dépasse. L’article nous apprend seulement que les politiciens de droite n’ont aucune colonne vertébrale idéologique et que les journalistes sont nuls. Ma foi, nous nous en doutions un peu. Sinon M. Feldman a raison, quand un politicien dit libéral-bidule, il faut lire bidule (et encore) puisqu’aucun n’a la moindre idée de qui est Bastiat.

          Au final les libéraux en sont réduits à se présenter à la primaire de la droite pour choisir le moins socialiste de la meute. J’admets que cette perspective est peu enthousiasmante voire carrément déprimante.

        2. Ben moi je pense que si, il existe un vrai libéralisme, qui se résume par exemple à cette phrase de Diderot : « aucun être humain n’a reçu de la nature le droit de commander aux autres » ou encore « aucun être humain n’a le droit de priver un autre être humain de sa liberté d’agir comme il l’entend ».

          Et je n’ai pas honte de considérer ça comme un dogme, et de penser que ceux qui se disent libéraux sans le respecter sont des imposteurs.

          1. Ouai vous oubliez juste la conclusion à votre deuxième phrase: « aucun être humain n’a le droit de priver un autre être humain de sa liberté d’agir comme il l’entend » en respectant le principe fondamental qui est que la liberté de chacun s’arrête là ou commence celle d’autrui.
            Bref, on est toujours dans la même chanson. Vous êtes pour des droits avec votre commentaire mais vous omettez que pour chaque droit, un devoir obligatoire est associé. Sans droit, pas de devoir et inversement.

            1. je n’oublie rien du tout, et la phrase que je cite suffit. A n’a pas le droit de priver B de sa liberté, mais pour la même raison B n’a pas le droit de priver A de sa liberté. Donc en effet, la liberté de A s’arrête là où commence celle de B, et vice-versa.
              De plus, ce principe pose une contrainte et non des droits, et ne crée aucun devoir sinon celui de respecter cette contrainte.

        3. Mais je comprends aussi que tactiquement ou puisse préférer avancer sur des réformes concrètes sans trop mettre en avant toutes les conséquences de ce dogme, qui en effraient plus d’un. Mais ça n’enlève rien à la définition du vrai libéralisme.

          1. Danièle Cosson-Schéré

            Il y a plusieurs façons d’expliquer le libéralisme: l’une est la fable des abeilles de Mandeville, l’autre est l’ image d’un tandem, monté par deux les deux fondements de la démocratie. Si la liberté pédale devant, elle entraîne l’égalité dans son sillage. A deux, elles vont plus loin et plus vite. Quand c’est l’égalitlé qui dirige la manœuvre, elle entrave la liberté. Milton Friedmann disait que seule la première configuration produit une mesure acceptable des deux.( » A fair measure of both »), la seconde ne produisant ni l’une ni l’autre. Nous le savons depuis plus de deux siècles.
            L’égalitarisme jacobin est liberticide, totalitaire par essence, mais le socialisme en a fait sa matrice intellectuelle.
            Le libéralisme est l’enfant des Lumières, le socialisme, celui de l’obscurantisme millénariste et égalitariste de 93.
            (Philippe Nemo, Les Deux Républiques françaises.)

            1. Stéphane Boulots

              Quand je vois les mots libéralisme et démocratie cités dans la même phrase, j’ai une crise d’urticaire immédiate, surtout quand on dit refuser la notion de doctrine ou de système… Il n’y a rien de plus doctrinaire que le dogme de la libération populaire, rien de plus totalitaire que la dictature du nombre.

              L’utopie de la démocratie (et la rhétorique qu’il existerait une liberté collective, qu’il existerait un construct appelé Peuple qui serait condamné à être oppressé par des maîtres s’il ne s’indignait pas, etc … ), avec la terreur millénariste de la religion (les croisades, l’inquisition, le voile, le communautarisme, l’identité etc… ) et le manichéisme matérialiste (l’argent sale, la valeur travail, la promesse de l’abondance gratuite, la réduction du monde à la dialectique, le yaka fokon …) sont les piliers fondamentaux du marxisme.

              Qu’importe le système politique, la seule chose qui compte est le résultat : les opportunités d’accomplissement qu’il induit, sa capacité à permettre à chacun de se réaliser.

              1. Danièle Cosson-Schéré

                Houlala, qu’est-ce qu’il aime faire du bruit avec la bouche le monsieur….

    2. Intégrisme libéral hep Stéphane Boulots, le libéralisme n’est pas une religion. Etre libéral c’est avant tout, et au-delà de but ou moyen, mettre la décision au niveau de l’individu et s’affranchir de l’interventionnisme étatique et cela ça ne peut pas se faire à moitié. Un peu de libéralisme échouera sûrement et enverrait à la cave les idées libérales pour quelques décennies. Ca serait quand même drôle, après un épisode de saupoudrage libéral, d’entendre les libéraux dire, comme les communistes d’aujourd’hui : « ça n’a pas marché car on n’a pas été assez loin », ce qui serait pourtant la vérité dans un tel cas. Certes il faut des étapes, on ne peut pas mettre 2 millions de fonctionnaires dehors du jour au lendemain, mais il faut que ces étapes soient au sein d’un programme clairement défini.
      Un seul exemple : la privatisation des assurances santés passe par un versement direct aux salariés de leur salaire superbrut, une flat tax et donc une baisse des dépenses publiques et donc une réduction de moitié du périmètre de l’état, une baisse des prélèvements de l’état sur les sociétés et concomitamment un arrêt des aides et subventions aux entreprises et….

      1. Stéphane Boulots

        Ce n’est pas une religion … Entièrement d’accord, alors pourquoi parler d’imposteurs ?

        1. Imposteur : 1. Celui qui trompe, qui abuse autrui par des mensonges, de fausses promesses, dans le but d’en tirer un profit matériel ou moral.
          2. Celui qui cherche à abuser autrui sur sa propre personne, en feignant les apparences de la vertu, de la sagesse, de l’intégrité, du savoir.
          (Trésor de la langue française)
          ça n’est pas limité aux religions

          1. Stéphane Boulots

            Allons, le qualificarif d’imposture sert clairement d’anathème.

  3. La doctrine libérale est incompatible avec l’état d’esprit jacobin qui anime les candidats aux primaires de droite.
    Pour les jacobins, l’ultra centralisme français – qui n’existe dans aucun autre pays d’Europe – nécessite un système étatique fort et omniprésent, intervenant dans tous les secteurs politiques et économiques de notre pays.

    1. Stéphane Boulots

      Ca c’est un vrai argument : oui jacobinisme et libéralisme ne font pas bon ménage.

      Par contre, la droite bonapartiste, jacobine n’est qu’une espèce d’excroissance, une transformation de la droite que celle ci traîne comme un boulet depuis deux siècles et qui lui fait perdre régulièrement le pouvoir : cela la condamne à avoir un chef charismatique suffisamment puissant pour ordonner la réalité de la droite : celle des barons locaux, de la subsidiarite revendiquée en permanence.

      La droite est jacobine, parce que l’organisation politique et l’inconscient des gens est jacobin. C’est la France qui est majoritairement jacobine.

    2. Danièle Cosson-Schéré

      On ne peut même pas parler de « doctrine » libérale dans la mesure où cette école de pensée (ou tradition philosophique) exclut tout esprit de système.
      Le contresens le plus fréquent l’oppose à l’utopie socialiste alors qu’elles ne s’inscrivent pas dans le même paradigme. Là aussi, c’est Revel qui a le mieux expliqué cette incompatibilité ontologique qui interdit tout effet de miroir. ( La Grande Parade) Et c’est pourquoi les tentatives de raccrocher le socialisme aux branches du libéralisme, pour permettre au premier d’évoluer en sauvant la face, sont de piteux échec. Le libéralisme fut social et moral avant que le socialisme n’en usurpe le monopole. Cette antériorité contredit la fable socialiste, et sa réécriture de l’Histoire, mais l’ignorance est la mère de l’imposture.

      1. Cet article est très bien et votre commentaire aussi.Le libéralisme est une notion de droit et non d’économie. Dans un pays où l’état capte 57% de PIB qualifier son économie de libérale est totalement inexact, voire stupide. Compte tenu de l’inculture française dans le domaine de l’économie soigneusement entretenue notamment par les média ceci n’est pas étonnant.

        1. Danièle Cosson-Schéré

          Pour Condorcet, « stupidité » était synonyme d’ignorance, quant à l’inculture économique des Français, Alain Laurent ( dans La Philosophie libérale) l’évoque en parlant de l’hémiplégie dont ils frappent le libéralisme quand ils opposent le « bon » libéralisme politico-juridique au « mauvais » qui en serait la version économique. Ce tropisme affligeant n’est pas près de disparaitre tant que l’enseignement restera dominé (et endoctriné) par la secte pédagauchiste.

  4. Feldman a raison. Trop de gens parlent du libéralisme sans avoir fait l’effort d’en comprendre les principes.

  5. Ont fait une cagnotte pour acheter une palette des oeuvres de Bastia, ont dépose la palette « Place de la République » en libre-service, et on attend !

    1. t’as envie de faire un revival 1933 toi ? 🙂

  6. Après tant d’années de bain étatiste, c’est en effet difficile de trouver une vision libérale dans la classe politique. En gros, la société procède-t-elle de l’Etat ou bien d’individus libres et responsables, l’Etat fixant et défendant au besoin le cadre pour que cette liberté puisse s’exercer? On peut donner d’autres rôles à l’Etat, mais pas au point de perdre de vue cet essentiel.
    Les timides essais à droite sont tout de même à regarder positivement, à condition que ce ne soient pas que des artifices pour se faire élire.
    Juppé est d’abord le candidat de l’oligarchie. Ses propositions évoluent au gré des courants porteurs. (De mon point de vue, il n’y a qu’à regarder comment les médias l’ont sorti de nulle part…)

  7. François Fillon a un programme assez libéral. Il serait faux de le nier.

    1. Fillon, le mec qui avait annoncé diriger un Etat en faillite et qui a fait exploser, les impôts, les déficits et la dette et fait zéro réforme pour réduire le périmètre de l’Etat.

  8. Contrairement à Stéphane Boulots, je trouve que cet article est intéressant. Faire passer pour du libéralisme ce qui n’en est pas est l’une des innombrables méthodes employées par les ennemis de la liberté pour le décrédibiliser. Il est donc important de rétablir le sens des mots. Par contre, comme Stéphane Boulots, je trouve que dénigrer les hommes politiques de droite à l’aulne d’un idéal libéral absolu, peut-être inaccessible, est stérile et contre productif. Le respect des droits de propriétés, l’attachement à des valeurs telles que le travail, l’épargne, la famille, l’affichage d’objectifs tels que la réduction des dépenses publiques, le rétablissement d’une justice défendant les victimes et non les agresseurs, la réduction des contraintes administratives … feront toujours que la droite conservatrice sera plus proche du libéralisme que la gauche socialiste, qui lui est, par nature, radicalement opposée. A ma connaissance, hormis le calamiteux principe de précaution et le stupide et dispendieux « Grenelle de l’environnement », toutes les grandes « avancées » vers le socialisme que nous avons subies au cours des 70 dernières années ont été votées par des majorités de gauche (Sécurité Sociale, privilèges syndicaux, nationalisations, régionalisation, extensions tentaculaires du secteur dit public, RMI, RSA, CMU, lois SRU et ALLUR …). Les hommes politiques de droite manquent certainement des connaissances, de la réflexion en profondeur et du courage nécessaires à une défense efficace de leurs idées. C’est le rôle des intellectuels libéraux de les leur apporter (car le manque de courage vient en partie du manque d’assurance, qui vient lui-même du manque de connaissances). C’est le rôle des libéraux de les aider à s’extraire du carcan de la pensée marxiste. C’est le rôle des libéraux de les critiquer lorsqu’ils ne respectent pas leurs engagements, de montrer alors que les politiques suivies ne sont pas libérales mais interventionnistes.

  9. Lorsqu’un étatiste pur jus se déclare libéral il y a bien imposture ou alors en mettant une peau de mouton sur un loup on le transforme en herbivore? le propos ici n’est pas de savoir de quelle sensibilité libérale sont nos politicards mais bien de dénoncer leur démagogie, leurs mensonges et leur impostures qui sont si nombreuses et si récurrentes qu’il devient fatiguant de simplement les observer.
    Ah et au fait la liberté ne peut être qu’un but ;p

    1. Effectivement, la mouvance libérale n’étant pas compatible avec le jacobinisme, il semble évident qu’il serait nécessaire d’évoluer vers une démocratie directe, d’inspiration girondine.
      Alors se pose le problème de la compatibilité du sens des mots avec une réalité sociologique de terrain dans une France devenant multiraciale et multiculturelle.
      Au fait, la liberté que vous évoquez est elle compatible avec des postures de porteuses de voiles telles qu’elles ont été initiées et, telles qu’elles seront tentées dans un avenir proche?

      1. La liberté c’est de ne pas être forcé à faire quoi que ce soit et si il y a une seule tâche que puisse éventuellement déléguer à un état c’est celle la.

        1. Le libéralisme est a-politique ou anti-politique son plus gros point faible c’est qu’il n’intègre pas le pouvoir dans sa réflexion .Au vu des nombreux commentaires certains fantasment une vision de la politique ou « le pouvoir » en serait déconnecté. Bref un aveuglement complet de la réalité depuis Thucydide, Machiavel, Hobbes, Aron la politique et le pouvoir sont indissociablement liées. On retrouve le même travers des personnes qui attendent du politique qu’il ait un comportement de bonne soeur bah justement si une personne décide de vivre en communauté et retirer du monde c’est justement pour se consacrer à DIeu et non au affaires courantes.
          On peut changer le monde sans faire de la politique: humanitaire, associatif, bénévolat etc etc…

  10. La français sont tellement ignare en économie que je suis obligé d’expliquer le concept même de l’argent à mes connaissances quand on en discute. Pour eux la richesse c’est accumuler des lingots d’or dans un coffre.
    Quand on vous a expliqué toute votre vie que l’Afrique était « riche » mais exploité par des vilains blancs, ça aide pas à comprendre ce qu’est la richesse…

  11. Pour encore plusieurs années, il est inimaginable qu’un gouvernement libéral prenne le pouvoir ici, mais au moins peut-on espérer que ces idées s’infiltrent dans la culture politique, portées par des intellectuels ouverts et pragmatiques et par les think tanks que l’on connaît tous.

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