Présidentielles : Hollande vide les caisses pour rester dans la course

Publié Par Serge Federbusch, le dans Politique

Par Serge Federbusch.

C’est dans d’épaisses volutes que notre chef charismatique a lancé la campagne destinée à aveugler l’opinion et le remettre dans la course pour 2017.

La baisse conjuguée des taux d’intérêt, de l’euro et du prix des matières premières a des effets moindres en France que partout ailleurs en Europe en raison notamment du fardeau de notre bureaucratie. Néanmoins, couplée à d’actives radiations de chômeurs et des créations d’emplois subventionnés, elle a enfin fait refluer le nombre d’inscrits à Pôle emploi. Suffisamment en tout cas pour que la presse socialisante et subventionnée puisse la prendre au sérieux et négliger ses origines fragiles et douteuses.

Le même phénomène s’observe pour la croissance, de manière atténuée car il s’agit en partie d’un simple effet de rattrapage après une fin d’année 2015 marquée par le choc produit par les crimes islamistes à Paris.

La grande distribution des ressources

Peu importe, le gouvernement en a profité pour commencer la grande distribution des maigres ressources que la politique de création monétaire de Draghi et la timide embellie conjoncturelle ont créées. Le CICE avait déjà, dans l’urgence, permis de voler au secours d’entreprises exsangues à raison de 25 milliards d’euros. François Hollande ne porte pas les patrons dans son cœur, mais il ne pouvait faire autrement, leurs marges financières étant d’une faiblesse critique.

Désormais, notre chef peut retrouver des démons qu’il apprécie davantage. C’est la fête à Mou-Mou : fonctionnaires, étudiants sans qualification, policiers, professeurs des collèges, éleveurs de porc, titulaires d’assurance-vie, intermittents du spectacle, etc ; un véritable inventaire à la Prévert dont le seul dénominateur commun est la capacité à crier dans les rues ou voter dans les urnes.

Une des embrouilles les moins commentées mais les plus lourdes de conséquences financières réside dans la loi Macron. Quand l’opinion est invitée à s’extasier devant des mesures de faible portée, essentiellement l’ouverture de lignes de bus dont aucune n’est encore rentable, le véritable enjeu est passé sous silence. La loi Macron a en réalité surtout consisté à autoriser la reprise d’un lourd programme de privatisations afin de limiter avant les élections la dérive de la dette publique et de justifier ainsi la générosité nouvelle pour les demandes des corporations.

Baisse des impôts pour les copains

Dernière facétie en date : une baisse des impôts promise à ceux qui en paient déjà peu et qui forment le gros des dernières troupes électorales socialistes avec la fonction publique territoriale. Ces traites de singe ne seront honorées qu’après 2017. Quand on est à gauche, il faut avoir la foi.

Cependant, le cynisme du « pouvoir » est tellement évident que son efficacité est douteuse. Comme l’arroseur arrosé, François Hollande est dupé par sa propre démagogie. Il a du mal à concevoir que ses mensonges désormais tournent à vide.

Rappelons une évidence : en 2002 Jospin a été éjecté de la présidentielle alors pourtant que, grâce à un euro faible et de très importantes recettes de privatisation, l’activité économique était bien meilleure et l’état du budget moins catastrophique qu’aujourd’hui. Jospin lui aussi distribuait l’argent de la « cagnotte » de l’État à tout-va. Hollande reprend la même méthode dans un contexte moins favorable alors que cette façon de procéder n’avait pas suffi à faire élire le « grand frisé » de Matignon.

Pourquoi ? Il y a à cela une raison de fond. Les appétits des bénéficiaires du clientélisme socialiste sont insatiables. C’est en permanence la compétition entre les tendeurs de sébile qui regardent toujours dans l’écuelle des autres pour se plaindre que la leur est moins garnie. La dépendance face aux largesses de l’État patron, au sens mafieux du terme, est génératrice de frustration permanente.

François Hollande n’a désormais plus assez de temps, d’argent ou de crédibilité pour s’en sortir. Il reviendra donc aux subterfuges qui, seuls, peuvent lui permettre in extremis de redresser son image : jouer au père de la nation après des attentats ou au sauveur face au Front national. Dès qu’il aura dévoré les maigres ressources que lui apporte sa démagogie, il devra à nouveau, comme toutes les maladies, se nourrir de la faiblesse de l’organisme qu’il parasite.

Sur le web

  1. Hollande, comme tous les politiciens depuis 1945, fait de la politique de parisien de la Rome antique.
    À deux différences près: les sénateurs achetaient les voix avec leurs fonds propres, conquis dans les campagnes militaires au prix de leur sang. Ils avaient aussi un sens quasi-religieux de la grandeur de Rome et très peur de la plèbe.
    Ce qui n’est pas le cas des larves qui nous prétendent gouverner.

  2. Hollande…il s’en sortira parce qu’il n’est jamais entré en politique , il ne fait pas de politique , aucun état d’âme, il intrigue en coulisse depuis toujours , ça l’amuse , il a eu enfin le pouvoir , il le gardera même si il doit tuer le socialisme ou détruire la France ou l’Europe ou le monde !

  3. je ne sais pas qui va être président en 2017 , mais je lui souhaite bien du courage pour redrésser les comptes du pays ; car ce président là va hériter d’un pays en faillite et de caisses vides ; et que croyez vous qu’il fera pour remonter la pente….? il sera bien obligé de ponctionner à tout va les français , comme d’hab;

    1. mais je lui souhaite bien du courage pour redrésser les comptes du pays

      Il ne les redressera jamais. Trop d’efforts qui le rendrait impopulaire.

    2. « redrésser les comptes du pays », c’est un objectif de comptable, pas de politicien. Il n’y a qu’une poignée d’électeurs qui pensent que c’est important, pas assez pour décider du résultat.

  4. Ce que tout ça révèle de la Ve république n’est pas réjouissant: au lieu d’une démocratie au pouvoir maîtrisé par les citoyens c’est une monarchie ou le roi désigné par l’oligarchie bureaucratique (avec un ersatz de vote populaire) peut vider les caisses pour son bon plaisir et celui de ces amis.

  5. Il ne peut même pas les vider, elles sont déjà vides depuis longtemps. Ce qu’il fait c’est endetter la France et il laisse à son successeur une situation catastrophique.

  6. à part vider le produit de ses fouilles dans les caisses…

    1. Je sens une fine astuce que ne denierait pas la comtesse.
      Soyons un peu léger dans ce monde de brutes.

  7. Le poisson pourri par la tête, proverbe chinois applicable à la France. Ceux qui nous gouvernent sont des cyniques pour qui le népotisme est la marque de fabrique. Napoléon avait mis ses frères et ses sœurs sur les trônes des pays conquis, Hollande et sa clique font la même chose, ils mettent, placent, casent, recasent les amis, les copains, les proches à des postes bidons mais très bien rémunérés. Comment exiger que les citoyens soient vertueux, payent leurs impôts, respectent les règles tandis qu’au sommet de l’État ceux qui sont censés montrer l’exemple font ont tout le contraire. Dernier exemple Jean Paul Huchon qui à 70 ans se voit offrir un enième poste dans la fonction publique http://www.lepoint.fr/politique/jean-paul-huchon-matignon-lui-a-trouve-une-retraite-doree-06-05-2016-2037517_20.php

    1. 150000 euros par an tout de même !
      Pour faire quoi ? Pas grand chose. De plus après un bilan tres mitigé à la région Idf, il vaut mieux qu’il ne fasse pas grand chose.
      Ce copinage est honteux, insupportable, écoeurant.

  8. Merci à l’auteur pour cette analyse conjoncturelle de la politique présidentielle.
    François HOLLANDE est avant tout un politicien habile qui s’est parfaitement adapté à son statut de monarque élu par les français.
    Il sait grès bien que le verdict des urnes intervient seulement tous les 5 ans et qu’il est nécessaire de faire rêver une catégorie de français en vue d’être bien placé pour emporter une élection à un deuxième tour avec un large consensus.
    Toute la finesse du jeux politique consiste à la fois à arroser les rentiers étatiques et à faire comprendre que les rentes en question risquent d’être revues à la baisse en cas d’échec électoral de sa part.
    Les rentiers, majoritaires en nombre de ce pays, sont généralement des gens prudents très attachés à leurs prébendes même s’ils ont quelque fois des mouvements d’humeur.

    1. En œuvrant pour sa réélection, le président est une personne poursuivant des fins d’intérêt privé. Ces cadeaux publics constituent des libéralités où l’intérêt général est absent. Il serait intéressant de saisir le conseil constitutionnel à ce sujet.

  9. il ne manque plus qu’un beau mariage subventionné par l’état avec photos dans Paris match

  10. Hollande agit sur le même principe que ces cuistres répugnants qui lâchent Médor dans les ascenseur qu’ils vont quitter, jouissant par avance du déplaisir qu’ils vont occasionner à ceux qui vont monter après….. Ce personnage est en dessous de tout, le seul problème ce sont les Français pas même à gauche qui iront voter pour lui s’il est au second tour face à Marine le Pen, incapable de se détacher d’une propagande anti FN qui est de l’ordre de l’incantation et du procès d’intention alors que ce que nous aurons vécu avec Hollande est bien plus grave….

  11. Ce personnage est certes cynique, voire dangereux pour l’avenir d’une Nation déjà affaiblie.
    Après MOI président, les mouches ?
    Ce qui me trouble par dessus tout :
    1) l’imbécilité con-génitale de couches de population portant aux nues (et au pouvoir) tant de crétins manipulateurs, depuis des décennies !
    Paraphrasons J.Julliard et son ouvrage des ’90s (« Que sont les grands hommes devenus ? ») : Où sont donc passées les « élites » de cette Nation ?
    2) attitudes protocolaires l’exigeant, que pensent réellement de cette pauvre FRANCE tout les gouvernants étrangers ? A moins que tant d’autres eux se ressemblent ???

  12. ProduireEduquerRedistribuer

    Serge Federbusch est-il vraiment un libéral ? On attend des analyses qui nivellent par le haut fondées sur les valeurs libérales dans Contrepoints et non des slogans électoraux assénés au kilomètre qui nivellent par le bas ?

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