À quand un transhumanisme… politique ?

Publié Par Jacques Legrand, le dans Philosophie

Par Jacques Legrand.

Future next exit By: Daniel VoyagerCC BY 2.0

 

Pour « soigner » l’agitation qui se déploie aujourd’hui  dans le corps social, pouvons-nous imaginer un transhumanisme qui ferait apparaître un citoyen augmenté© ?

Comme pour le corps humain, l’ensemble institutionnel pourra, devra, faire l’objet de modifications destinées à améliorer son fonctionnement pour avancer vers une démocratie réelle que notre pays n’a jamais connu.

Le traitement devrait concerner à la fois la philosophie de la vie politique, les institutions et le profil des personnes appelées à les animer.

Changer de philosophie veut dire sortir de l’étau idéologique : la France est le pays européen qui s’est le plus imprégné des idéologies collectivistes (Jean-Paul Sartre : « celui qui n’est pas communiste est un chien ! ») et n’en est toujours pas débarrassé, à écouter les syndicalistes cégétistes et trotskistes toujours en  « lutte de classe contre les patrons ».

Si l’on prend en compte la croyance dans les vertus du dirigisme, toujours active à droite comme à gauche, qui nous a pourtant menés où nous sommes, on est fondé à dénoncer le déficit de réalisme qui marque la gouvernance de ce pays.

Dans la vie politique, pour faire respecter les valeurs auxquelles on croit, on doit prendre le monde comme il est pour débattre et négocier avec ses autres acteurs. Mais la révolution numérique, la mondialisation impactent peu à peu la totalité du corps social. Or l’élite au pouvoir depuis des décennies, installée  dans une « démocratie ultra-représentative » comme l’appelait le doyen Vedel, continue de maintenir la société civile à l’écart, ne laisse comme seul droit réel aux citoyens que de voter tous les 5 ou 6 ans, sans disposer des moyens d’intervenir au cours des législatures. La solution se trouvera nécessairement dans une nouvelle répartition des pouvoirs, avec l’introduction dans la Constitution de droits expressément accordés aux citoyens pour intervenir

  • sur des projets aux retombées incertaines, et éviter ainsi par exemple le pénible imbroglio de l’aéroport Notre Dame des Landes…
  • sur des lois votées dont on a découvert les effets pervers
  • à l’encontre d’élus défaillants ayant fait le contraire du programme sur lequel ils se sont faits élire, tel Gray Davis, le gouverneur de Californie.

Tout aussi réclamée par les citoyens est l’opportunité qui leur serait donnée d’émettre des initiatives aux différents niveaux mais avec des modalités qui permettent réellement de lancer un referendum, au contraire de la loi française de 2008.

Ces formes de démocratie semi-directe existent en tout ou en partie dans différents pays européens (Suisse, Allemagne, Italie) ou 18 États américains où se manifeste une vie politique plus profondément réformiste et en même temps plus apaisée.

Alors, dans une approche transhumaniste dressons une première liste d’organes où intervenir :

  • La présidence de la république dans sa version actuelle, « qui dénature tout le processus politique français », comme l’a démontré Ghislaine Ottenheimer dans son ouvrage Le poison présidentiel, à l’instar d’autres analystes français et étrangers.
  • Le statut des élus qui les protège abusivement et exclut de fait les candidats issus du secteur privé
  • La gestion de la loi : avec l’initiative excessive de l’exécutif, un format inadapté (une loi Duflot de plus de 200 pages et 150 articles !), l’attente des décrets d’application qui ne viennent jamais dans près d’un quart des cas, un empilement de lois sur le même sujet…
  • L’étau bureaucratique : une floraison paralysante de normes et réglementations ; en fait celles-ci procèdent de 2 défauts des politiciens professionnels, l’absence d’anticipation et le principe de précaution, pour prévenir les effets du premier sur les « responsables défaillants »

Quelles personnalités pour appliquer ces traitements ?

Les Français le disent dans différentes enquêtes d’opinion, en particulier dans le sondage Louis Harris du 11.04.16 :

« Les enquêtes d’opinion qui se suivent et se ressemblent : toutes mettent en avant la défiance du peuple à l’égard de ses élites politiques.

La dernière en date, réalisée par Harris Interactive à la demande du mouvement « Nous citoyens » et dévoilée en exclusivité par 20 Minutes, ne dit pas autre chose : près de neuf Français sur dix estiment qu’un renouvellement du personnel politique est nécessaire au niveau des institutions européennes (87 %), du parlement (89 %) et de l’exécutif (90 %).

Les Français interrogés sont 80 % à vouloir être représentés par des personnes n’ayant jamais été membres de partis politiques et 79 % par des candidats n’ayant jamais exercé de mandats électifs.

Mais surtout, le renouvellement de la vie politique doit avant tout passer, d’après neuf Français sur dix, par l’intégration de plus de personnes ayant travaillé en entreprise, rapporte le sondage. Le fait que des ministres et des parlementaires puissent créer de nouvelles règles pour les salariés ou les PME sans qu’ils ne soient jamais passés par le privé fait tiquer nombre de concitoyens ».

Convaincre des personnalités ayant à la fois fait preuve du sens des réalités et de capacité d’anticipation et bien entendu animés par l’envie de servir le pays. Pour cela, le préalable est d’admettre qu’à l’instar de la vie professionnelle où de plus en plus les personnes seront tour à tour salariées, en profession libérale, animatrices d’une association, etc., les fonctions politiques peuvent s’ouvrir à des non-professionnels pour le temps où ils sont décidés à servir leur région ou  leur pays ; la diminution du carriérisme est une des conditions pour que des initiatives, des idées nouvelles surgissent et que des réformes « difficiles » puissent enfin être menées.

Profil politique désiré : à situation nouvelle, une solution… décalée ?

Si l’on veut privilégier les valeurs Réalisme et Anticipation, je sais d’expérience qu’on les retrouvera chez des responsables passés avec succès par l’entreprise et qui s’adonnent à des jeux de l’esprit réclamant réflexion, prise de risque calculée et surtout sens de l’anticipation. Pour remplacer les politiciens professionnels nous pouvons donc penser à un responsable passé par l’entreprise et pratiquant, ou ayant pratiqué récemment, à bon niveau l’une des disciplines suivantes : les échecs, (ne faites pas de mauvais esprit, svp !), le bridge, le jeu de go.

Nous voici avec un nouveau critère pour les cabinets de recrutement… ou pour les mouvements citoyens en quête d’animateurs performants.

  1. on pourrait , par exemple , mettre un agriculteur , un vrai de vrai , pour remplacer un ministre de l’agriculture qui n’a jamais travaillé dans ce millieux…..

    1. @Marie: Quel « milieu » ? Celui de l’Offre ? Mais pourquoi pas celui de la Demande ? L’Environnement ou la Logistique ? Pourquoi pas la Santé ou même l’Indépendance de notre approvisionnement ? Naturellement (aurait dit Chirac), il ne faut oublier ni le Crédit Agricole, ni l’Industrie alimentaire et encore moins notre Industrie agricole…

      PS: Beulin, président de la FNSEA ? Mais il est déjà responsable (président, pas membre) de tout un tas de trucs.
      PS2: Un céréalier ? Non. Mais on n’a jamais eu d’Horticulteur. Ce serait bien un horticulteur, après tout la Hollande s’en sort pas mal avec ses tulipes…

  2. Françoise Le Borne

    Et celui qui croit cela gagne un direct pour l’ochlocratie !

    Beaucoup d’incompétents valent-ils mieux que peu de compétents? Avec l’égalitarisme ambiant, chacun se croit plus malin que le Premier Ministre … 🙂

  3. J’ai beau relire, je vois pas le moindre rapport entre cet article et le transhumanisme… L’auteur a collé se mot gratuitement parce que c’est à la mode, sans même prendre 30 secondes pour en lire la définition sur Wikipédia ? C’est la seule explication que je vois.

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